LES GRANDES JOIES DU QUOTIDIEN...

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Les mots jalonnent mon existence depuis un paquet de décennies déjà. Ceux des autres comme les miens... Ma devise est fort simple, vivons heureux en attendant la mort. Et peu m'importe les ratures  [+]

C'est d'un geste lent, sans conviction que je ressors une énième fois la valise de son dressing. Ne supportant pas de la voir à terre, sans défense, presque à la merci d'autrui, je décide alors de lui donner un nouvel éclat. Je la brosse dans le sens du poil, l'incline légèrement pour mieux la saisir. Puis je la couche sur le dos, au-dessus de ma couette. Je lui frotte ensuite les quatre roues qui ne cessent de jouer en faisant des moulinets absurdes. Comme si c'était l'heure de s'amuser, moi qui prépare mon départ pour la capitale. Je décide néanmoins de ne pas céder à l'agacement devant telle provocation puérile. Pas question non plus de tergiverser car le temps presse. Je leur secoue les puces. Et repose délicatement celle qui voudrait déjà se faire la malle. Avant de la soulever une dernière fois pour la replacer dans son espace. Quand soudain, alors que je suis épuisé par cette bataille inégale face à quatre roues qui veulent me rendre chèvre, volettent quelques billets de cinquante euros au-dessus de ma tête. Comme s'il en pleuvait! J'écarquille les mirettes pour être certain de ne pas rêver. Hé non, ceci n'est pas le fruit de mon imagination d'ordinaire torride. Il pleut bien des billets sur ma crinière pliant sous le poids des euros.
Abasourdi mais heureux comme Crésus, je lâche la valise pour saisir le magot lorsque celle-ci me tombe dessus à roues raccourcies, m'éborgnant presque.
Nous nous retrouvons par terre dans le noir de concert. J'allume enfin, groggy. Et rassemble dans un dernier effort les pièces du Monopoly guère affable...
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