Les gladiateurs

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Certaines personnes ont besoin de la littérature, pour d'autres, c'est la littérature qui a besoin d'eux. Disons que je suis un mélange assez intéressant des deux, voulez-vous  [+]

Image de Automne 2013
Levant son épée, étincelante de bronze, il l'abat sur moi. J'esquive, comme à mon habitude. La foule de l'arène est en délire. Mais je ne peux pas leur en vouloir (ou plutôt, ne devrais pas). Deux frères qui se battent à mort, après tout, quoi de plus drôle ? Quel gâchis. En plus, on est adolescents. J'ai 16 ans. Mon frère aussi. Enfin, on peut pas dire qu'il soit mon frère. C'est mon frère adoptif. Il attaque de nouveau. Je pare. Il faut que je me concentre. Ma vue est déjà embuée par le sang. Il m'a eu. Il a ouvert mon arcade sourcilière. Peut-être qu’après tout, je ne suis pas aussi doué pour le combat que je pense que je le suis. Maître m'a toujours dit que j'étais beaucoup trop arrogant mais que j'en avais le droit car j'étais doué et que je ne me vantais jamais lorsque je savais que je ne pouvais pas le faire. Et si je ne le pouvais pas, hein ? La rage m'envahit à l'idée que mon Maître, mon mentor ait pu faire une erreur. Ma rage devient ma force et je frappe l'épée de mon frère de toutes mes forces, elle vole au loin. La foule se tait, soudainement. Ma rage s'évapore. Mais, non c'est impossible. Mentor ne se tromperait jamais. Même s'il prétendait que même lui pouvait se tromper. Je sais que je suis doué pour le combat. Je peux me battre. Ce n'est pas le problème. Le problème c'est que je n'ai pas envie de me battre. Je ne veux pas me battre. Pas contre mon frère. Je suis plus fort que lui. Je le sais. Il s'agenouille et me demander de l'achever. Autour de nous, même les autres combattants, censés se battre, nous encerclent. La foule est silencieuse. L'épée gît à quelques mètres de là. Mon frère prie. Mais pas pour sa vie. Il veut la mort. Je suppose que le déshonneur est trop grand. Que si je ne le tue pas, il sera la risée de tout le peuple. De tout notre peuple. Je lève les yeux. Mon père et mon oncle sont là-haut. Le regard de mon père est grave mais rien n'indique si je dois tuer ou sauver. Mon oncle est à côté de lui, le regard encore plus grave. Et soudain, devant les yeux ébahis de son peuple, mon père, le roi, tend la main. Une larme roule sur sa joue. Puis, il ouvre sa main et tend le pousse vers le bas. Je regarde mon frère, dans les yeux, il est aussi étonné que moi. Solennellement, le reste des spectateurs tendent leurs mains à leur tour, comme si, malgré tout, ça leur coûtait. Je regarde l'épée, puis mon frère et, malgré une certaine hésitation, je la lui plante dans le cœur.

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Moeun Touch · il y a
Qu'est ce qui est le plus important? Les traditions paraît il.
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Olivier Gabriel · il y a
il y a quelque chose de fort ici, de réussi, indéniablement.

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