Le violon rose

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De douces notes brisaient le silence de l'opéra. Les yeux fermés, elle se dandinait légèrement au rythme de sa baguette qui glissait lentement sur les cordes de son instrument. Le son qu'elle produisait, lui permettait de s'évader le temps d'un concert. Elle les connaissait par cœur, c'est pourquoi elle ne regardait même plus le positionnement de ses doigts sur le manche du violon. Le rythme devint plus effréné, comme le balancement de son corps, qu'elle avait subtilement caché sous un costume noir d'homme. Chose qui ne lui ressemblait pas. Elle avait toujours été d'un naturel joyeux, habillée de couleurs. Mais ses derniers mois, avait été très sombre pour elle, toute joie l'avait quittée. La musique ralenti, jusqu'à s'éteindre complètement. Le concert était terminé. Elle salua son publique, qui applaudissait sa représentation. Le rideau tomba à ses pieds, elle se dirigea comme à son habitude vers sa loge. Un mélange délicat de menthe, de lavande et de vanille, lui parvint de la pièce. Elle savait qu'il était là, elle reconnaissait se parfum d'homme, que le pianiste portait en permanence. 

—  Salut ma belle !

Lui lança l'homme aux cheveux long, plaqué en arrière. Elle ne lui prêta aucune attention. D'ailleurs, elle faisait tout pour fuir le genre masculin, depuis le jour, où pour elle, elle avait perdu toute sa féminité. Les médecins, lui avaient promis que cette difformité n'était que provisoire et qu'il fallait qu'elle pense a sa santé avant tout. Elle referma un peu plus sa veste de costume sur elle, afin de cacher son sein manquant. L'homme revint à la charge. 

— J'aimerais qu'on fasse un duo la prochaine fois. Lui dit-il avec un énorme sourire. 
— J'y réfléchirai Max. 

Sa décision avait déjà été prise avant même qu'il ne pose la question. Elle était catégorique là-dessus, tant que ce crabus, comme les autres cancéreux l'ont nommé, était en elle, il était hors de question qu'elle s'attache de nouveau à quelqu'un. Quand elle l'avait annoncé à son fiancé, il eut vite fait de déguerpir sans un mot. Elle rangea son instrument dans son étui. Il n'avait rien de particulier, elle l'eut achetée quelques année auparavant, en remplacement de son premier violon qui commençait à être usé et à sonner faux. 

— Marcy, tu m'évite ?

Sa voix, fit l'effet d'une douche froide, pour la jeune femme. Il était évident qu'elle l'évitait, mais elle ne voulait pas le froisser, elle voulait juste éviter d'être blessée à nouveau. 

— Non, c'est juste que... je sors d'une rupture difficile. Prit-elle pour excuse. 
— Je peux te le faire oublié, tu sais. 

Il lui adressa un clin d’œil amusé. Marcy se braqua et lui tourna le dos, elle n'était plus d'humeur à lui adresser la parole. Pour qui se prenait-il ? Elle se dirigea rapidement vers la sortie, ses affaires sous les bras. Depuis qu'elle avait commencée son traitement, elle était souvent sujette à de nombreuse saute d'humeur. Elle allait certainement, passer la soirée à pleurer. Une main se posa sur la porte, émettant un léger claquement. Elle le sentait, il était dans son dos, tout de même assez loin pour lui laissez un échappatoire. 

—  Ça suffit Marcy ! Dis-moi ce qu'il t'arrive ! C'est vrai il t'a plaqué et alors ?! La vie continue ! Ce mec était un gros naze de toute façon. Mais ce n'est pas une raison pour mettre ta joie, ta bonne humeur et tes vêtements aux placards, pour t'habiller comme un homme ! C'est pas toi ça !

Ses mots étaient dur et résonnant de vérité. Elle avait l'impression qu'une bombe eut éclatée en elle. Les larmes lui montèrent, la carapace qu'elle avait fait en sorte de se construire, était en train de se détruire peu à peu. Elle essuya rapidement, les quelques larmes qui avaient réussis à franchir le seuil de ses paupières. Elle serra ses poings si fort, que ses ongles s'imprimèrent dans la chair de ses mains. Max, posa ses mains sur ses épaules afin de la retourner vers elle et essuya à son tour les gouttes qui perlaient ses joues. 

— Parle-moi s'il te plaît, Marcy ! 

Sa voix était plus tendre que précédemment, comme si il eut peur de la casser. Elle le repoussa, et alla s'asseoir sur le canapé, qui était présent dans la pièce, le regard vide. Elle se résolu à tout lui avouer, peut-être ainsi il lui ficherait la paix. Elle était fatigué à présent, et voulait plus que tout rentrer chez elle et il ne l'a laisserait pas tranquille tant qu'elle ne lui dirait rien. Il vint s'asseoir face à elle, restant silencieux, pour ne pas la brusquer d'avantage. Elle prit une longue inspiration sans le regarder, comme pour se donner du courage. 

— Je suis malade... (Il resta silencieux, l'encourageant du regard à continuer.) J'ai un cancer du sein... Et quand il l'a sut, il est parti.

La voix de Marcy se brisa sous le coup de l'émotion. Max se leva sans prévenir et la regarda droit dans les yeux, déterminé.

— Il t'a quitté, au moment où tu avais le plus besoin de lui ? Grogna-t-il. 

La violence de ses paroles, la prit au dépourvu. Il n'avait pas prit ses jambes à son cou, comme elle se l'était imaginée. Au contraire, il était resté là, indigné, car son ex-fiancé l'avait quitter dans la pire des situation. Après un moment de réflexion, il se mit au niveau de Marcy et lui fit une promesse. 

—  Je t'aiderai moi ! Je te demande juste de me faire confiance, enfin autant que tu le peux. 

Il lui adressa un sourire radieux, qui masqua à peine l'idée qu'il eut en tête. Il se permit de lui caresser la joue, mais elle tressaillit de peur à se contact, elle recula vivement. Il eut un bref sourire triste et quitta la pièce. 

Un mois passa, sans qu'elle n'eut de nouvelle du pianiste. Son téléphone sonna, alors qu'elle tentait de dissimuler sous un foulard, son crâne mit à nu par les lourds traitement qu'elle subissait. 


« Tu es spécialement invitée à ma représentation, ce samedi, tenue de soirée exigée. 
ps : Ta robe rouge sera parfaite.
Max»


L'adresse avait était envoyée en pièce jointe. Après un coup d’œil, elle s'était aperçu, qu'elle menée directement à l'hôpital où elle suivait ses soins. Une fois la surprise passée, elle se demanda bien, pourquoi elle devait le rejoindre, à pareil endroit pour une représentation. Vint le samedi en question, après une lutte acharnée contre elle-même, elle se résolu à porter la robe rouge, qu'elle aimait tant auparavant. Elle réajusta sa perruque, qu'elle mettait avant chaque concert, pour retrouver le peu de féminité qu'il lui resta et prit la route de l'hôpital, dans lequel l'attendait Max. Plus elle s'approcha du lieu de rendez-vous, plus l'anxiété lui noua l'estomac. À peine eut t-elle posée le pied dans le hall de l'établissement, qu'elle fût accueillit par Max et quelques patients qu'elle avait croisée précédemment. Il lui tendit un violon rose avec un large sourire.

—  Surprise ! Lui dit-il tout souriant.

Et ce fut la première représentation, d'une longue série pour la mobilisation contre le cancer du sein.
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Chantal Sourire · il y a
Quelques fautes d'inattention certainement, un texte superbe d'émotion, j'aime !
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Destiny E. Russell · il y a
Merci :) et désolé pour les fautes ^^'
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Nadine Pann Botorel · il y a
Très belle histoire pleine de sensibilité.
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Destiny E. Russell · il y a
Merci :)
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Gégépoum Kiki · il y a
vraiment superbe et émouvant bravo
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Destiny E. Russell · il y a
Merci :)
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Catherine Guerry · il y a
touchée aussi par le crabus, j'aurais aimé écrire un si beau texte. magnifique. merci
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Destiny E. Russell · il y a
Tu peux toujours écrire :) même si le concours et fermé à présent. Des fois ça libère pas mal d'écrire :) et qui sait ton texte serait peut-être meilleure que le mien :)
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Nelly-kali Grignet · il y a
Un texte magnifique et émouvant ....Bonne chance et bravo Cindy
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Destiny E. Russell · il y a
Merci :)
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Madeleine Colibri · il y a
Le crabus.... il s'est pointé chez moi en 2007 en guise de "cadeau" pour ...Noël! Texte magnifique, tellement réel pour beaucoup, mais aussi empreint d'espoir! Une très belle plume, félicitations et... bonne chance, je croise les doigts ;-)
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Destiny E. Russell · il y a
Merci Madeleine et courage tiens bon ! :)
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Elodie Durieux Dhez · il y a
Il est super ce texte
Bravo Cindy 😉

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Destiny E. Russell · il y a
Merci :)
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Yvelyne Sergent-François · il y a
on 2009 le crabus ces invité chez moi , mes grace a ma fille , qui ma aider je les battu , a deux on la mis KO, merci ma dydy
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Sabrina Ouznani · il y a
Crabus, excellent ! Bonne chance à vous, très beau texte.
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Destiny E. Russell · il y a
Merci beaucoup :)