Le train pour St Petersbourg

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Il est bientôt 23h45 à la gare Moscovite de Leningradsky vokzal quand j'arrive en courant et en nage sur le quai numéro 3.
La fameuse « flèche Rouge » est déjà à quai et attend ses derniers passagers pour prendre la direction de St Petersbourg qu'elle retrouvera 7h plus tard.
Je monte à bord et me dirige vers ma cabine numérotée B164 qui me servira de refuge inattendu le temps d'une nuit.

En effet, j'ai un RDV important demain matin près de l'Ermitage et je n'ai pas pu attraper le dernier avion pour la Venise du Nord.

La cabine est luxueuse, des dorures, du velours vert et bordeaux, des rideaux en flanelle, chandeliers pour l'éclairage.
- « Un avant goût de l'ermitage » me dis-je.

4 couchettes au total, deux de chaque coté, des matelas de bonne facture, des draps propres sentant la lavande.
Je m'installe sur celle en bas à gauche, premier arrivé premier servi.

23H54, je suis toujours seul dans la cabine, dans 1 minute le train va quitter la gare et ne s’arrêtera que demain matin en gare de Moskovsky vokzal.

Je m'installe près de la fenêtre d’où j'observe, bien au chaud, le spectacle des retardataires rejoignant au pas de charge le tant convoité dernier train pour St Petersbourg.

Au milieu du tumulte ambiant, mon attention fut attirée par une jeune femme brune portant un duffle-coat rouge traînant tant bien que mal une valise d'une luxueuse marque Française qui monta à temps dans le train.
Mon esprit divaguant, un coup de sifflet strident retenti, la flèche rouge s'anima et nous voilà partis pour une nuit sur le rail.

« Plus qu'une visite du contrôleur et je vais enfin pouvoir partir au pays des songes et profiter d'une bonne nuit de repos avant mon RDV de demain » me dis-je.

En attendant, j'avais baissé lumière et somnolait doucement, en repensant à ce que m'avais raconté un couple d'amis qui avait fait un voyage en train de 7 jours dans l'Orient Express et qui m'avait raconté qu'ils s'envoyaient en l'air à la nuit tombée.
Le roulis semblait faire des miracles sur leur libido.

Dans mon demi-sommeil, je repensais à cette jeune femme brune aperçue sur le quai et ma boite à fantasme fut ouverte.

Mon esprit s'embrouillait de questions :
- « Est-il sain de fantasmer sur une femme à peine aperçue? »

- « Oui, non, peut-être... »
- « Ai-je le droit de fantasmer sur elle? »
- « Oui, non, peut-être... »
- « Est ce pervers de faire cela ? »
- « Oui, non, peut-être... »
- »Est-ce contre nature ? Est ce légal ? »
- « Oui, non, peut-être... »
- « Est ce que je fantasme précisément sur elle ou juste sur une situation avec elle ? »
- « Oui, non, peut-être... »

- »Vais-je me masturber dans un train reliant Moscou à St Petersbourg ? »

Après moult questions/réponses/réflexions, la seule chose dont j'étais sur, c'est qu'à présent j'avais une très forte érection contenue dans mon pantalon devenu tout à coup trop étriqué.

Comme attendu, on frappa à la porte de la cabine. Je repris mes esprits et ouvrit la porte.
Et la surprise, ce n'était que le contrôleur, j'avais espéré, un peu bêtement, que ce serait plutôt la jeune femme remarqué sur le quai.
Oui, je sais c'est stupide...

Il m'informa qu'a compter de maintenant, je pouvais fermer la cabine à clé et qu'il ne me dérangerai plus juqu'à 1h avant l'arrivée ou il m'apportera le petit déjeuner, du caviar sur des blinis.
Oui, c'est cela aussi la Russie.

Je le remercia et ferma la porte à clé, non sans un soupir désappointé car j'avais espéré une visite nocturne d'un tout autre type.

Je me mis au lit, seul dans ma cabine, j'éteignis la lumière, ferma les yeux et tenta de m'endormir au doux son du roulis du train.

Rien à faire, mon imagination était beaucoup fertile actuellement.

Ma main glissa sous le drap et agrippa quelque chose de dur et tendu vers le ciel.

Mon imagination commença son travail, ainsi j'imaginais cette parfaite inconnue, brunette, des yeux verts me sourire avec un regard coquin puis se mordillant les lèvres en inclinant sa tête sur le coté.

Elle était là, debout devant moi dans la cabine, portant son duffle-coat rouge.
La cabine n'était éclairée que par la luminosité extérieure du clair de lune se reflétant sur la neige immaculée.
Le jeu des ombres et lumières rendait la scène mystérieuse et particulièrement excitante.

Au rythme du roulis, elle déboutonna le premier bouton du haut, puis un second, un troisième, puis le quatrième et dernier bouton.

Le duffle-coat me laissait à présent voir qu'aucun artefact ne cachait sa poitrine généreuse qui avec la luminosité de la cabine rendait la scène digne d'une publicité Aubade en noir et blanc.
Tellement beau et excitant.

Elle fit tomber son duffle-coat et je notais à présent qu'elle ne portait qu'un porte jarretelle blanc.

Je n'avais à présent qu'une seule envie, lui faire plaisir à mon tour.

Je l'allongea sur le lit, puis glissa ma main entre ses cuisses, c'était humide et chaud.
Mon visage descendit vers son intimité et ma langue joua longuement avec sa vertu, lorsque tout à coup, on frappa la porte.

Je sortis de mon pseudo-reve pour revenir à la réalité.

J’allumai la lumière et entrouvrit la porte.

A contre-jour dans le couloir devant moi se tenait un jeune femme brune en duffle-coat rouge...
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