Le symbole

il y a
3 min
156
lectures
71
Qualifié

Bienvenue dans l'univers de Kalie Rose ! Passionnée de lecture et d'écriture depuis toujours  [+]

Image de 2018
Image de Très très courts
Depuis quelques jours, Chloé n’était plus seule dans son petit appartement d’étudiante. Quelqu’un ou quelque chose était là, à l’observer. Elle en était certaine. Une sensation désagréable l’envahissait désormais, lorsqu’elle passait la porte chaque soir. Devait-elle faire part de ses impressions à quelqu’un ou risquait-elle de passer pour une folle ? Elle n’avait jamais été confrontée à ce genre d’évènements. Des centaines de questions se mélangeaient dans son crâne. Y avait-il un lien avec l’étrange petit symbole qu’elle avait retrouvé gravé sur sa porte quelques semaines auparavant ? Elle avait d’abord pensé qu’il s’agissait d’un jeune du quartier qui avait voulu faire une blague pour Halloween.
Seule sur le canapé, elle regardait la télévision. Le volume était inhabituellement haut. Depuis que cette chose semblait être là, elle ne laissait pas son appartement dans le silence. C’était pour elle une manière de se rassurer. Elle frissonnait malgré l’énorme couverture dans laquelle elle s’était emmitouflée. Ce mois de novembre était particulièrement froid.

Alors qu’elle se levait pour recharger la cheminée, un bruit attira son attention. Il provenait de la salle de bain. Elle se figea. Puis, lentement, elle se dirigea vers le couloir, et resta un long moment hésitante, avant de doucement actionner la poignée. La porte grinça. La pièce semblait grise, seule une petite fenêtre menait vers l’extérieur, et laissait entrer une lumière blanche, signe d’un ciel très nuageux. Tout semblait normal, mais le robinet de la baignoire était ouvert. Elle se précipita pour le fermer. Soudain, elle crut voir une ombre traverser dans le miroir. Cette fois, c’était réel, quelque chose était bien là. Son coeur battait à tout rompre. Elle se retenait de respirer, et clignait à peine des yeux. Elle ne bougeait plus, et restait attentive au moindre son. Au bout de quelques longues minutes qui lui semblaient interminables, elle se décida enfin à retourner près du canapé. Afin de se calmer, elle chantonnait le morceau qui passait à la télé, toujours allumée. Sa voix tremblait, son souffle était faible. Son regard fixait les images qui défilaient sur le petit écran. Elle n’osait plus tourner la tête, de peur de revoir ce phénomène. Tout à coup, la pièce se fit plus sombre. Les ampoules changeaient d’intensités, sans raison apparente. Un courant d’air la fit frissonner. Son rythme cardiaque s’accéléra. Elle se mit à observer chaque recoin de la pièce, avec anxiété. Brusquement, son corps fut projeté contre les chaises, sa tête heurta le coin de la table. Elle cria de douleurs, et sa panique se fit plus intense, lorsque du sang lui obstrua la vue. L’ombre apparut de nouveau. Elle semblait chuchoter quelques mots. Chloé tendit l’oreille :

- “Tu as été choisi.”

Ces mots ne cessaient de résonner, encore et encore, jusqu'à se transformer en grognement. Il fallait qu’elle parte d’ici. Elle se releva tant bien que mal, prenant appui sur les chaises maintenant au sol. Une douleur lancinante se réveilla dans son crâne. Elle fixa la porte qui menait au couloir. Mais, comme si l’ombre avait deviné ses intentions, le verrou sembla retentir. Chloé se précipita sur l’entrée et cogna de toutes ses forces, essayant plusieurs fois d’ouvrir la poignée. Elle n’avait jamais hurlé aussi fort. Ses poumons brûlaient, mais elle continuait. Son corps se souleva du sol, sous des cris de terreur. Elle ne pouvait rien contre cette chose. Se débattre ne faisait rien, et personne ne semblait l’entendre. Elle pleurait désormais à chaudes larmes, et espérait que ce ne soit qu’un simple cauchemar. Subitement, elle retomba sur sa télé, qui se brisa. Des débris l’avaient entaillée un peu partout. Son appartement ressemblait désormais à une effroyable scène d’horreur. Elle se releva non sans difficulté, et se laissa tomber sur le canapé. L’ombre semblait maintenant dans sa tête. Elle la voyait. C’était une silhouette étrange, il était impossible de reconnaître un homme ou une femme. Cette soirée horrible et effrayante repassait en boucle :

- “Nous nous retrouverons”.

Chloé devenait folle. Elle avait terriblement mal, et elle avait une désagréable impression que l’ombre s’était installée en elle.

Plusieurs années s’étaient écoulées. Après son affreuse expérience, Chloé avait été retrouvée dans un sale état, par un de ses voisins. La police avait fait une enquête, et ils en avaient conclu qu’elle était folle, et qu’elle s’était fait du mal toute seule. Elle avait passé plusieurs mois dans un hôpital psychiatrique, puis elle a enfin pu reprendre une vie normale. Enfin, elle avait essayé. Elle avait rencontré un homme, Baptiste, avec qui elle avait eu une petite fille. Elle pensait que tout était derrière elle. Mais il y a quelques mois, elle s’était mise à faire des cauchemars. Cette soirée de novembre la réveillait sans cesse. Alors, elle s’est retrouvée seule, avec le droit de n’avoir sa fille qu’un week-end par mois. Elle craignait que sa vie ne soit détruite, une fois encore. Elle ne voulait pas retourner dans cet hôpital abominable dans lequel elle était vue comme une tarée dangereuse. 
Toutes ses craintes disparaissaient quand elle posait les yeux sur sa fille. Elle dessinait sur la table basse du salon. Baptiste lui avait laissé leur maison. Elle méritait au moins ça, il lui avait pris son enfant. Son regard était plein de tendresse. Sa petite princesse coloriait maintenant son oeuvre. Chloé s’approcha, un sourire délicat sur les lèvres. Soudain, son coeur s’arrêta l’espace de quelques secondes. Sur la feuille se trouvait le symbole. Celui qu’elle avait retrouvé sur sa porte, quand tout a commencé. Gribouillé au feutre rose, il était étonnamment parfait. Trop parfait pour une enfant d’à peine 5 ans. Brusquement, la fillette releva les yeux vers sa mère. Elle était pâle, les yeux sombres. Sa petite voix laissa place à un chuchotement inquiétant :

- “Je suis de retour.”

Chloé leva lentement les yeux. L’ombre était là, au-dessus de sa petite Alexia. Le cauchemar était de nouveau bien réel.
71

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,