Le silo d’argent

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Parce qu'une petite bio, c'est bon  [+]

Bob et ses compères avaient découvert le silo d’argent vers le mois de Mars. Le temps était pluvieux et ils traînaient dehors comme à leur habitude quand ils tombèrent sur cette sainte trouvaille. Les fermiers du coin – les pauvres fous – entassaient un tas de nourriture dans cet énorme silo sans même avoir mis en place une protection quelconque. La bande de Bob ne pouvait refuser une telle offrande, ils étaient allé se repaître au sein de ce paradis jusqu'à faire déborder leur estomac de plaisir nutritionnel. Ils furent un peu inquiet des représailles la première fois, et songèrent à deux fois avant de recommencer. Mais après quelques repérages supplémentaires, il apparut rapidement que les fermiers se repliaient chaque nuit au sein de leur demeure, sans prêter la moindre attention à ce qui pouvait se passer auprès du silo. C’était étrange, mais la faim que ressentaient Bob et les siens était plus forte que leurs doutes. Alors ils continuèrent, nuit après nuit, ils pénétraient dans l’enceinte du silo d’argent, mangeaient jusqu'à satiété et s’en retournaient dans l’ombre digérer en fins gourmets. La vie était belle. Il y eut bien quelques frayeurs, quelques erreurs, on les surprit parfois, et ils manquèrent plusieurs fois de passer à la casserole. Mais ils s’en sortaient toujours. En somme, ils ne pouvaient guère rêver de meilleure vie. Tout allait si bien jusqu'à... la Purge.
Par une belle nuit de printemps, alors que les nuits se réchauffaient et que l’amour flottait dans l’air, la bande de Bob se rendit une fois de plus au silo. Ivres de joie, ils festoyèrent à leur habitude du paradis nutritif qui leur était offert. Ils ne questionnaient maintenant plus les raisons d’un tel laxisme quant à leurs expéditions nocturnes. La nuit était maintenant bien avancée, et certains des leurs prenaient déjà le chemin du retour. Bob faisait partie de ceux-là. L’ambiance était à la fête, et ils s’en allaient d’un pas nonchalant sous le ciel étoilé sans un regard en arrière. Il devait être une heure après minuit, peut-être. La Purge commença par un simple cri. Un cri absurde, plein de crissements et de salive, lorsque l’un des leurs disparût dans la nuit noire pour ne plus jamais voir le jour. Bob et ses voisins s’étaient alors figés, ne comprenant encore pas ce qu’il était en train de se passer. Puis un cri déchira la nuit pour la seconde fois. La débandade commença alors. Ils accélérèrent le pas, se dirigeant vers les fourrés. La plupart d’entre eux se trouvaient alors à découvert, en rase campagne, s’étalant du silo à la forêt. Les cris se multipliaient et le carnage battait son plein alors que Bob transpirait à larges gouttes, laissant derrière lui une telle rivière qu’il était sûr qu’on pourrait le suivre à la trace. Il ne se souciait plus des siens, seule sa survie comptait dès à présent. Les fourrés ! Là, droit devant, à deux pas... Enfin ! Il se rua sous les basses branches pour se mettre à l’abri. Avait-il réussi à échapper au massacre ? Il ne pouvait pas se permettre de se reposer. Il fuit le plus loin possible, sans se retourner, à l’abri de la végétation.
Au petit matin, haletant, Bob se reposa. Il était arrivé au pied d’un des murs délimitant la propriété. Il avait réchappé à la Purge. Satisfait, il se fit un petit nid douillé au pied des pierres mousseuses et se laissa plonger dans un sommeil sans rêve. Le lendemain soir, il sortit de sa cachette, tout frais et reposé. Ah, il allait pouvoir se remettre au boulot ! Il se dirigea vers le silo d’argent, dans l’idée de se refaire un fabuleux festin.
Des risques ? Bien entendu qu’il y en avait. Mais lui ne voyait pas pourquoi il y en aurait. Après tout, il fallait manger ou être manger, et puis... Bob n’était qu’un escargot.
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