Le sacristain

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Demain, je me tire de cet abîme pathétique dans lequel je me suis glissé inconsciemment. Immobile sur mon sofa dégueulasse de la nuit, mes yeux ne se commandent plus. Un doberman me barre la  [+]

Tous les jours, la Morale me parle.
Je ne suis pas archaïque, il est vrai que c'est plutôt ma psychose qui m'habite.
Mr Raconteur m'en a touché deux mots en "privé" privilégié.
Il a dit exactement:
Monsieur,
Vous êtes un fléau pour la société.
J'ai tout de suite pensé aux histoires que la Grande bringue racontait et à ce que j'entendais çà et là.
Je me suis revu en haut de cette tour.
Je me suis réanimé au contact de ces souvenirs.
TROP DE SENSATIONS.
Je ferme les paupières.
Je respire 
Je nage.
Ou plutôt, je suffoque.
Une oppression étrangère m'atteint , je me réveille dans un coma blanc.

Le lendemain.

Lilly s'avance radieuse vers la porte de son hôtel. Son frère l’attend avec du sourire plein les yeux.
Sa femme arbore la même expression, leur bébé dans les bras.
Un coup de téléphone l’empêche de concrétiser cette vision subite et son plaisir fût immédiatement remplacé par l’angoisse.
Le téléphone était devenu synonyme de destruction dans l’univers si calibré de cette femme pleine de vie.
Elle avait œuvrée au long cours pour ne rien laissé paraître, mais sa famille semblait de plus en plus concernée. Comme si elle transpirait ses émotions.
Il faut qu’elle décroche.
Louis peut mourir.

Mon cher collègue,
bonjour.
Je m’appelle Ferdinand Raconteur.
J’aimerais vous faire part d’un sujet inquiétant. Eh oui ! Malgré le recul professionnel qui nous est obligé, la surprise et même sans doute l’humanisme me force à vous informer de ce cas intriguant.
Le sujet semble en dehors de toute enveloppe physique.
Malgré de brèves interludes de lucidité ou il semble totalement absent aux stimulis extérieurs mais ou l’évocation des crimes semble allumé quelques intérêt, il est imperméable à toutes tentatives d’interaction.
Seul semble lui intéressé son action, qui est comme vous l’avez appris abominable.
Les détails macabres sont pour lui d’une extrême importance.
Ne lâchez rien. Personnellement je ne puis plus assuré les audits du sujet.
Je serais totalement disponible pour toutes questions le temps de l’expertise, veuillez agréer mes sincères encouragements.
R.

Tous les espoirs de Lilly s’attachent au regard de son neveu.
Son frère ne comprendrait jamais. Il s’était toujours placé comme procureur et juge de ses réactions. Le détonateur ou la bombe.
Mais elle l’aimait. D’un amour irrévocable et ineffable.
Jamais contredit depuis leur plus tendre enfance.
Seulement quelquechose boîtait.
Une inattention peut être ou seulement un éloignement, mais elle ressentait profondément le fossé.
L’angoisse qui l’étreignait ne pouvait être exprimée tout en sachant qu’il comprenait et vivait les mêmes affres. Et cela rajoutait à son interrogation.


Depuis un temps immémorial, la vie ne vaut rien.
Pourquoi , si je sens et je pense être, ne pourrais-je être juge et exécuteur de mes propres sentences ?
Dieu a souffert pour nous en désignant une victime.
Je remets à l’homme les préceptes de nos sacrifices.
Je suis normal.

Activité cérébrale:Néant.
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