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Un seul mot et je me noie, mes yeux se vident, je vois floue. Je sens des odeurs qui n’existent pas, des gens étranges étrangers à ma mémoire. La foule se hâte vers une lumière bleue éblouissante, comme des marionnettes articulés dans le seul but de suivre. Je suis au milieu et regarde les gens passer sans qu'ils ne me regarde. Je suis un étranger parmi les morts. De grandes sculptures de marbre partent en colonnade longeant l'allée des morts-vivants. Des visages hideux, scarifiés et menaçants se dressant pour surveiller le troupeau.

Je glisse dans le sol et me retrouve dans les profondeurs d'un enfer sensoriel. Puis je reviens. Devant moi, un grand chemin de terre à perte de vue. Je suis seul. Le seul bruit est celui des flammes léchant les arbres sur chaque côté du chemin de leur langue et de leur danse. M'avançant, je distingue quelque chose au loin. Un rond-point, seul, sans verdure ni lumière. Un vélo sur le bas-côté. Je le prend et m'engage dans ce cercle.

Sur ma route, ma mémoire me joue des tours. Je croise tour à tour un ami de l'école primaire. Je descend de ma monture pour le saluer et parler d'une époque révolue. Reprenant mon chemin, je m'arrête à nouveau quelques mètres plus loin. Une fille que j'ai aimé m'attendais patiemment. Nous discutons de l'avenir que nous aurions pu avoir et des échecs qui nous ronges tous les deux. Le rond-point est infini. Quelques mètres plus loin, une autre personne de mon passé, puis encore une autre, puis une odeur, un goût, une image... Ce rond-point n'est pas fini.

Un seul mot peut faire revivre le passé, une seule sensation, une seule vision. Je revois tout dans mon rond-point.
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