LE PROCÈS DE LA HONTE

il y a
2 min
55
lectures
2

Jeune juriste congolais en formation ❤. Amoureux de belles-lettres et passionné de culture. Ici, se trouve la peinture de sa pensée  [+]

Le décor était planté et tout semblait si sérieux. Ce midi, dans une bicoque crasseuse faisant office aussi de tribunal, non loin du marché principal de la cité, j'étais à la barre, visage enflé, lèvres gonflées, corps souillé, tout désespéré. Cela faisait cinq jours qu'aucune goutte d’eau traversa mon corps, à l'intérieur de ma bouche se gluer ma salive à l’arôme de sang, c'est pourtant d'elle, que sortira la voix devant me défendre mieux m’incriminer.
Mon sort était déjà scellé, j'arborai les prémices de la délicate vingtaine, loin de mes parents humant le vent limpide du village, ici mon entourage me surnommait "LE LION" pendant que, pour ma génitrice tant chéri, je représentais l’incarnation angélique, la bénédiction parfaite. Hélas, cet ange démoniquement béni, était en cette occasion accusé d’agression envers cette jeune fille figurant moins âgée que moi du nom de carmel, en vrai elle était aussi belle.
Depuis ce matin on vit, depuis aujourd’hui, un seul instant continue et demain nous est toujours inconnu...
Tout avait commencé le lundi de la semaine en cours, j'arpentais les alentours du lycée, quand à la sortie de cours, mes yeux s’immobilisaient sur une créature innocente et insouciante, elle luisait de grâces, en elle j’y voyais un astre lumineux voir même chaleureux. Ces instants furent tous d’une exception colossale, que le flash brisa mon fort intérieur en deux afin de me redire combien il était impérieux que ma moitié et moi s’associons pour ne former qu’un dans le meilleur pure. Vêtus de mes guenilles toutes élimées, avec une coiffure que la mère rue me confiait, par des mouvements sournois ma tête scintillait et ce que je cherchais était sous mes yeux. Au bout d’un quart d’heure, ma raison d’être instantanée, se séparée de ses paires, se retrouvant seule sur la ruelle peu fréquentée, je m’approchais hésitant pour lui adresser la parole, ayant appréhendé l’artifice dubitatif en provenance d’un visage tout sombre et inconnu portant dans son flanc gauche une cicatrice fatale, elle se mit à crier et son alarme répétait avec instance! Au Vovioleur! Au Viovoleur...
A ces mots, tout s’arrêta, le soleil se cacha ! Moi dans la poussière, roué de coups, d’injures et de malédictions. J’osais me débattre pour conjurer le sort mais la rubescence de ce liquide qui fait vivre anatomiquement l'homme, jaillissait de mes différentes cavités faciales!
Ma mère providentielle, la rue, m'avait abandonné. Au cours de ce procès honteux, dépourvu du droit de me défendre, déjà quand la population avait dit son droit, ma peine était connue de tous!
La descendante d’Eve figée entre ses parents protecteurs, elle qui m’avait électrifiement attiré s’en tirée courageusement, feignant le poids du traumatisme après tout ce mutisme. Mon seul péché, l'avoir approché! Pour une sentence plus légale, j’avais la certitude que mes ancêtres allaient s’en occuper. Partant de ce que je cherchais, ceci voulut me tuer! Ah, la vie est belle! Suçons à ses mamelles, entends-tu la nouvelle, mon très chère carmel...
2

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !