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Le prix de la richesse

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Charbel Lks

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La nuit tel un couvercle sur une marmite recouvrit la terre avec la complicité des strato-cumulus et laissait ainsi, l’ombre la plus épaisse tachée les activités des hommes d’un arrêt fatidique. Sans prévenir il a pris le dessus. Pourtant, Ahovi n’a pas exécuté la recommandation de l’oracle qui désormais sans prévenance frappera son impunité d’une sanction de mort. Cela sera cette fois-ci sans répit.
C’est bien autant de sa majesté, le roi Hougan que Ahovi a fait un pacte sanguinaire avec une divinité proposée à lui par son Ami Akoba qui fut mort quelques jours, après avoir faire la connaissance de ce dernier. Personne ne savait la cause réelle de sa mort, tant avant lui on avait accès à des crimes odieux. Il fut un grand matin retrouvé mort. Tout le village pleura sa mort tant il avait de grands biens et nulle ne pouvait s’égaler à sa fortune. Ainsi, Ahovi alla à son école avec la naïveté la plus bestiale.
Ahovi commençait à posséder de grandes richesses. IL lui suffisait tout simplement d’offrir en libation de grosses gouttes de sang humain au fétiche «kinninsi » pour avoir en contrepartie une redevance pécuniaire incomptable. Ahovi qui, reconnut pour sa paresse n’a d’ailleurs jamais produit en temps de moisson une heureuse culture à la sueur de son front ; le voilà qui se retrouve le plus riche de tout le village en moins d’un an. C’est bien un acte épouvantable qui laisse à dire. A KINDJI on n’a jamais vu un tel succès. Pourtant en aucun cas Ahovi se s’est retrouvé dans une affaire louche comme le vol. Même sa femme Dévi interrogée, ne trouva réponse à cette prouesse de son époux. Lui cache-t-il certainement ces projets.
Or, dans le village plusieurs personne mourraient et sans cause ou raison valable, surtout les filles. Sa majesté n’a cessé de prospecter ces énigmes meurtrières. D’ailleurs, lui-même en personne risquait sa vie. Il advint donc un jour où Ahovi en avait par-dessus la tête et pour cause parce qu’au bout de deux ans de fidélité au fétiche, il doit offrir le sang d’un de ses enfants et d’une personnalité grandissime de village pour pouvoir renouveler son traité. Ahovi vivait dans une fortune, pourtant il n’avait jamais la paix du cœur. Il ne put obéir à cette injonction du fétiche parce qu’il n’a jamais eu un enfant. Ce fut toujours pour sa femme un poids et une souffrance de chaque jour. Aussi, n’a-t-il pas cette force spirituelle de toucher à la vie du roi pour en extraire son sang, tellement il est accoutré et sous garde à vue. Ahovi se promenait chaque soir au clair de la lune pour se situer le temps. IL n’avait pas d’assortiment que de désobéir aux abominables sollicitations du fétiche et ainsi il risquait sa vie.
Quand advint tout doucement la dernière saison sèche annonçant la fin de l’année Ahovi se permet de ne plus rendre visite au fétiche qui ne manqua pas aussi de lui montrer la fin de ses jours dans divers songes. Ahovi était devenu tout pâle et triste comme un ruisseau perdu. Il passait des journées lourdes et n’avait même plus le temps de trinquer ses verres de « sodabi ». Ces amis avec lesquels il faisait bonne route ont tous compris le climat vertigineux et donc le gros malheur qui s’abattra sur lui. Ils ont tous disparus tellement qu’il pouvait se rendre à l’évidence qu’on reconnait ses vrais amis en tant d’épreuves, de malheurs. Aussi en de telles conditions, il ne put obtenir un enfant quel que soit l’office divin, pour après en commettre un meurtre. Croyant pouvoir amoindrir l’irritation du fétiche, il commit avec son pouvoir outrageux, le plus grand crime du village. Toute une famille mourut. Pourtant,cela ne disposa aucunement le fétiche à une miséricorde ; sa parole fut-elle irrévocable en de telle situation. Akoba, s’il n’offre ce que je lui ai demandé, mourra ; tel était la prédiction du fétiche. C’est en effet, l’ énigme qui avait autrefois valu la mort à Akoba, qui n’eut pas d’autres choix d’offrir sa vie, découvrira-t-il, plus tard et pour pallier à la contrepartie qui est la sienne fut obligé de trouver un autre remplaçant pour le marché. Voilà Akoba au bout de la tunnel. IL ne sait à quel saint se vouer. Pris fatalement dans le filet, il ne sait par quel chemin s’en détourner. La paresse, conduit inévitablement à la recherche du gain facile car le pain est une nécessité existentielle et nulle ne peut s’en départir. Toutefois seul le travail rend ce bien. Akoba croit qu’il existe un être sur cette terre qui vivra de gain facile.
Le soleil pointa son linceul d’argent sur les murs lézardés du village. Hommes et femmes reprirent les activités mais perplexes. Les crimes de morts n’ont pas fini leurs tournées ici, et chaque jour ils arrachaient quelqu’un de plus. Cette léthargie écœurait plus d’un dans le village. Dévi, a revêtue ce matin même l’étoffe de veuve. Akoba venait de rendre le souffle. Le fétiche a tenu sa promesse. Dévi jusque-là ne comprit pas la raison de la mort de son mari ; elle se contentait d’attribuer cela à la plaie qui sévit le village ces jours –ci. Ahovi eut quand- même l’amabilité de laisser une lettre à sa femme. Dévi au contact de cette lettre une semaine après le décès, n’eut que larmes aux yeux. Elle comprit finalement le corps fétichiste dans lequel son époux était emballé. Elle se précipita pour aller déclarer au roi cette tragédie gardée sous les arcanes du fétichisme dans ce village et qui profitait du sang humain tel un sarcophage. Le roi tenu informé fit en plusieurs lieux des rites de purification pour extirper ce fétiche du village. Aucun fétiche n’a daigné jamais faire du bénévolat à ces adeptes.
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