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BAGM

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18 mars 2016. J’ai tué quelqu’un.
Son souvenir est encore tellement présent dans ma mémoire: une jeune fille, la vingtaine, bien sous tout rapport. Elle avait les cheveux long, était de taille moyenne, assez coquette et féminine, comme toutes les femmes de sa famille. Elle allait à l’Université, promise à de grandes études et à la réussite, au plus grand bonheur de son entourage. Elle avait quelques amis proches, qu’elle ne pouvait voir régulièrement, faute de distance, mais qu’elle aimait autant que sa propre famille. Elle était discrète et agréable, et tout dans sa vie était uniforme, clair, sans embuche. Elle savait ce qu’elle voulait faire et elle savait comment y arriver. Le chemin était déjà tout tracé. Elle vivait avec ses parents et sa soeur dans un petit village campagnard, calme et traditionnel. Ayant toujours le sourire aux lèvres, les gens qui la rencontraient la trouvaient joyeuse et sympathique. Une vie confortable et chaleureuse me direz-vous.
Seulement, derrière tous ces artifices et cette superficialité, Je savais qui elle était vraiment. Surprotégée. Étouffée. Dépendante de son entourage et de cette société toxiques. Malgré ce qu’elle laissait paraitre, elle se consumait de l’intérieur, comme si les griffes de la vie, cette foutue vie, lui laceraient les entrailles. La douleur liée à cette existence insignifiante se propageait et devenait de plus en plus insupportable. Je la voyais dépérir de jours en jours, pleurant, criant, se griffant, se coupant. Malgré ce que vous pourriez penser, elle ne pouvait en parler à personne, il fallait qu’elle protège sa famille et ses amis de ce monstre qui l’habitait. Personne ne pouvait la comprendre. Elle était seule face à sa souffrance et j’avais pitié d’elle, malheureuse petite fille qu’elle était. Alors un jour, sans qu’elle ne le sache, j’ai décidé de mettre fin à sa détresse. Un jour, sans qu’elle ne s’y attende, je l’ai libérée de son fardeau.
Rassurez-vous, il n’y a rien de grave. Vraiment. Ne vous inquiétez pas pour moi. Ni pour elle. Je consulte une psychologue suite à cet acte que j’ai commis. Mais je ne suis pas folle vous savez. La vie a simplement décidé qu’il était temps pour moi de céder à ces pulsions libératoires qui m’envahissaient. La vie a décidé qu’il était temps pour moi d’arrêter de me soumettre aux exigences sociétales et parentales, et de vivre comme je l’entendais.
Et ce fut comme une renaissance.
Car oui, cette fille que j’ai tuée, c’était moi.
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Patricia Burny-Deleau · il y a
Joli suspense sur fond de tyrannie familiale. Un suicide raté lui permettra peut-être de repartir dans sa vie, celle qu'elle aura choisie.
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