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Le Père Noël et les taxes

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— Père Noël ! s’écria le chef des lutins en ouvrant la porte de la chambre où dormait notre héros, réveillez-vous, nous sommes au mois de décembre. Il faut songer à vous préparer !
— Quoi ? Déjà ? fit le Père Noël avec effroi.
— Préparez-vous, reprit le lutin, sinon vous ne serez pas prêt à temps pour faire la tournée des cheminées. Pensez, il faut nettoyer votre grand manteau, cirer vos bottes, rassembler vos rennes, ouvrir les lettres de tous les enfants qui vous ont écrits, emballer les cadeaux, charger votre traîneau...
— Oh là ! dit le Père Noël. Quel travail !
— Ne faites pas semblant de vous plaindre, Père Noël, car si Noël n’existait plus vous seriez bien triste !
Le Père Noël but rapidement une tasse de café, puis se dirigea vers l’armoire dans laquelle étaient rangés ses vêtements. Il en sortit un manteau tout chiffonné et des bottes pleines de poussière, qu’il tendit au lutin.
—Veille à ce que ma tenue soit impeccable. Pendant ce temps, je vais à la recherche de mes rennes et lire mon courrier... Il n’y aura pas beaucoup de lettres cette année, à cause de tout ce que les pauvres gens ont à payer !
Durant des jours et des jours, une grande activité régna alors dans le ciel.
La nuit de Noël, le chef des lutins retourna voir le Père Noël. Il aida celui-ci à endosser son manteau, à enfiler ses bottes, puis reculant de quelques pas :
— Voyons ça ! dit-il en s’agenouillant pour arranger un pli du manteau. Ce serait impeccable, s’il n’y avait pas ce manteau plein de mites et qui tombe en poussière.
—Tu crois ? interrogea le Père Noël en s’observant dans son miroir.
— Oui. Ça fait un an que vous ne l’avez pas mis ! Ne bougez pas...
Le lutin revint quelques minutes plus tard avec un manteau tout neuf, acheté la veille dans un grand magasin. Il installa le Père Noël sur un fauteuil de nuages, et aida le Père Noël à enfiler le beau présent.
Des millions de petits yeux amusés des lutins rassemblés s’instillèrent dans le ciel pour assister au spectacle.
Sur la terre, au même instant, un petit garçon n’arrivait pas à s’endormir. Il écarta les rideaux de sa chambre, en se demandant comment le Père Noël allait pouvoir répondre à sa lettre et déposer les jouets qu’il lui avait demandés au pied du sapin du salon.
Cette année sa famille était encore plus pauvre que les autres années et son papa avait eu difficile d’acheter un sapin présentable à cause, avait-il entendu dire, du gouvernement et de toutes les taxes à payer.
Soudain, il aperçut, émerveillé, les gros flocons de neige voltiger dans la nuit et recouvrir peu à peu son hameau.
Un sourire illumina son visage, il se précipita hors de sa chambre pour avertir ses parents de l’événement,
— Papa, c’est magnifique : il neige ! Là-haut le Père Noël est sans doute en train de se préparer pour la fête ! Il doit avoir mis un manteau tout neuf, comme chaque année. Cela signifie-t-il qu’il va venir chez nous aussi ? Malgré le gouvernement et les taxes ?
— Le coût de la vie augmente chaque jour, mon fils, comme toutes les années, dit le papa en soupirant, et encore plus cette année. Et, hélas, nous devons payer tout plutôt deux fois qu’une ! Quel pays !
— Alors, dans ce cas, ça ne tourne toujours pas plus rond ? Nous aurons certainement toujours autant de taxes à payer malgré le nouveau gouvernement et la suédoise ?
— C’est certain. Il faudrait un miracle pour que je n’aie pas de taxes à payer !
Cette famille, le soir de Noël, remarqua que le Père Noël était venu. Au pied du sapin, le petit garçon de l’histoire put lire sur une carte représentant la crèche :
« J’ai essayé de m’arranger avec le gouvernement ! Ton papa devra payer moins de taxes que d’habitude ! C’est une bonne nouvelle pour toi, non ? »

C’était signé : «  Le Père Noël »

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