Le dilemme rose

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Férue des mots, folle d'écriture et de faire découvrir mes univers. Bonne lecture Bon voyage  [+]

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Image de Très très courts
Hélène vient de se réveiller en sueur, avec des cris et des larmes qui
coulent comme si on avait ouvert un robinet d’eau tiède. Antonio s’est réveillé
en sursaut :
- que se passe t’il, ma chérie?
- rien, rien du tout, rendors toi. Je vais aller me chercher un verre
d’eau fraîche dans la cuisine.

La veille, Hélène avait fait une découverte vertigineuse. Et, avec
ce cauchemar, elle tombait dans la spirale de l’horreur.

Le cœur battant un peu plus fort, elle se dirige dans le noir jusqu’à la
cuisine. Elle a encore le goût métallique du sang dans la bouche, comme
si.....comment dire??!

Antonio la trompe depuis quelques mois maintenant. Avec sa sœur Angela.
La plus jeune de toutes. Hélène avait découvert leur
relation. Puis, ce cauchemar où elle avait trébuché sur un des
jouets de Melvyn et la tasse de thé était tombé laissant une trace
blanche apparaître. C’était du poison.

Antonio avait tout prévu.
Tuer Héléne et son fils issu d’un premier mariage avec le poison
ou l’étrangler pendant son sommeil.. Tout serait parfait pour lui
s’envoler avec les billets réservés direction Les Baléares....avec
Angela dont il était fou amoureux....Aucun scrupule pour cet
homme. Tuer pour refaire sa vie avait l’air tellement simple.

*

L’origine des peurs d’Hélène ?
Il y en a plusieurs mais en particulier celle ci : son père qui venait
les soirs ivre d’alcool quand il rentrait très tard après que toute la
famille soit endormie.
Il venait la rejoindre, petite fille, dans son lit.
Pour elle, c’était une terrible trahison.
Elle ne pouvait plus lui faire confiance maintenant ;
Jusqu’au jour où tu basculas un soir. Il voulut aller plus loin, la
découvrir comme une fleur disait il.
Il avait posé sa main sur sa bouche pour qu’aucun son ne sorte et
aussi son autre main sur la gorge pour s’assurer qu’aucun cri ne
sortirait.
Il disait l’aimer. Et que sa mère était trop vieille de jour en jour.
Alors, voilà. Comment Hélène pouvait elle faire confiance en
quelqu’un maintenant ?!
Difficile, voyez vous ?!

*

Je vous laisse imaginer l’histoire dans l’histoire. Une histoire que l’on peut qualifier d’ hautement originale.

Une histoire qui vous fait froid dans le dos quand vous voyez ce qui se passe pour elle, pour Hélène.
Une horreur dans toute sa splendeur avec ce mariage foireux.

Hélène est sur ses gardes.
Elle doit prendre ses précautions avec Antonio, cet assassin en puissance. Les mots sont faibles dans ce cas, dans ce cas précis....
Comment définir la situation ?
Je ne saurai pas être plus précise. Et pourtant. Les faits sont là. Il n’y aura pas d’autres possibilités que de l’éliminer pour vivre son idylle avec sa sœur Angela.

Ce n’était plus qu’une question de jours, d’heures peut être.

Qui sais ?!

*
Le délire

- Je serais là où tu seras, lui chuchota Antonio installé à sa droite.

Hélène venait de se réveiller et c’était les premières paroles de son mari.
La chambre était blanche. Les rideaux ne lui étaient pas familier et les allées et venues en bruit de fond non plus.

- Tu te souviens, ma chérie ?
- Non, réponds Hélène. Je ne me souviens de rien. Tu as changé la déco ? Depuis combien de temps ai je..... dormie ?

Ils avaient indiqué ce moment, ses instants d’absence. Pas tout de suite. Il fallait y aller par pallier, avaient ils précisé au diagnostic.

Hélène regarda Antonio dans les yeux. Un silence qui en disait long. Des vertiges, une envie furieuse de vomir et cet état comme d’ébriété qui était nouveau pour elle. Elle ne comprenait pas.
Puis, sa sœur assise prêt d’elle à sa gauche lui fit signe.

Quand les pas dans le couloir commencèrent à faire leurs effets et arriver devant la porte d’entrée, elle comprit enfin. C’était le médecin qui venait lui rendre visite. Une visite de courtoisie et voir si la fièvre avait bien baissé depuis trois jours.

Il lui raconta, pendant cette visite, comment elle était arrivé jusque là. Un terrible délire suite à une fièvre. Sûrement les effets indésirables de la chimio.

Antonio avait choisi d’écouter les médecins cette fois ci, même si son amour pour Hélène était là. Il ne voulait pas la brusquer, ni lui faire peur.
Après tout, si Hélène était en plein délire et qu’elle mélangeait tout ce n’était pas de sa faute, mais bel et bien celle de la maladie.

La maladie ? Oui.
Hélène est atteinte d’un cancer. Elle ne voulait en parler à personne pour ne pas attiser la pitié.
Dans ses moments douloureux vécus, les gens qui vous aiment ne savent pas ou peu se comporter avec vous.
Ils se sentent démunis. Démunis et aussi victimes de trahison pour certains, comme si vous les abandonniez dans leur parcours de vie.
Oui, je sais. C’est malheureux. Mais, c’est ainsi.

Pourtant Hélène a une vie saine, même si elle intériorise tout. Elle ne laisse rien transparaître même quand on l’atteint avec des vexations.
Hélène est une éponge à émotions, une empathe qui garde tout.
Elle garde tellement tout qu’elle en gonfle d’énergie et de rétention d’eau.

En quelques années de vie commune avec Antonio, elle a déjà accumulée vingt kilos d’eau et de graisse. Car, elle compense avec des sucreries, des viennoiseries et des petites choses à grignoter par ci par là.

Aujourd’hui, le médecin trouve qu’elle est dans un état stable. La fièvre diminue et la chimio fait son effet.
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