Le conte des trois fleurs

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A 8 ans, j'ai écris un texte, pour la première fois de ma vie. J'ai compris qu'avec une feuille et un crayon, je pouvais être tout ce que je voulais, dire au monde ce que me dictait mon cœu  [+]

Laissez moi vous conter l’histoire d’un cerisier qui, sous le ciel d’été, ployait de promesses. De futurs fruits ses branches en étaient gorgées. L’esquisse de pièces florales, encore endormies dans leurs sépales, attendaient le bon moment pour s’offrir aux yeux des promeneurs et des oiseaux rieurs.

D’instinct, elles savaient bien qu’être nées dans les hauteurs feraient d’elles les plus belles des fleurs : au soleil si bien exposées, jamais la lumière ne viendrait à manquer.

Sur la plus haute des branches fleuries, se tenaient trois bourgeons pleins de vie. Lissant leurs pétales à l’abri, elles se préparaient à leur sortie. Les trois jouvencelles, à la file indienne se suivaient. Chacune allait être belle et pourtant, se disputaient la meilleure place au soleil.

La première était la plus proche de l’azur et était jalousée par la seconde sans commune mesure ! Tant et si bien qu’elle vivait dans la crainte farouche que sa cadette ne la détrône un jour. Cette dernière en rêvait toujours, priant pour que la reine initiale, par un cyclone soit emmenée, lui laissant ainsi la royauté.
Cette escarmouche entre ces demoiselles n’intéressait guère la troisième. Tandis que l’une jalousait et l’autre, par la chute était effrayée, la dernière jouissait de la lumière qu’on lui offrait. Heureuse a tout instant, de sa chance son cœur conscient, battait la sève en chantant.
Épuisées de leur chamaillerie, on vit les deux premières dépérir, tandis que la troisième chaque jour parvint à s’embellir. Elle devint bientôt la plus belle fleur du cerisier, si bien que ses collègues furent obligés de la remarquer. Enfin d’accord sur leur jalousie, elles lui parlèrent ainsi :

« Comment as-tu donc fait ? Toi, la petite délaissée qui nous regardait, éblouie, de ces rayons dont par notre ombre, tu étais démunie ? »

Alors la troisième fleur nimbée d’élégance, leur répondit avec grande éloquence :

« Mes sœurs, hier nous aurions pu éblouir d’un même éclat toutes les trois mais aujourd’hui, votre beauté a flétri, trop occupées que vous étiez à vous quereller. L’une dévorée d’envie et l’autre, par la crainte d’être destituée, affaiblie. Pourtant, ainsi nées sur les cimes, nous avons reçus toutes les trois autant de lumière. Ce qui me différencie, c’est que j’ai su la recevoir et aimer ce que j’avais, sans demander plus ou m’y accrocher à l’excès. J’avais, tout comme vous, et je suis devenue ce que vous vous êtes refusées d’être ».

Il ne s’agit là que de trois fleurs qui vous parle de bonheur. On peut passer sa vie à le chercher sans voir qu’il nous a été offert, ou bien saisir ce qui nous est donné et apprendre à être heureux.

Que ce soit sur la branche d’un cerisier ou dans l’herbe à ses pieds, il y aura toujours des satisfaits, des envieux et des effrayés de perdre ce qu’ils n’ont pas. Tous s’épanouissent sous le même soleil, font face aux mêmes bourrasques et reçoivent les mêmes averses. Si certains feront tout pour avoir un idéal de bonheur rien qu’à eux, fragile mirage, miroitant l’ombre gracile et volage qui les mènera assurément au malheur, d’autres feront simplement le choix d’être heureux.

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