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Le cinéphile

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Rost

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L’échec ne serait finalement qu’un problème de résignation nous lance le professeur avant de quitter la salle. On dit souvent qu’on ne perd jamais uniquement si on abandonne. Abandonner serait donc le seul moyen de perdre. Autrement dit, si on n’abandonne pas on ne perd pas. Mais alors une question aussi bête que simple se pose : pour quelle raison une personne voulant accomplir un objectif abandonnera ? La réponse est le désespoir. La personne qui abandonne a pour certitude que quoi qu’elle fasse elle ne pourra jamais changer le cours de sa destiné. La succession des échecs consécutifs lui a fait comprendre qu’elle est prédestiner à une vie sans succès, le bonheur lui est un fruit défendu, pour elle la clé de la réussite lui est confisquer. Et c’est peut être parce qu’elle croit à l’existence de cette mystérieuse clé, de ce privilège et d’une race supérieure a la sienne qu’elle moisie encore et encore. Cette personne ne suit plus le cours de la normale. Comment puis-je parler de quelque chose de relative et accuser une personne de ne plus suivre la normale ? C’est parce que la normale n’a rien de relative, elle suit tout simplement le cours de la réalité, dans laquelle un individu qui échoue ne sombre pas dans des biais attributifs démoralisateur, mais a le bon esprit de cerner les problèmes de son échec et réalise que ce n’est que temporaire.

L’individu en échec se crée alors une néo réalité. Pour lui, la réussite est une idée qui ne lui frôle plus la pensée. Au lieu d’agir normalement et de réessayer, la personne décroche et arrête ces tentatives devenu « inutile ». Aujourd’hui notre ami ne se lève plus à une bonne heure. Dés qu’il ouvre les yeux se demande ce qu’il a à faire, sans vraiment trouver de réponse. En se disant cela, ce n’est pas lui qui parle mais son nouvel ami, la mélancolie. Ainsi, après une longue réflexion à propos de ce qu’il a à accomplir, Il se retourne sur l’autre coté et se rendors. Au meilleur des cas il se réveille après trois heures de ses heures de sommeil idéale et prend tout son temps pour rester encore dans son lit. Il réfléchit si cela vaut le coup de se réveiller ou faut il encore rester au fond de sa tombe... Pardon je voulais dire dans son lit. Ce n’est qu’après que notre ami se réveille avec la tête pleine de vide. Un vide mélangé à des idées brouillés et vagues qui ne font que le fatiguer d’avantage. Enfin à moitié réveiller au milieu de la journée, notre ami qui n’est jamais ni complètement endormis ni complètement réveiller, décide d’être productif. Le voila qu’il se pose sur son lit prend un livre et se dit qu’il va bouquiner un peut. Tout se passe comme il l’avait espérer. Entre rêvasserie et pensées volatiles il trouve le temps de lire deux trois pages de son livre. S’il continue ainsi il aura largement le temps de le finir avant la prochaine décennie. Finalement la mélancolie le gagne, il décide alors de faire ce qu’il faut pour y remédier, dormir. Se lève deux heures plus tard, encore plus mal qu’avant, se dirige vers la salle de bain dans une démarche plus longue que jamais et se lave la tête mais pas la pensée. Il s’allonge sur un canapé et pense à tout ce temps gaspiller sans rien faire, toutes ces heures passé à se morfondre. Son corps n’est que bouillie, son esprit est amputer et ne cesse de faire des va et vient dans le couloir de l’infinie. Ses pensées ne cessent de le rabaisser face à ces semblables. Désormais il ne fait que sombrer dans la léproserie psychique. Il fait déjà nuit dehors et son téléphone commence à sonner. Il est l’heure de sortir un peut, de voir un décor plus spacieux qu’une pièce cloué entre quatre mur, une fenêtre et des idées sombres. Notre ami rejoint quelques copains et en profite pour rigoler. Il ne parle jamais de ses problèmes. Il en profite tellement qu’on dirait qu’il n’a jamais eu de problèmes de sa vie. Notre ami n’a vraiment pas envie de replonger la ou il était, il est heureux rien qu’en voyant des visages sourirent et des personnes levant leurs verres fêtant la vie et la bonne humeur, notre ami n’est pas si sinistre enfin de compte... C’est juste son manque d’initiative et de courage qui la rendu ainsi, un manque qui lui appartient mais dont il n’est pas la cause forcément. Un manque qui le replonge aussitôt dans cet état une fois rentrer a la maison. Car une fois rentré à la maison, les spectateurs regagnent leurs places et la deuxième mi-temps peut enfin continuer. Il est l’heure des questions, des questions sans réponses, des questions sans buts, des questions obsessionnelles, des questions sadiques. Sadiques car elle vous hantera, vous décomposera en morceau mais elle ne vous tuera point, et c’est sans doute la pire des mort. Notre ami regagne son humeur si fidèle, il baigne dans la solitude absolue, une solitude qui le décompose petit à petit. Même si il vient de voir des amis quelques heures avant, il a l’impression d’être le seul survivant sur terre. Il ne communique sa solitude à personne, car à part lui, personne ne le comprend. S’isolant dans cette pièce si silencieuse, il ne peut concevoir que d’autres personnes sont à quelques mètres de lui, il ne ressent aucune vie. Il est seul au monde. Notre ami passera des heures à se retourner la tête sans rien obtenir en retour, il aura beau tout essayé il ne sentira aucun atome de sommeil l’effleurer. Et quand l’insomnie l’aura assez disséqué avec toutes ces questions existentielle sans réponse, toutes ces scènes et images refoulés, sur la table de la torture menotté, la, elle pourra le laisser dormir.

Le lendemain, notre ami se réveille. Mais notre ami est un grand amateur de cinéma, et son film préférer c’est celui qu’on vient d’y assister tout au long de ce passage, alors il ne peut pas s’empêcher de le revisionner...

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Pascal · il y a
L'espoir est le moteur de la vie, "Faire face" et ne pas sombrer. Il faut arriver à trouver le déclic, le détail qui nous fait rebondir, pas toujours évident, mais espoir il faut garder ! La vie vaut le coup d'être vécue.
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Denis Lepine · il y a
la vie n'est pas 'se faire du cinéma' la vie est pleine d'embûches, d'espoirs, de désespoirs, d'un coup de chance, d'une passion qui se révèle et toutes ces petites briques engendrent une force que l'être humain doit en profiter pour s'élever;
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Rost · il y a
Je confirme Denis. Ici malheureusement le texte traite d'une personne qui vie dans un "replay" sans cesse, sous l'influence du désespoir.
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Utilisateur désactivé · il y a
Merci de m'avoir conduit sur votre texte. Il est encore plus touchant que le premier. Désespérant et plein d'espoirs en même temps car on a le sentiment qu'il suffit d'une main (ou d'un coeur surtout) charitable pour qu'il s'en sorte et redécouvre la vie et ses capacités. Personnellement, je me revois un peu lors de mes années de collèges et de lycée (pas à ce point mais l'idée est là)!
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Rost · il y a
Visiblement Luc mes textes n’arrêtent pas de vous faire des effets. Merci d'avoir consacré du temps à les lire.
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Utilisateur désactivé · il y a
"L’individu en échec se crée alors une néo réalité." Le désespoir et l'abandon sont si bien synthétisés dans cette phrase! Un texte très fort, très émouvant, qui retourne les tripes et qui laisse entrevoir tous les dangers de cette solitude, de cette exclusion.
Bravo!

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Rost · il y a
Votre commentaire me touche LoloCecel, encore une fois merci !
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Dolotarasse · il y a
Echec après échec, il est très facile de tomber dans le désespoir. Et les jours se suivent et se ressemblent, sans aucun intérêt. Seul on ne peut pas tout résoudre. Vous décrivez bien le cheminement de la décadence d'une personne dans la solitude, le peu de fierté qui lui reste pour faire de la figuration dans les soirées avec ses copains. Je ne sais pas si c'est un manque de courage qui entraîne le manque d'initiative. Plutôt un cercle vicieux et un manque réel de soutien extérieur. Il en faut peu pour être heureux et il en faut peu pour tomber.
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Rost · il y a
Vous avez tout résumé Dolotarasse. En effet, la cause me semble d'origine interne et externe en même temps. Mais bon y'a tellement de variables ici, que je voulais pas m'attarder sur le sujet et sombrer dans une analyse "atomique".
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Christian Pluche · il y a
Belle mise en abîme !
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Rost · il y a
Merci à vous Christian.
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