Le centre du monde

il y a
3 min
9
lectures
2

La nuit, j'écris des histoires. La nuit, j'allume mon ordinateur et l'imagination m'emporte. La nuit, je plonge dans un autre monde et au matin, je rapporte des contes de mon exploration. La nuit  [+]

C'étaient deux garçons, fous amoureux l'un de l'autre, qui un instant, oublièrent l'univers.

Ils étaient assis sur un matelas et sans qu’ils ne soient responsables, l’écart entre eux s’était réduit, devenant presque inexistant. Damien eut une envie soudaine et il l’a laissa le submerger. Il autorisa sa main à quitter le matelas pour se poser sur son partenaire. Délicatement, il passa ses doigts dans ses cheveux longs. Thomas ferma les yeux, appréciant visiblement le contact. Celui aux lunettes se mordit soudain la lèvre, comme pour retenir un gémissement. Mais un son discret des plus exquis lui parvint quand même, ce qui eut pour conséquence d’amplifier la brûlure dans le bas ventre de Damien. L’adolescent arrêta son geste et Thomas ouvrit les paupières, ne comprenant pourquoi la caresse avait cessé.

S’en fut trop pour le plus grand, qui était là, immobile sur le coin de son matelas. À essayer de calmer le feu qui enflammait ses reins. À lutter contre son appétit vorace. À résister aux assauts de l’homme qu’il désirait. Qu’il désirait depuis des siècles.

Le plus petit était là, son visage à quelques millimètres du sien, sa peau de porcelaine paraissant aussi douce qu’un nuage, ses lèvres plus proches que jamais, leurs souffles se mélangeant, à le fixer d’un regard craintif, perdu, mais aussi débordant de luxure.

Et Damien perdit le contrôle.

Il fondit sur partenaire.

Il l’allongea sur le matelas et s’accrocha à ses lèvres. Ce ne fut d’abord qu’un baiser chaste, après tout, c’était tout leur premier.

Ce fut Damien, qui le premier, demanda à approfondir le baiser. Bientôt leurs langues se rencontrèrent. Elles dansèrent ensemble la plus effrénée des salsas et la plus douce des valses. Les mains de Damien se perdirent dans les cheveux de son partenaire, car bon dieu qu’ils étaient doux et qu’ils s’étaient bon. Alors que celles de Thomas s’accrochaient à la fois à sa nuque, son cou, sa joue, sa taille, ne sachant vraiment que faire de ses dix doigts.

Mais cela ne suffisait pas à Damien. Il lui en fallait plus.

Il serra alors encore un peu plus le petit contre lui. Il voulait le sentir encore et toujours plus proche. Mais il n’osa pas aller plus loin. Thomas se détacha un instant, Damien cru qu’il ne faisait que reprendre sa respiration alors il lassa ses lèvres entre-ouvertes, prêtes à accueillir dans la seconde ses jumelles. Mais l’autre adolescent ne vint pas raviver ses lèvres. À place, il fondit dans son cou, le couvrant de baiser. Alors que Damien s’apprêtait à lui demander d’arrêter puisque la sensation étrange ne lui plaisait guère, l’adolescent trouva la source du nirvana. Il avait trouvé le point sensible de Damien. Celui-ci aurait pu jurer qu’il avait senti le sourire de son acolyte contre sa peau. Celui à lunettes recommença, mordillant à nouveau le même coin de peau de sa nuque.

Cette fois, l’adolescent se retint pas. Il gémit.

Thomas ravi de sa découverte et se délectant des petits sons aigus que poussait son compagnon recommença. Encore et encore. Puis Thomas, menant la danse, s’habilla son partenaire. Puis celui-ci reprit ses esprits lorsqu’il réalisa qu’il ne lui portait plus qu’un boxer alors que son partenaire était encore tout habillé. Alors, il lui appliqua le même traitement. Un instant, il eut des doutes et se demanda si son partenaire ne désirait pas faire machine arrière, mais il fut surpris en relevant la tête, de retrouver son ami plus sûr que jamais, les yeux brûlants de stupre.

Leurs vêtements avaient plu dans la chambre, et le nuage qu’était leur lit les avaient fait monté au ciel, leur permettant d’atteindre le soleil.

Leurs corps en symbioses se frottaient sensuellement l’un contre l’autre, comme grisés de la sensation de leurs deux peaux s’effleurant. Ils étaient incapables de réfléchir, et laissent leur corps agir à leur place. Ils s’embrassaient, se léchaient, se mordillaient, se caressaient, se touchaient, se découvraient . Ils étaient incapables de faire une seule chose à la fois, alors leurs mains s’activaient à leur place. Ils n’étaient plus maîtres de leur mouvements, leur désir décidaient pour eux. Ils se contentaient d’être submergés par le plaisir qui en résultait.

Damien décrocha complètement de la réalité. Se noyant dans un océan de baisers et de caresses. Sombrant dans les bras de son amant. Goûtant la peau de porcelaine de ses lèvres. L’adolescent avait perdu pieds dans l’amour.

Il savait que de toute façon, il ne servait à plus rien de restreindre ses envies.

Il était trop tard.

Bien trop tard.

Et d’après les joues rosies de Thomas, ses cheveux en bataille et ses lunettes qui avaient volé on ne savait où dans la pièce libérant son regard dégoulinant de désir, Damien sut qu’ils étaient tous conscients de ce qu’il s’apprêtait à se produire et qu’ils le voulaient. L’un comme l’autre.

La nuit tomba tandis la musique menthe à l’eau laissa sa place à la mélodie de leurs gémissements, que la température de la pièce atteignit celle du soleil et que leurs corps s’unirent enfin.

Et alors que l’adolescent se sentit enfin à sa place lorsque vint le plaisir, il en la certitude: dans les bras de son amant, Damien venait de trouver son centre du monde.
2
2

Un petit mot pour l'auteur ? 2 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Sylvie Talant
Sylvie Talant · il y a
Un érotique entre deux eaux, un peu porno, un peu guimauve mais j'ai vraiment cru, à la lecture du texte, avant d'avoir vu le nom de l'auteur, qu'il s'agissait d'extraits du journal intime d'un adolescent et bravo pour cette élaboration du personnage. Ce n'est pas si facile de rendre crédible un personnage de fiction.
Image de Violette Baudelaire
Violette Baudelaire · il y a
Désolée pour le long temps de réponse, il faut dire que j'ai été beaucoup occupée ( phrase un peu étrange n'est ce pas ?) pendant le confinement... je me suis lancée dans l'écriture de mon second livre. Tout d'abord, je tiens à vous remercier pour ce commentaire, le premier et l'unique, sur cette histoire. J'avais déjà lu quelques histoires dans la catégorie "érotique" de short édition et j'avais voulu moi aussi tenter de me lancer dans l'aventure. Pari réussi visiblement ! Je suis contente que cette idée de scène érotique, mais plus imaginée que décrite vous ai plu. D'ailleurs, si vous le permettez, je vous piquerez l'expression " un peu porno, un peu guimauve" pour définir mon texte à l'avenir. je trouve que ça lui va comme un gant ! Et bien, je suis très heureuse d'avoir réussi à rendre mon personnage de fiction crédible ! Merci pour tous ses beaux compliments !

Vous aimerez aussi !

Très très courts

Le bâton du baryton

Benoit Gautier

Hey Joe, te souviens-tu du film de Woody Allen La Rose pourpre du Caire ?... Les personnages traversent la toile et le cinéma envahit la vie. Telle ta voix chaude de baryton qui imbibait le... [+]


Très très courts

Brûler

Mikaël Lumière

Un fauteuil club au côté du lit. Légèrement enfoncé, une jambe par-dessus l’accoudoir, la chemise déboutonnée aux manches relevées ; au poignet, l’heure qui n’a plus d’intérêt, et... [+]