Le camion

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JCJR parce que ce sont mes initiales. Mon stylo court sur le papier,ayant parfois une vie propre et je ne sais pas toujours où il peut m'emmener...bonne lecture. Jean-Claude.  [+]

Image de 2018
C’était un beau camion, un de ces engins taillés pour la route ne semblant redouter aucune piste. Capable de transporter du fret, il avait embarqué des tonnes de sentiments, d’émotions et de sensations bien arrimées par des années d’expérience. Le moteur ronronnait, la piste était belle et le temps idéal. Le véhicule avalait la route, tout était pour le mieux. Chaque étape renforçait sa cargaison de nouvelles sensations. Mais le temps changea, le ciel s’obscurcit par des nuages de contretemps et l’orage se mit à déferler. Le camion affronta les éléments, balloté dans la boue et glissant dans les ornières. Un trou plus profond le secoua violemment et désarrima la cargaison. Les sensations lâchèrent et prirent une place bien plus importante, bousculant les émotions dans une gerbe de sentiments contradictoires. Dans une montée envahie d’eau, les roues se mirent à patiner et le camion ne put s’extraire de la boue. Il fallut tout arrêter, inspecter les dégâts et tenter de s’en sortir. La cargaison avait souffert et était sans dessus dessous. Le ré-arrimage prendrait du temps, mais tout seul impossible à réaliser. La nuit tomba avec cette impression de ne pas savoir le temps qu’elle pouvait durer. Au milieu de la nuit brillèrent des phares, puis d’autres et encore d’autres, qui s’arrêtèrent tous à mes côtés. Je n’étais plus seul et des tas de gens m’aidèrent à recaler le fret, rangeant les peurs avec les angoisses, les émotions avec les sentiments. Ce travail prit du temps, mais on y arriva petit à petit. Restait à repartir : les gens poussaient, les roues patinaient, le moteur grognait, puis une pierre servit d’accrochage, le camion sortit de l’ornière et commença à reprendre la côte tout doucement. Je klaxonnais bruyamment pour remercier tous ceux qui m’avaient aidé, car sans eux, je n’y serais jamais arrivé. Mais le principal était là, le camion avançait.
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