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Le bureau de mon père

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L'Ecclésiaste

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Explications :
Un coma de presque 3 semaines, gueule cassée, amnésie de certains souvenirs : il suffit parfois d’un objet, une chanson, un parfum pour que certains souvenirs refassent surface. Je les interprète comme des tiroirs dans mon esprit.

***

Rideaux presque toujours fermés, cuir Chesterfield dans un coin de cette pièce rectangulaire.
 
Une vitrine remplie d'objets rapportés de ses nombreux voyages : là une pipe à opium, ici une timbale joliment ornée dont les motifs semblaient rehaussés à l'or fin, là encore un couple d'éléphants d'Indochine, et encore des vases de Chine, des miniatures, un masque africain...
 
Un bureau également rectangulaire, fait par un artisan, sans prétentions mais d'essence noble.
Un sous-main en cuir, un tiroir à droite.
Un fauteuil club de cuir vert, toujours légèrement décalé vers la gauche, dans l'attente...
 
Je n'y allais jamais, quand il y était.
J'y allais parfois, lorsqu'il était absent.
Humer l'odeur de Camel qui emplissait ce lieu.
 
Les 2 murs opposés étaient remplis de livres : livres anciens, livres grecs, latins, français, poésie anglaise, française, américaine, Zola côtoyait Hemingway, Baudelaire une encyclopédie médicale reliée de cuir.
 
Des murs nus, sinon, un tableau, une photo noir et blanc, pour le reste.
 
C'était une pièce paisible, à l'écart dans notre maison familiale et ancestrale.
 
Elle donnait directement sur le jardin, les roses exhalaient leurs parfums quand, parfois, la porte-fenêtre était ouverte.
 
J’avais presque 17 ans, j'y passais mes mercredis, j'y étais tranquille. Je lisais et relisais mes classiques, apprenais la médecine, les sciences de la terre, le cosmos dans ces ouvrages d'un autre temps. 
 
Un après-midi j'y avais amené Sibylle. J'étais allé lui chercher une citronnade fraîche pendant qu'elle était penchée sur le bureau, à feuilleter un livre de toute beauté sur la construction des sloops anglais et américains. La pièce était juste éclairée d'une lumière rampante faite de soleil, voilée ; je ne voyais que ses cuisses juvéniles, que rehaussait à peine une mini-jupe qui, dans mon souvenir, avait des motifs de tartan écossais. Un chemisier blanc, une ombre de soutien-gorge de même couleur, une chair qui me semblait délicieuse.
 
Je me suis approché. L'instant d'après, j'avais posé une main, la droite sur le haut de sa cuisse droite et remonté doucement jusque l'élastique de sa petite culotte de coton blanc. 
 
Le pouce écartant doucement ce maigre rempart, pour pouvoir poser mes doigts sur son mont de Vénus. La main gauche, remontait doucement et finement son dos, son flanc, pour s'égarer sur son sein.
 
Je la sentais se cambrer. Je me sentais devenir dur comme du bois d'ébène. 
 
Son téton durci glissant entre mon pouce et l'index, je le faisais rouler, à peine gentiment, juste pour l'entendre feuler de contentement, de mécontentement, que je sois si long à l'investir.
 
Mon jean délavé au bas des jambes, ma virilité entre ses lèvres, ses cuisses écartées, mon gland tapait doucement le rebord en bois du bureau, et ce faisant, se créait un chemin entre ses si tendres lèvres.
 
Une main sur sa hanche, l'autre tenant son flanc, d'un coup, presque d'un seul, l'envahir, et laisser les étoiles éblouir mon regard, embraser mon esprit.
 
Animal.
 
Coups de hanches, mes mains brûlantes sur ses mains moites en appui sur le sous-main de cuir de mon paternel.
 
Coups de hanches, toujours plus profondément dans son ventre ; coups de manche, toujours plus passionnément entre ses cuisses
 
Jusqu'à enfin, dans un long sursaut, presque en nous abandonnant à regrets, la saillir jusqu'à défaillir.

***

Samedi, je traînais dans le grenier.
Samedi, j'ai ouvert un vieux carton.
À l'intérieur se trouvait le sous-main de mon père.
 
Griffé.
 
Un tiroir s'est ouvert.

PRIX

Image de Hiver 2019
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Artvic · il y a
La mémoire semble être revenue! Bravo à vous !
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Joël Riou · il y a
Texte d'un érotisme torride au parfum d'interdit, et cette signature de l'acte sur le sous-main - le bien nommé -, qui l' authentifie, bien des années plus tard.
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L'Ecclésiaste · il y a
Compliqués les souvenirs quand on perd une partie de sa mémoire : est-ce un rêve ? ou une imagination ? On devient comme Saint-Thomas...
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Jigé · il y a
On est sérieux quand on a 17 ans eu un sous-main...
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L'Ecclésiaste · il y a
Sourire. Très sérieux, surtout dans le bureau du paternel.
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Th. de Saint-Val · il y a
L'Ecclésiaste ? Nom de dieu !
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L'Ecclésiaste · il y a
Pourquoi invoquer le Très haut ?
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Th. de Saint-Val · il y a
Parce que, peut-être :
"Qui peut saisir l’objet que le lointain dérobe ? 
/ Qui peut toucher le fond de l’abîme sans fond ?"
Et que, bien "dérobée", elle le fut et l'abîme exploré.
Parce que, peut-être aussi : "Qui sur le vent trop délibère
 / Perd le moment d’ensemencer  / 
Qui toujours le ciel considère / 
Manque l’heure de moissonner. "
Et que, bien "ensemencée" elle fut. Et que l'heure ne fut point manquée.
Parce que, encore : "Qui peut redresser
 / Ce qu’il a fait courbe ? "
Et qu'à l'évidence, elle le redressa.
Alors : "Quand aux accords charmants des notes virginales / Succède le repos du désenchantement", manifestement, j'en conviens, ce ne fut pas le cas !

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L'Ecclésiaste · il y a
"Rien de nouveau sous le soleil"
Paroles de l'Ecclésiaste - livre de la Bible hébraïque

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Chateaubriante · il y a
combien de tiroirs, encore fermés, dans ce grenier ?
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L'Ecclésiaste · il y a
Beaucoup et peu. Certaines clés sont cassées, à jamais peut-être d'autre parfois il faut crocheter les serrures. C'est ainsi. Merci de votre passage
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Marcel Prout · il y a
Bravo pour ce texte à lire d'une seule main !
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L'Ecclésiaste · il y a
Sourire
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Daniel Grygiel Swistak · il y a
Souvenirs, bien raconté, j'ai aimé je vote, voir si vous avez le temps " L'IMAGE " sur mon site, merci
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L'Ecclésiaste · il y a
Merci
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Haïtam · il y a
Un tiroir sensuel s'est ouvert. Un très beau texte.
Si vous avez un instant pour découvrir mon poème Seul dans la foule, bienvenue!
https://short-edition.com/fr/oeuvre/poetik/seul-dans-la-foule

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L'Ecclésiaste · il y a
Merci
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JARON · il y a
Bonsoir l'Ecclesiaste; un très beau moment de poésie avec une sensualité d'un immense délicatesse, des mots savamment choisis pour nous plonger dans l'érotisme de la scène, la pénombre du bureau, la lumière rampante qui éclaire juste où il faut, le désir difficilement contenu, des tiroirs qui s'ouvrent sur des souvenirs magiques. Mes 4 voix sans hésiter. Si vus avez 2 petites minutes, mon poème "un matin avec toi" pourrait vous plaire pour sa sensualité. En attendant belle soirée à vous. Jacques.
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L'Ecclésiaste · il y a
Merci. Je découvre le fonctionnement du site, et je n'en suis pas familier. Pardon pour ma lenteur de réaction.
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Jeanne · il y a
Et l’on retrouve Sybille, le temps d’avant... l’accident, la fuite en avant. J’aime beaucoup le titre, un lieu privé au goût d’interdit, le décor cosy, l’ambiance feutrée, la lumière tamisée, l’odeur du tabac et du cuir mélangés, les objets, souvenirs de voyage qui trônent dans la vitrine, l’image du tiroir, du sous-main griffé qui renvoie aux émois du passé, moins le terme saillir qui à mes yeux renvoie à l’union d’un étalon et une jument, d’un taureau qui rue, d’un éléphant qui trompe énormément ou tout autre animal mû par son instinct de vie, animé par ses pulsions, il est vrai que Chassez le naturel, il revient au galop, si je peux dire ainsi, sans malice aucune ou si peu :-), me permettre ce trait d’humour.
Si faillir rime avec défaillir, saillir rime avec tressaillir, il y a tant de mots, de verbes, tant de suggestions, de nuances sensuelles pour décrire un trait-d’union, une relation, une fusion, un acte d’amour…. que ce soit de 17 à 77 ans. Ceci dit et cependant dans le feu de l’action, la confusion de l’esprit, le flou de la mémoire, la fougue de la jeunesse, on dira que la plume a fourché, on n’y a vu que du feu, n’est-ce pas aujourd’hui jeudi le jour des amoureux !
Un instant de vie empli de poésie, de tendresse, une histoire empreinte d’émotions. Une suite peut-être… il y a tant de tiroirs à ouvrir au secrétaire de la mémoire de cœur qui fait appel aux sens, aux souvenirs, aux réminiscences d’une image, d’un visage, d’un parfum, d’un toucher, d’un son, d’un instant prégnant, d’une émotion forte. Belle chance L'ecclésiaste pour la suite des événements et puis bienvenue sur S. Éditions.

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L'Ecclésiaste · il y a
Merci douce Jeanne, et également pour tes conseils avisés
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Jeanne · il y a
Simple suggestion : pour que ce texte concourant soit plus visible, accessible aux auteur(e)s, mettez-le A la une en cliquant sur le carré orange " Mettre en avant ". Belle soirée et à tantôt.
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L'Ecclésiaste · il y a
Je n'ai pas ce carré orange...
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Jeanne · il y a
Pas de carré ni de rectangle... non sur votre page ouverte mais sur votre page d’accueil ou page généraliste... c’est bizarre, sur les pages libres s’affichent un carré et un rectangle orange : Modifier et Mettre en avant et sur les pages, votre page concourante vous devriez avoir le rectangle orange Mettre en avant.
Le cas échéant, vous pouvez toujours remonter, rehausser Le bureau en utilisant les flèches montantes (et/ou descendantes) situées à gauche de chaque page, de couleur bleue, verte ou jaune selon la catégorie.

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L'Ecclésiaste · il y a
oui bon je ne vois pas, j'ai peut-être pas assez de points (rires) et pour te dire je m'en moque, j'ai juste publié pour savoir ce que je valais en écriture, je m'en tape un peu d'avoir un prix - c'est pas ça qui me fera vivre.
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Jeanne · il y a
Pas assez de points sur le permis... d’entrer dans le carré VIP. :-) C’est sans souci, SE a une préférence pour les textes de qualité aux petits scores et puis un détecteur de passage pour les auteurs qui rasent les murs.
En vivre non mais obtenir un prix, tout du moins une recommandation permet d’être lu par des milliers de yeux indiscrets, d'avoir son rouleau de papier enrubanné distribué dans les bornes oranges en France et à l’étranger, tenu dans des milliers de mains masculines ou féminines en attente d’un bus, d’un train, d’un avion, pour qui veut rester un illustre inconnu, rester incognito c’est raté.

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L'Ecclésiaste · il y a
Si si j'y arriverai... La grande muette m'a bien formé, I am a shadow....
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Jeanne · il y a
... I am a shadow, a spirit, just a ghost of the night. Sweet nigth.
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L'Ecclésiaste · il y a
C'est tout à fait ça... Juste peut-être laisser une trace de moi avant l'anéantissement

Sinon j'ai trouvé le carré orange "mettre en avant" en fait je peux le faire pour tous les textes donc j'ai tous mes points, hourra ! En fait il faut aller sur "Profil" j'avais même pas vu cette option, je m'y perds dans ce site... j'ai découvert hier soir qu'il y avait un forum, assez fouillis d'ailleurs comme tous les forums qui se respectent

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