Le bureau de mon père

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L'Ecclésiaste montre l'expérience de celui qui, gardant la sagesse afin de pouvoir en juger, fait l'essai de tout ce qu'il peut supposer propre à le rendre heureux par la jouissance de toutes les  [+]

Image de Hiver 2019

Explications :
Un coma de presque 3 semaines, gueule cassée, amnésie de certains souvenirs : il suffit parfois d’un objet, une chanson, un parfum pour que certains souvenirs refassent surface. Je les interprète comme des tiroirs dans mon esprit.

***

Rideaux presque toujours fermés, cuir Chesterfield dans un coin de cette pièce rectangulaire.
 
Une vitrine remplie d'objets rapportés de ses nombreux voyages : là une pipe à opium, ici une timbale joliment ornée dont les motifs semblaient rehaussés à l'or fin, là encore un couple d'éléphants d'Indochine, et encore des vases de Chine, des miniatures, un masque africain...
 
Un bureau également rectangulaire, fait par un artisan, sans prétentions mais d'essence noble.
Un sous-main en cuir, un tiroir à droite.
Un fauteuil club de cuir vert, toujours légèrement décalé vers la gauche, dans l'attente...
 
Je n'y allais jamais, quand il y était.
J'y allais parfois, lorsqu'il était absent.
Humer l'odeur de Camel qui emplissait ce lieu.
 
Les 2 murs opposés étaient remplis de livres : livres anciens, livres grecs, latins, français, poésie anglaise, française, américaine, Zola côtoyait Hemingway, Baudelaire une encyclopédie médicale reliée de cuir.
 
Des murs nus, sinon, un tableau, une photo noir et blanc, pour le reste.
 
C'était une pièce paisible, à l'écart dans notre maison familiale et ancestrale.
 
Elle donnait directement sur le jardin, les roses exhalaient leurs parfums quand, parfois, la porte-fenêtre était ouverte.
 
J’avais presque 17 ans, j'y passais mes mercredis, j'y étais tranquille. Je lisais et relisais mes classiques, apprenais la médecine, les sciences de la terre, le cosmos dans ces ouvrages d'un autre temps. 
 
Un après-midi j'y avais amené Sibylle. J'étais allé lui chercher une citronnade fraîche pendant qu'elle était penchée sur le bureau, à feuilleter un livre de toute beauté sur la construction des sloops anglais et américains. La pièce était juste éclairée d'une lumière rampante faite de soleil, voilée ; je ne voyais que ses cuisses juvéniles, que rehaussait à peine une mini-jupe qui, dans mon souvenir, avait des motifs de tartan écossais. Un chemisier blanc, une ombre de soutien-gorge de même couleur, une chair qui me semblait délicieuse.
 
Je me suis approché. L'instant d'après, j'avais posé une main, la droite sur le haut de sa cuisse droite et remonté doucement jusque l'élastique de sa petite culotte de coton blanc. 
 
Le pouce écartant doucement ce maigre rempart, pour pouvoir poser mes doigts sur son mont de Vénus. La main gauche, remontait doucement et finement son dos, son flanc, pour s'égarer sur son sein.
 
Je la sentais se cambrer. Je me sentais devenir dur comme du bois d'ébène. 
 
Son téton durci glissant entre mon pouce et l'index, je le faisais rouler, à peine gentiment, juste pour l'entendre feuler de contentement, de mécontentement, que je sois si long à l'investir.
 
Mon jean délavé au bas des jambes, ma virilité entre ses lèvres, ses cuisses écartées, mon gland tapait doucement le rebord en bois du bureau, et ce faisant, se créait un chemin entre ses si tendres lèvres.
 
Une main sur sa hanche, l'autre tenant son flanc, d'un coup, presque d'un seul, l'envahir, et laisser les étoiles éblouir mon regard, embraser mon esprit.
 
Animal.
 
Coups de hanches, mes mains brûlantes sur ses mains moites en appui sur le sous-main de cuir de mon paternel.
 
Coups de hanches, toujours plus profondément dans son ventre ; coups de manche, toujours plus passionnément entre ses cuisses
 
Jusqu'à enfin, dans un long sursaut, presque en nous abandonnant à regrets, la saillir jusqu'à défaillir.

***

Samedi, je traînais dans le grenier.
Samedi, j'ai ouvert un vieux carton.
À l'intérieur se trouvait le sous-main de mon père.
 
Griffé.
 
Un tiroir s'est ouvert.

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