Le brouillard

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JCJR parce que ce sont mes initiales. Mon stylo court sur le papier,ayant parfois une vie propre et je ne sais pas toujours où il peut m'emmener...bonne lecture. Jean-Claude.  [+]

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C’était un de ces matins sombres, où l’humidité restait en suspension dans l’air, générant un brouillard floconneux et dense. Les berges étaient envahies et les becs de gaz accrochés aux docks scintillaient de leurs lueurs blafardes. Les odeurs du fleuve envahissaient les bateaux, s’agitant sur les eaux noires. Une lugubre plainte sifflait dans leurs drisses le désespoir humain, qui avait renoncé et s’était assoupi. Ici et là, des ombres passaient, animaux ou hommes, fuyant l’atmosphère irréelle, hantée par les cris des corbeaux. Fluettes et hésitantes, elles longeaient les murs de pierre en se courant après, débusquant les intrus, qui venaient dans leur monde. La lune s’était retirée dans des nuages grimaçants et les étoiles s’éteignaient les unes après les autres, se laissant pénétrer de cette obscurité. C’était l’heure des feux follets, ces petits organismes entre démons et lucioles, qui surgissaient de partout et se rassemblaient avant d’aller envahir la ville. Elles avaient envahi les quais. Les créatures de la nuit obéissaient à une organisation très hiérarchisée avec le moment des démons suivant leur niveau, celui des lucioles très agressives et enfin celui des feux follets. Tout ce petit monde errait en se jetant des sorts, organisant la vie de la nuit et les rêves des humains. Les rêves, dites-vous ? Pas seulement ! Il s’agit bien d’un royaume intermédiaire, inaccessible aux hommes, si ce n’est par l’effet des sorts qui leur sont jetés. Ainsi allaient les nuits de la cité, baignées dans le brouillard et rythmées par la sarabande des créatures intemporelles. Seuls les animaux les ressentaient et réagissaient à leurs présences : l’un par ses hennissements, l’autre par des cris aigus. Les chats noirs se terraient, les chouettes hululaient et les chauves-souris geignaient. Le point d’orgue avait lieu le matin, où tous sortaient en même temps, dans un carnaval maléfique, occasionnant parfois quelques petits problèmes. Il arriva qu’un démon de dernière catégorie et particulièrement maladroit arrache au cours de ses virevoltes le coq surplombant l’église. Ce serait le seul dégât constaté le lendemain... pour cause de vent. Les derniers morceaux de nuit s’effilochèrent, attaqués par une aube timide, qui commença à réchauffer les pierres de la cité. Le brouillard se dissipa progressivement et toutes les créatures réintégrèrent leurs domiciles, laissant les animaux, enfin se reposer. Ce fut, en fin de compte, une nuit on ne peut plus normale.
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