- Le bout du chemin -

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« À tous les lecteurs qui, malgré l’attrait de la télévision, d’Internet, des disputes de familles, des jeux vidéos, du sport, des boîtes de nuit, du sommeil, ont trouvé quelques heures  [+]

Au tournant d'un chemin blanc, émergeait des halliers une ombre brune trop longtemps prise pour un mince tronc. L'erreur de l'incertitude planait autour de moi et entrait ensuite au fond de mes pensées troublées, se gravant une place toujours plus grande à la pointe d'une griffe assurée. J'avançais toujours, et pourtant... mon corps se raidissait, mes dents se serraient, mes yeux s'enfonçaient, mes épaules remontaient, aiguës comme deux cimes de montagnes ceignant ma folle tête enfoncée et arrimée à un cou durci, donjon de la peur. Mon dos était une carapace de pierre, un lourd fardeau qui semblait accuser des siècles de labeur. Mon cœur s'était éteint et rien de plus n'existait alors... Or, je vivais... n'est-ce pas ? Vivais-je ? Étais-je encore de ce monde que je croyais s'en être allé au loin, caché, enfuit de la menace devant moi ? Mes jambes, elles, répondaient à un ordre venu d'ailleurs...me menant à lui, cet autre qui avait tant de pouvoir sur moi. Je craignais alors le destin vers qui j'allais, au bout du chemin devenu pâle, tacheté d'ombres bleues, grises et noires. Peu à peu, un froid inattendu saisissait les alentours dans lesquels je me confondais. L'ombre des arbres au tournant s'étalait et j'étais tout entier dans son empire. Je n'étais bientôt plus... plus qu'une ombre dans l'ombre, rien de plus, plus rien.
Prisonnier de la frondaison, je n'avais plus de regard que pour la silhouette déchirée me faisant désormais face. Le spectre sylvestre n'avait rien de commun avec tout ce que je pus voir de ma vie entière. Il n'avait pas de membres distinguables, pas même de visage, non, pas le moindre trait, rien qui pouvait trahir quelconque humanité, pas même ceux d'une bête sauvage. Rien de clair ne se présentait à mes yeux, tous mes sens étaient soumis à l'effroyable.
Mon émoi était au plus haut quand enfin la fatalité se fit évidence.
Le chemin emprunté s'arrêtait là, il n'avait aucune issue, c'était le bout du chemin, ma fin.
Mon tourment s'enfonçait maintenant dans le bois obscur. Tout était corrompu et, mon corps rompu, j'étais de cet au-delà.
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Ginette Flora Amouma · il y a
Une écriture lyrique capable de plaquer des accords audacieux .