La voisine de palier

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Midi, je suis seule devant mon assiette. La télé me défile des images que je ne regarde pas. Un bruit attire mon attention, dans l’appartement collé au mien. J’avais oublié que dans certains immeubles les murs étaient fins comme du papier à cigarettes. Je ne distingue pas tout mais je sais que ma voisine n’est pas seule. C’est une nouvelle locataire qui faisait déjà beaucoup parler d’elle à son arrivée. Belle blonde, Cheveux ondulés, regard aguicheur, décolleté provocateur, elle a déjà beaucoup d’ennemies dans cet immeuble. Les femmes la détestent depuis ce samedi où elle a emménagé. Le trentenaire du troisième passe son temps à lui reluquer son décolleté mis si bien en valeur. Le sexagénaire du premier avait amusé sa femme en mâtant son cul. Elle s’en amusait, sachant que Monsieur serait un peu excité et que malgré les années ils feraient une fois de plus l’amour. Les années n’ont pas d’emprise sur leur tendresse et leur amour après avoir passé quarante-sept années ensembles, cote à cote... Ces petites incartades n’ont fait que renforcer leur couple durant des années. Madame se contentait de prendre le plaisir que son homme, amant, ami, lui offrait à son retour d’une bonne journée de travail. Le quinquagénaire du troisième n’aura pas la même chance. Sa femme avait très mal pris que son attention soit attirée par cette jeune femme provocatrice. Trop belle à ces yeux, elle l’avait déjà mise en garde de se tenir à l’écart de son mari. Elle ne lui ferait pas de cadeau et ne la laisserait pas mettre le bazar dans la vie de quiconque dans cet immeuble où tout allait bien avant son arrivée, où chacun menait une vie paisible.
Elle rentre tard tous les soirs. Elle est serveuse dans un bar et rentre souvent accompagnée. Un homme différent à chaque fois, surement des clients qui attendent patiemment qu’elle ait fini son service. Cela ne passe pas inaperçu dans une petite ville comme la nôtre où chacun espionne les aller venues de chacun. Un besoin malsain de tout savoir sur l’autre et de contrôler sa vie, ses habitudes, comme pour donner de l’importance à sa propre existence tant elle est banale.
Aujourd’hui elle était de repos. Enfin c’est ce que je croyais avant de voir mon tableau bouger au mur et d’entendre tous ces gémissements de plaisir. Cela me fait sourire, et j’attends le moment où elle va laisser exploser ses cris d’extase qui feront rêver tous ces hommes qu’elle excite même lorsque ces messieurs baisent leurs femmes ou bien ces compagnes éphémères que certains tentent de cacher aux yeux de leurs voisins trop indiscrets. Chacun mène la vie qu’il veut mais je me délecte de les surprendre une femme différente à chaque fois, de les gêner avec un regard insistant jusqu’à ce qu’il soit vraiment mal à l’aise en regagnant leur appartement. La cage d’escalier est étroite et j’aime sentir leur respiration saccadée lorsqu’on se croise entre 2 paliers, la poitrine gonflée et haute comme pour les dominer le temps de quelques secondes. Elle, elle est libérée. Rien ne la fait rougir, rien ne la gêne. Elle reste toujours la tête haute, fière, dominatrice, maitresse et provocatrice... c’est ce qui plait tant à tous ces hommes.
Je regarde ce tableau qui semble pris de secousses... Ce n’est pourtant pas lui qui est pris de secousses, mais bel et bien ma voisine. Qui est-il ? Est-il marié ? En tout cas, elle n’a pas l’air de s’ennuyer. Je les entends suffisamment clairement pour savoir qu’elle est très épanouie en ce moment. Les secousses sont tantôt rapides, très sauvages, tantôt lentes, très sensuelles. De l’autre côté du mur c’est comme si j’étais avec eux dans cette chambre... C’est comme s’ils m’invitaient à les rejoindre... Lui, je l’entends, quelques mots crus qui doivent certainement l’exciter encore plus, et des claquements qui lui tirent des petits cris d’extases. Elle, très en jouissance, je l’entends gémir de plus en plus fort. Et le bouquet final, ils finissent tous les deux dans un râle d’extase et de plénitude... Deux minutes plus tard, la porte claque et j’entends son pas se hâter dans la cage d’escaliers. Il rejoint certainement sa petite vie de famille si parfaite.
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