La veine de l'écrivain

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Elle s’est assise à son bureau et a pris la plume pour écrire. Elle a senti ce besoin intense de faire couler l’encre sur le papier et de former des lettres, des mots, ceux qui étranglent sa gorge et nouent sa voix, ceux qu’aucun cri ne peut expulser. Alors, elle écrit et vide son cœur. Les phrases s’étirent guidées par les lignes, d’une écriture lâche et fluide, et ruissellent sur les pages qui se colorent en pleins et en déliés. Le temps passe et ses doigts de plus en plus pâles s’accrochent au stylo. Elle écrit que le soleil du printemps l’aveugle, que l’été qui se dessine ne la réjouit pas et que la lumière ne peut plus la porter à cause du poids au fond de ses entrailles qui pèse sur ses jambes, la retient au sol, la fait fléchir et bientôt s’allonger. Elle sait que le temps coule aussi entre les lignes, que son corps s’engourdit et l’entraîne dans son abandon.
L’encre épuisée, le stylo tombe de ses doigts sur un mot inachevé. Sa tête repose sur le bureau comme une page blanche posée sur le récit de sa vie, les maux de son cœur, rouge... sang.
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