La solitude de l'humoriste.

il y a
1 min
97
lectures
14

Je suis venu à l'écriture très (très) tard, grâce à un forum sur le web, où j'ai rencontré des amis m'ayant encouragé à continuer à déconner. Je ne savais pas que c'était là mon univers  [+]

Ou de celui qui se veut tel, ou bien voudrait l’être
La quête est longue et fastidieuse. Vous savez ce que c'est, lorsqu'à la suite de quelques phrases habilement agencées et quelques idées saugrenues subtilement distillées, le lecteur se tapera sur les cuisses en se roulant par terre dans un éclat de rire, il pensera que la cause de son hilarité est venue tout naturellement chez l’auteur, alors qu'elle n'aura été qu'un long accouchement douloureux. Et nous sommes seul, désespérement seul à savoir combien il nous aura fallu souffrir pour avoir réussi à dérider des fronts soucieux et décrocher quelques zygomatiques qui nous auront oublié dans quelques minutes...Bien fou celui qui croit que la gratitude pourrait être un sentiment qui envahirait le cœur de nos lecteurs, reconnaissants d’avoir pu, ne serait-ce qu’un instant repousser les innombrables soucis qui l’assaillent, et les innombrables problèmes qu’il désespère pouvoir résoudre un jour. Cette gratitude pourtant ne serait que l’éclat subreptice qui aurait néanmoins le pouvoir d’éclairer les épaisses ténèbres dans lesquelles se débat obstinément le rigolo de service, éternellement enchaîné à un éclat de rire qui a tellement de difficultés à franchir les lèvres gercées d’un malheureux humain qui voit autour de lui si peu de raisons de se bidonner ni même d’esquisser une poilade salvatrice qui pourrait pourtant l’éloigner d’un univers terriblement anxiogène qui lui laisse si peu de temps pour régénérer la partie positive de son cerveau, partie positive qui pourrait entraîner l’ensemble de la carcasse décrépite vers un mieux-être simple, la susdite carcasse n’ayant pas plus d’ambition que ça, et qui se contenterait volontiers d’une harmonie universelle, débarrassée des scories grinçantes de nos colères inefficaces, ou bien des explosions intempestives de nos méchancetés assassines. Alors ? Pourquoi ne pas espérer ? Quand tant de naïfs indécrottables croient encore au pouvoir de ce qui peut nous unir dans la bonne humeur, quand ces naïfs ont pourtant tant de raisons de ne rien espérer de la vie qui leur a été cruelle ou injuste, mais qui savent que le bonheur existe, l’amour et l’amitié aussi. Ce n’est pas rigolo ce que je dis ? Tant pis, rigolons quand même, nous avons ce pouvoir, utilisons le sans retenue, laissons ricaner ceux qui ne savent plus ce que rire veut dire...
14

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,