La porte

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Vous êtes vous déjà délecté de la putréfaction ?
Ce parfum fétide, ces colonies de petits vers dévorant vos croûtes et tissus, cette couleur verdâtre qui gagne votre surface corporelle... Ces mouches attirées par le festin, ces araignées y trouvant ripaille. Des membres raidis par la froideur cadavérique vous rappelant votre présente condition. L’obscurité radieuse et silencieuse du néant. L’abstraction d’une présence impalpable et néanmoins ressentie. Le réveil d’une réalité pressentie et inconnue. Vous y êtes non encore conscient...
Les dimensions parallèles au phénomène du vivant vous apparaissent peu à peu désormais. Vous m’avez bravé, raillé parfois, et même ridiculisé en dérision ou relativisé par une toute puissance relative. Le temps est mon affaire, il m’appartient, vous ne le savez que trop peu, trompés que vous êtes d’une illusion altérable. N’ayez crainte, nous nous rencontrerons, bientôt.
Halloween est une fête, vous vous réjouissez des immondices, des fantasmes monstrueux pour mieux sublimer votre terreur, votre finitude certaine. Certaine ! Je vous attends sans impatience. Vous viendrez à moi aussi sûrement que demain le jour se lèvera... Et vous serez absent à l’appel du grand docteur. Déjà il m’aura confié votre destinée et à ma merci vous serez éternellement.
Bienvenue Cher vous !
Oubliez d’ores et déjà votre vécu, ici, il ne compte que si peu. Vous vous êtes tellement mépris ! Votre enfer est d’être né.
Je me régale en vous observant, je connais l’après et peut ainsi mesurer l’insignifiance de vos actes et pensées... Sans aucune conséquence, vous m’appartenez, ceci est un fait. Vous servez l’univers et les vers s’unissent pour mieux vous dévorez. Le recyclage est mon affaire, vous n’êtes que matière première. Gargouilles et démons, mythes et légendes, comtes et fabulations, jamais ne pourront vous prémunir de l’inexorable extinction, de la pourriture de votre dépouille. Je m’en réjouis, elle me nourrit tellement ! Alléluia !
Incontournable, JE SUIS ! Aussi sûrement que vous croyez être, mais je suis absolu et vous n’êtes que mortel. Pauvres enfants, vous me réjouissez par crédulité, infécondes ambitions et piètres croyances.
Prenez plaisir à vous effrayer, à ambitionner de gagner un concours d’écriture de la mort, à vous efforcer de dresser le poil d’un lecteur gobeur... Jamais vous n’atteindrez mon excellence, jamais vous ne créerez l’ultime frisson, jamais vous ne m’égalerez. Vous n’êtes sans façons pourvus. Evoquez l’effroi, le dépeçage, la mutilation, le démembrement, l’inacceptable et plus encore, jamais... JAMAIS... Vous n’égalerez mon œuvre. J’ai le naturel pouvoir de dissoudre la mémoire de votre propre existence. L’inconsistance d’une illusion. Une individuelle identité déjà happée par l’incommensurabilité d’une réalité subtile incompréhensible du commun.
Alors riez, oui je vous en prie, riez à gorge déployée cher vous, votre plaisir me comble d’un insatiable appétit de mort. Le temps de vous réjouir vous rapprochant à chaque expiration de notre réunion, je vous espère au trépas.
Pensez à vos proches, vous les aimez, leur heure viendra soyez rassuré, je ne suis ni raciste, ni formel, l’âge, le genre, la causalité, tout cela m’indiffère... La disparition, l’extinction, la finitude...La raison... Pff, vieillesse, accident, maladie, improbabilité, justice et même suicide, tout me va, le passage m’importe, c’est ma raison d’être, maintenant, demain, la semaine prochaine, quelle importance... Le bon moment est celui où je me trouve pour accueillir. C’est mon rôle, ma fonction, mon ministère.

Oubliez le Styx et la pièce d’or, j’en plaisante avec mon chien Fidel, comprenez juste que vous êtes aujourd’hui dès lors attendus, alors courage et franchissez LA PORTE...

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