La plage

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Bercé par une douce chaleur, une brise agréable me caresse tendrement le front alors que je me réveille, ivre du contact rafraîchissant de l’eau avec mes pieds engourdis. Allongé sur le sable blanc, je sens les vaguelettes ruisseler le long de mes membres immobiles, et j’ouvre les yeux sur un ciel azur dont les teintes harmonieuses se confondent parmi les quelques nuages argentés qui le parsèment. Derrière moi, les palmiers bercés par le vent ondulent lentement, au rythme des flots qui soupirent en échouant sur la plage paisible.
Plus loin, j’aperçois un promontoire rocheux qui se hisse au-dessus de la mer et surplombe l’immensité infinie des vagues, qui se fracassent périodiquement contre ses flancs en soulevant d’éparses volutes de gouttelettes.
Je crois distinguer, perchée en son extrémité, une silhouette féminine aux contours flous qui fait face à l’océan, immobile. Est-ce un mirage ?
Je me mets à courir en sa direction ; les vaguelettes, qui s’élancent sur la plage et se retirent dans un ballet incessant, rafraîchissent à chacune de mes foulées la plante de mes pieds tiédis par le sable chaud. Alors que je me rapproche de la saillie enfoncée dans les flots, les formes confuses de la jeune femme se font de plus en plus nettes, et je distingue maintenant les plis de sa robe qui flottent au vent, ainsi que ses cheveux qui ondoient comme des épis de blé sous les bourrasques insistantes. Tournée vers la mer, elle contemple les étendues qui se perdent à l’horizon dans un soleil éblouissant.
Je m’approche et l’appelle ; ma voix est masquée par le rugissement des vagues qui bondissent contre les rochers, et elle reste imperturbablement absorbée par la danse des torrents tumultueux. Je prononce son nom :
— Mathilde !
Subitement, elle se retourne et me sourit. L’astre ardent qui luit dans son dos crée une aura de lumière autour de son visage d’ange, et je m’élance pour la serrer contre moi.
Se dérobant à mon étreinte, elle s’évapore soudain en un tourbillon d’illusions bigarrées et disparaît dans la torpeur de l’obscurité. Un océan de pénombre m’engloutit, tandis que seul subsiste un halo aveuglant qui resplendit sur moi d’une lumière livide. Porté vers le haut par des bras invisibles, j’entends un son caverneux qui résonne autour de moi :
— Ça y est, docteur, son pouls repart !

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