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La mort silencieuse

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Alice

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Les appels successifs de son ventre lui semblait bruyants comme un troupeau de sanglier. Elle posa une main sur son estomac, en espérant que celle-ci atténue les gargouillements.
Elle s'accroupi consciente que le danger la suivait comme la mort. Tel une ombre, elle avançait lentement et sournoisement à travers les hauts sapins enneigés.
Le froid ne dérangeait nullement la jeune fille, mais ce qui l'inquiétait ce n'était pas le froid ni son ventre qui ne demandait qu'à être rempli mais l'absence de sa dague dans sa main. Sans elle, elle n'était rien et elle ne représentait qu'une simple proie au service des nombreuses créatures qui peuplaient la forêt.

Son souffle chaud et hatelant se propageait dans l'air sous forme d'un petit nuage de buée qui disparaissait la minute suivante.
Les pieds totalement nus la jeune femme avançait sur la neige froide, mais elle ignorait la douleur qui commençait à naitre sous ses pieds. Cela faisait des heures qu'elle marchait silencieuse, les lèvres pincés, le regard froid.

Sous la lune étincelante l'âme perdue au milieu de la nuit laissait sur son passage une traînée de sang pourpre. La blessure que la jeune femme avait sur le flanc commençait à sérieusement à s'aggraver et le liquide rougeâtre qu'elle perdait ne cessait de lui arracher des gémissements de douleur à chaque pas. Une flaque vermeil l'accompagnait désormais à chacun de ses pas.
Dans un ultime cri elle s'effondra en silence sur un tronc d'arbre, ce qui lui arracha une plainte de plus.
Elle sentie son visage s'écraser sur l'écorce encore séché du conifère. Mais sa vue de brouillait déjà et sa tête commençait à émettre un bourdonnement insupportable.
Son souffle s'épuisait et elle n'aimait pas ça. Une curieuse impression de déjà vue s'emparait d'elle, sournoisement. Comme si elle avait déjà rencontré la mort une fois. Elle ne voulait pas quitter cette vie aussi bêtement. Elle ne voulait pas mourir dans un lieu aussi froid et silencieux. Elle ne voulait pas être oublié.

Elle était seule.
Muette.
Et elle ne pouvait appeler à manifester à cause de sa langue trachée. Elle ne pouvait pousser que des gémissements faibles qui s'évaporait bien vite. Les larmes lui montaient aux yeux, mais elles ne voulaient pas les laisser tomber. Elle ne voulait pas être faible. Elle ne voulait pas avoir une mort si triste si muette. La jeune femme ou alors e battre. Se battre pour vivre. Se battre pour respirer, se battre pour voir, se battre pour pouvoir observer les étoiles qui la fascine tant.

Elle leva les yeux et observa le ciel étoilé, consciente que ses forces la quittait. Une larme tomba. Enfin. La jeune femme regarda les astres danser dans le ciel en pleurant à chaudes larmes. Larmes qu'elle avait retenue trop longtemps.

Un dernier soupir et la dites femme muette n'était plus. Sa mort avait été lente, mystérieuse, noire, blanche, triste et muette.
Et elle finissait dans ce ciel étoilé, elle était enfin auprès des siens.

L'apogée, Versant 4 , L'étoile muette.

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