La mort dans l'âme

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Là, tapis dans l'ombre, elle attend, elle attend sa prochaine victime comme tout les soirs. C'est plus fort qu'elle, elle en a besoin, s'en était devenue vital. De nombreuses fois elle avait essayée par le passé de lutter contre cette envie, mais rien n'y faisait, elle devait le faire, car personne d'autre ne le ferait à sa place, même si elle trouverait la force d'arrêter. Sa longue et terrifiante faux entre ses mains squelettiques, elle le sent, l'odeur âcre du sang lui emplissant la gorge, les cris de sa futur victime raisonnant en elle, comme un appel. C'était bientôt à elle d'entrer dans le jeu. Un jeu macabre, dont personne n'en revenait jamais vivant. Elle s'approche d'un pas lent, sans bruit, tandis que l'homme qui avait commis cette abomination, s'enfuyait, faisant raisonner ses pas contre les parois froides des bâtiments qui les entourait. Elle se penche sur le corps, inerte, c'est un homme cette fois-ci, le bas de ses vêtements complètement arraché, du sang s'écoulant encore de ses cuisses et sa gorge lui souriait d'un sourire diabolique et sanguinolent. Une fois de plus elle se délecterai de ses ignominies, malgré elle. Elle enserra entre ses doigts osseux, le visage de l'inconnu et lui murmura des paroles comprise de lui seul. L'homme acquiesce d'un imperceptible mouvement de tête, elle lui prend une de ses mains et l'emporte avec elle. Laissant derrière lui son corps immobile dans la froideur de la ruelle avant de se retrouver dans un jardin décrépit, où aucune fleur ne poussait, aucun arbre ne portait de feuilles. Tout était mort. C'est là qu'elle vit, dans ce jardin oublié, où les âmes n'était que de passage, passant d'un monde à l'autre, parfois il arrivait qu'une ou deux âmes reste lui tenir compagnie pendant un temps avant de trouver la force de partir. Elle se tourne vers lui, aucun mot n'est échanger entre eux, juste le silence. D'un commun accord, elle se penche vers son visage et lui donne le plus terrible des baisers. Un baiser, si froid, si douloureux, que toute sa vie défilait devant ses yeux. Tandis qu'elle se reput de ses immondices, il souffre, pleure, hurle, se débat, mais rien ne la fait lâché, elle a prit l'habitude maintenant, après tant d'années d'expérience. Elle exhale d'un plaisir intense, semblable à un orgasme, tant la souffrance de sa victime était grande. Elle repassait sa vie au peigne fin, lui faisant revivre les scènes les plus traumatisante avec une force qui dépassait l'entendement. Les genoux de l'homme s'affaissent, il n'a plus le courage de se débattre, mais elle le tient si fermement, qu'il ne bouge pas d'un millimètre, il est épuisé, elle le sent à travers se baiser qui ne semblait plus finir. Mais ce n'est pas terminé, loin de là, et il le sait, il sait qu'il doit endurer tout ça, et qu'il n'a pas le choix, il lui a permis, il le lui a autorisé à l'instant où son regard vide à croisé le sien. Elle penche sa tête en arrière, comme pour reprendre son souffle. Si elle était capable de verser une larme, elle le ferait,tant la souffrance en lui est présente, mais elle plonge une nouvelle fois, dans tout ses souvenirs, poussant des gargouillis affreux. Lorsqu'elle termine enfin ce repas, qu'elle essayait de repousser le plus possible à chaque fois, il ne tenait plus sur ses jambes. Elle l'aide à garder un semblant d'équilibre, tout en l'emmenant dans une petite cabane tout aussi délabrer que le jardin dans lequel ils se trouvaient. Il n'y a, à l'intérieur, que deux chaînes en fer noirci, où pendait à chacune d'elle une menotte. L'homme prend peur, il est terrifié par ce qui pourrait se passer si il restait là, il essaye de se remettre sur ses jambes, qui lui semblait comme du coton. Il supplie la forme encapuchonné de noir, de le laisser partir. Mais il est trop tard, les fers se referme déjà sur sa peau bleue translucide. Elle brandit de façon menaçante sa faux, en murmurant une incantation dans une langue inconnu du monde mortel. Le métal prenait une couleur rouge vif, échappant des volutes de fumée blanche. Elle ne le touche à peine que le corps du malheureux s'embrase sous ses orbites vides. Les flammes s'atténuent quelques minutes plus tard, petit à petit, laissant place à un cocon fait de cendre encore rougeoyante. Elle le regarde silencieusement, elle attend, immobile face à lui. Il devait faire face à ses démons à présent, avant de pouvoir se frayer un chemin pour se débarrasser de sa prison encore fumante. Une lumière aveuglante, illumine soudain la pièce après plusieurs heures d'attente. Il y était arriver, si elle pourrait sourire, c'est ce que son visage squelettique montrerait, après toutes les cauchemars qu'il avait enduré, il était fin prêt. Elle lui tends la main, et les verrous de ses chaînes s'ouvraient d'un même mouvement. Il l'accompagne dehors, rien n'avait changé, hormis lui, il se sentait plus léger, plus confiant et sa peau translucide n'était plus bleue mais d'un blanc éclatant. Il la suit jusqu'à une grande arche en pierre, qui formait un cercle parfait dans le reflet de l'eau. De l'autre côté, il apercevait un jardin identique à celui dans lequel il était, mais celui-ci était verdoyant, de magnifique couleur lui parvenait. Il lève son regard vers elle, et elle se contenta de lui montrer la porte du bout de sa faux. Pour la première fois, depuis leur rencontre il entendait sa voix raisonner en lui.

- Ne crains rien, il ne t'arrivera rien de mauvais de l'autre côté de cette porte, c'est ta deuxième chance.

Il lui adresse un magnifique sourire et s'approche de l'eau miroitante, elle le fait disparaître de l'autre côté du rivage de la pointe de sa faux. Elle était de nouveau seule à présent. Elle rêvait qu'un jour peut-être ce sera son tour à elle aussi, de passer l'autre côté de cette porte qui lui était interdite.
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James Wouaal · il y a
Le sujet est bon le rendu de l'ambiance aussi.
Si je peux me permettre, il vous faut faire attention aux trop nombreux changements de temps, parfois dans une même phrase. Ce récit pourrait se concevoir pratiquement uniquement au présent.

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Keith Simmonds · il y a
Une œuvre très fascinante dans son analyse originale de la mort, Destiny ! Mes voix ! Une invitation à frissonner, à sentir cette “Odeur de Mort” qui est également en lice pour la Matinale de la Mort en Cavale 2019. Merci d’avance et bonne journée!
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/odeur-de-mort

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Destiny E. Russell · il y a
merci :)
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Chateau briante · il y a
la Mort serait donc un passage à vide (quand elle absorbe l'âme de ses victimes) avant un retour, vierge, vers la Vie, nouvelle chance, nouveau départ, renaissance ? une porte vers la Vie qu'elle est malheureuse de ne pouvoir franchir, elle aussi !
mon vote

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Destiny E. Russell · il y a
C'est l'idée :) Effacer toute les mauvaises choses pour repartir de zéro :) merci pour ton vote <3
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jc jr · il y a
Quelle imagination dans toutes vos descriptions, qui fouillent les détails de cette mort, qui a son côté original, espérant passer un jour cette porte.
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Destiny E. Russell · il y a
Merci beaucoup :)
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Patricia Burny-Deleau · il y a
La mort rédemptrice ! Très original !
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Destiny E. Russell · il y a
Merci :)
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Isabelle Lambin · il y a
La Mort n'est pas si cruelle que cela finalement, plutôt contrainte de continuer à être qui elle est.
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Destiny E. Russell · il y a
Oui c'est celà, on peux la croire cruelle au premiers abords, mais dans le fond elle n'a d'autre choix que de purifier les âmes pour aller dans un monde. Qu'elle même souhaite parcourir.
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Felix Culpa · il y a
Un texte qui m'a tout de suit emporté, loin dans l'imaginaire. Mes 5 voix et je m'abonne à votre profil. Permettez-moi de vous faire découvrir :
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/mdr-8
https://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/contact-9

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michel jarrié · il y a
Toute plume mérite respect, d'autant plus quand le lecteur y prend du plaisir. Merci.
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Destiny E. Russell · il y a
merci, je suis contente que ça vous aie plu :)
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Dominique Coste · il y a
Une histoire bien dans le thème et qui fait frémir !! Je vous offre mes voix avec plaisir ! Je vous invite à venir découvrir ce qui se trouve "Derrière la porte" !