La lumière de la forêt [5/???]

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Les aiguilles de pins griffaient les pattes de velours de l'animal. Dans son sillage, la braise avançait, roulait, glissait, allumette naturelle en perpétuelle embrasement. Une traînée noire la suivait de près, sa fumée alertait les âmes des environs de sa présence.
– Ce ne sont pas des feuilles mortes, ce sont des lames affilées ! grogna le rouquin, l'automne est tombé, et avec lui la parure de la nature.
– Brûle, feuille ! Et le végétal disparut derrière un amas de cendre, brûle aiguille ! Et le poignard vert n'était plus que souvenir, brûle, brûle, brûle !
Les commissures des lèvres de l'animal se soulevèrent, dessinant un sourire. Marrante cette braise qui tentait de brûler le monde entier depuis ses trois centimètres de hauteur. Une gamine qui s'évertuait déjà à jouer les grandes pour impressionner ceux qui la côtoyaient. Et lui pauvre mammifère, se retrouvait à devoir supporter ses fanfaronnades car la pitié avait pris le pas sur sa raison.

– La veilleuse que je peux être est inutile maintenant que la nuit s'est dissipée. Plus personne pour me voir briller ! Et moi qui porte ma belle toilette de vermillon ! Personne pour observer ma lumière ! Allez oust, boule de miel, retourne derrière ta colline, échange ta place avec le croissant argenté ! Oust ! Oust !
Stop.
– Ça m'éblouit...
– Braise, roule sous mon corps pour ne pas voir la clarté.
La lumière qui leur rentre par les yeux et qui dégouline par leurs narines. Suintante.

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