La Lumière

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Je ne me revendique ni poète, ni écrivain. J'ai commencé à écrire vers 17 ans quelques nouvelles puis il y a 8 ans la poésie s'est glissé sous ma plume. Je ne suis pas une grande technicienne  [+]

Elle entra dans la maison vide. C'est d'abord le silence qui l'a bousculée au point de lui faire perdre l'équilibre.L'entrée, majestueuse avec son immense escalier, puis rapidement la salle de musique.
La porte grinça légèrement . La lumière diffuse au travers des volets mi-clos caressait le piano et accompagnait la valse silencieuse des particules de poussière dorée.
Elle passa la main sous sa jupe pour s'asseoir correctement au clavier, mais se releva aussitôt. Elle s'avança le long de l'instrument en laissant traîner sa main sur le bois comme pour en ramasser la poussière.
Elle se laissa tomber sur une méridienne recouverte d'un de ces affreux draps qui donnaient à toute la pièce une apparence fantomatique. Elle frissonna et relevant ses jambes pour s'allonger, ferma les yeux.
Elle se sentait comme cette maison. Dans la pénombre, comme figée dans un temps révolu. Dans l'attente improbable que quelqu'un vienne y faire entrer la lumière.
Elle dût s'assoupir car c'est le grincement de la porte qui la sortit de ses pensées. La méridienne se trouvait en retrait de la porte et permettait de voir sans être vue. Elle resta immobile, retenant son souffle.
La silhouette trahissait un corps athlétique et la démarche était assurée.L'homme se dirigea vers les grandes fenêtres et en ouvrit les volets en grand, les laissant ouvertes.
Elle fut éblouie par la clarté soudaine. Quand elle rouvrit les yeux, l'homme penché sur elle, un large sourire aux lèvres, la regardait avec une tendresse amusée :
« vous êtes bien plus jolie en pleine lumière ».
Il lui baisa la main avec une extrême délicatesse sans la quitter des yeux, se releva et sortit de la pièce.
Abasourdie, elle resta sans bouger quelques secondes, et au claquement de la porte d'entrée, bondit pour rattraper le visiteur.
Debout sur le perron, elle ne vit personne, pas un bruit au loin, pas de traces de pas dans l'allée. Il n'avait pas pu disparaître aussi vite.. !
Elle retourna dans la maison , visita chaque pièce, comme on visite son enfance, en ouvrant chaque album, chaque coffre...Elle toussa passionnément, eut les larmes aux yeux beaucoup, rit même un peu, mais ce qu'est qu'en refermant les volets de la salle de musique qu'elle comprit enfin.
Elle tourna la vieille clé dans la serrure, apaisée et lorsqu'elle la confia au vieux notaire de la famille, elle savait.
Elle savait que la lumière ne viendrait jamais d'ailleurs que d'elle-même, quand bien même quelqu'un d'autre pourrait en entr'ouvrir les volets.

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