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La fin du chemin

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Lois Gracia

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Mon cœur bat à cent mille. Il est prêt à exploser. Des larmes sont en train de se former, au coin de mes yeux. Je sens plus que jamais ces fichues boules dans la gorge et dans le ventre, aussi. Je ne sais pas si c'est la peur. Ou la colère. Ou les deux. Je ne me sens ni bien, ni mal. Je suis une coquille vide qui a envie de faire sortir toutes les larmes de son corps qui ne sera bientôt plus le sien.
J'avais tout pour être heureuse. Tout. Une famille aimante, la santé, et une situation quotidienne normale. Mais à l'intérieur de mon être, aux fins fonds de mon âme, ça a été et c'est toujours autant creux. Je me posais beaucoup trop de questions pour continuer comme cela. Alors j'en ai parlé à ma maman puis elle m'a emmenée « voir quelqu'un ». Je me disais que ça allait résoudre tous mes problèmes et que je me comprendrais mieux, après ces dizaines de centaines de séances. Ma psychologue a fait une grave dépression à cause de moi. À cause de mes questions trop insistantes qui demandaient des réponses bien trop compliquées ou inexistantes à fournir. Puis j'ai juste continué mon chemin. J'ai passé. J'ai fait semblant que la dépression de ma psy n'avait pas servi à rien, finalement. Et pourtant, c'est le cas.
Rire et sourire à tout le monde, à tout bout de champ, ça ne m'a rien apporté. Je n'étais toujours pas moi. J'avais toujours des trilliards de questions qui me trottaient dans la tête. Ça m'a amenée sur une route sinueuse dont ma mère a voulu de toutes ses tripes me sortir. C'était trop tard. Avec la drogue et l'alcool, j'allais mieux. Tout me semblait plus simple et heureux. Mon esprit était trop embrumé pour que je me pose des questions sur la vie, sur ma vie ou sur l'univers. Tout était plus gai. J'allais tellement mieux ! Je commençais tout juste à remonter la pente quand on m'a fichue dans un centre de désintoxication. J'ai chuté dans un puits sans fond. Dans le néant. De nouveau, tout allait mal. Et mes interrogations étaient des milliers de fois plus présentes.
C'est en essayant de me sauver qu'on m'a tuée. L'alcool et la drogue auraient fait ce travail quoi qu'il advienne. Cela aurait été peut-être plus lent, peut-être plus rapide. D'un seul coup, d'une simple overdose, j'aurais défailli. Là, c'est différent. Bien trop différent. Je me rends compte de ce que je suis en train de faire. Je sais qu'il n'y a rien d'autre que les limbes pour une âme comme la mienne, après la mort. Mais je n'ai pas le choix. Si ce n'est pas moi qui me tue maintenant, c'est la vie qui me tuera demain.
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