La Fin

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Un texte c'est comme une vie, il naît, il grandit mot après maux, il vit à travers ses lecteurs et il s'achève brutalement par un point final. Mais un bon texte c'est comme une bonne personne, il  [+]

L'air était empli de fumée. On était tous autour du feu. Nathan jouait de la guitare, comme d'habitude Sophie et Peter s'embrassaient à en perdre haleine, Laura parlait tranquillement avec Nina. Nathan tirait sur un joint entre deux accords. Quant à moi j'étais là à les regarder sans oser parler. Je me contentais de respirer la fumée moi qui ne fumais pourtant pas. Et sans raison particulière, je me mis soudain à pleurer. C'était comme si j'allais disparaître d'une minute à l'autre et que seules mes larmes pouvaient me maintenir ici dans le présent. Tous se turent et me regardèrent. Alien sortit de nulle part, ils me regardaient comme s'ils ne me connaissaient pas. Puis j'ai rit, j'ai rit à en pleurer, j'ai rit à ne plus pouvoir respirer. Folle qu'il faut enfermer, ils me regardaient comme si je les effrayaient. A mon tour je me tue.
- Qu'est-ce qu'il y a ? me demanda Nathan visiblement troublé.
- Rien je suis fatiguée c'est tout, je vais me coucher, dis-je en me levant.
Ils me regardèrent m'éloigner et les discussions ne reprirent qu'une fois que j’eus refermé la tente. Couchée là c'est comme si soudain j'avais vraiment disparu. Qui s'en souciait ? Pas eux. Pas eux qui m'avais dévisagé comme si j'avais dansé une valse dans les flammes. Pas eux qui ne m'avait pas retenu. Pas lui. Lui. Qui était parti. Un jour. Sans prévenir. Il avait tout emporté, nos cœurs, nos rires, nos vies. Lui. Qu'on aimait tant. Lui. Qu'on aime tant.
- Papa tu n'imagines pas ce que l'on vit sans toi. Je suis pas bien dans ma tête. J'ai comme un vide dans le cœur, la musique s'est arrêtée ce jour ou t'es parti. T'avais pas le droit. Le droit de nous quitter. Cette nuit. Cette nuit de juillet. Voilà un an.
Couleurs, ailleurs, sourire, chaleur. Absence, gris, cris, tristesse, larmes, vide. Vide. Vide. Vide. Voilà ce qu'est devenu ma vie sans toi.
Regards, renouveau, bonheur, amour. Départ, peine, haine, abandon, colère, vide. Vide. Vide. Vide. Voilà ce qu'est devenu mon monde sans toi.
Tourbillon de sentiments jamais ne s'arrêtent, entre obstacles et bonheur la course folle n'a pour fin que la mort. Ta mort. Ma mort. Vie éphémère n'a de sens que celui qu'on lui donne, vie éphémère n'a pour but que celui qu'on se donne. Mais quel est-il ? Je n'ai pas encore trouvé. Tourbillon continue sa route, Course n'a pas de gagnant il n'y a que Vie éphémère poursuivant son chemin jusqu'à ce qu'arrive la Fin. Ta Fin. Ma Fin.
La Fin.
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