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La drôle d'aventure de Citrus

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Sophie Océan

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Citrus la petite éponge jaune habitait dans une maison en coquilles d’huîtres au fond de l’océan.
Elle avait pour amie Anémone, l’étoile de mer rouge.
Tous les matins Citrus et Anémone se rendaient à « l’école de la mer » où elles apprenaient à faire des bulles et à dessiner sur le sable.
Parfois, il arrivait que l’école soit fermée. Mais ça c’était quand il y avait beaucoup de vent.
Pourquoi ?
Parce qu’il était impossible de rattraper les bulles qui s’échappaient par le toit de la classe.
En plus, les bourrasques effaçaient tous les dessins faits par les enfants !
Alors ces jours-là, les élèves avaient pour consigne de rester à la maison, bien au chaud, à l’abri des intempéries.

Un matin, Citrus fut réveillée par la tempête qui faisait claquer les volets en algue de sa maison.
C’est sûr, pas d’école aujourd’hui ! pensa la petite éponge.
Après avoir avalé son petit déjeuner : une purée de perles d’huîtres aux épines d’oursin, Citrus se dit qu’elle profiterait bien de la journée pour partir à l’aventure avec son amie Anémone.

Citrus sortit de chez elle en cachette, par la porte de derrière et se dirigea vers la maison voisine où habitait Anémone.
La petite éponge frappa doucement à la fenêtre de la chambre de son amie.

­ Anémone ! c’est moi Citrus, ouvre-moi.

­ Citrus ? mais que fais- tu là ? Dit Anémone en écartant les rideaux en coquillages qui servaient de fenêtre.

­ Ouh la la, quel vent ! Dit Citrus en se recoiffant.

­ Tu as raison, répondit Anémone. Un temps à ne pas mettre un poulpe dehors. Mais, dis-moi, Citrus, il se passe quelque chose de grave pour que tu sois dehors par un temps pareil ?

­ Pas du tout. En fait, vu qu’il n’y a pas d’école aujourd’hui, je pensais qu’on pourrait aller se promener toutes les deux.

Bravant l’interdiction qui leur était faite, Citrus et Anémone sortirent sans bruit de la maison en laitue de mer.
Elles avaient décidé d’aller faire un tour dans le parc aux oursins, en longeant l’allée des coraux.
Mais le vent soufflait si fort qu’elles avaient un mal fou à avancer. Le sable se soulevait en tourbillon et il était impossible de voir à plus d’une pince de crabe.
Citrus avait déchiré sa robe jaune et Anémone s’était écorchée une patte.
La panique s’empara alors des deux amies. Il commençait à faire de plus en plus sombre.
Elles n’avaient rencontré personne sur le chemin et, il faut bien l’avouer : elles étaient perdues !
Soudain, une voix caverneuse résonna dans les profondeurs de l’océan :

­ Alors les petites, on se promène ?

Deux yeux brillèrent dans l’obscurité...
Un souffle froid enveloppa les deux amies...« MURENA ! ! ! ! ! »
Murèna, la murène les fixait de son regard glacial.

­ Au secours ! À l’aide ! ! ! Hurlèrent Citrus et Anémone en s’enfuyant.

Citrus fonça droit devant elle, rebondit sur une paroi dure et rugueuse puis soudain, ce fut le trou noir.
Elle s’évanouit et tomba sur le sol au pied d’Anémone.

Quelques heures plus tard, Citrus ouvrit les yeux et reconnut la tapisserie en sable brossé de sa chambre.
Anémone était là en compagnie du Docteur Lapince, le homard.
Mais que s’était-il donc passé ?

­ Ça va ma petite Citrus ? demanda le docteur Lapince.

­ Je crois que oui, répondit Citrus en se frottant la tête. Mais j’ai fait un horrible cauchemar, j’étais perdue et oh.... Nom d’une dorade royale ! Au secours ! Muréna ! A l’aide ! Anémone, tu n’as rien ?

­ Calme-toi Citrus, dit le docteur Lapince.

Toutefois, il faut que tu saches qu’il ne s’agit pas d’un cauchemar mais bien d’une histoire vraie qui aurait pu très mal tourner. Anémone raconte-lui ce qu’il s’est passé.

­ Nous étions perdues effectivement et nous sommes tombées sur Muréna. Nous avons pris peur et en voulant t’enfuir, tu t’es assommée contre sa grotte. Je n’arrivais pas à te réveiller et je n’étais pas assez forte pour te porter. Alors, Muréna s’est approchée. Elle t’a posée sur son dos et t’a transportée jusqu’à la maison. Tu sais, elle n’est pas si méchante que l’on veut bien le croire. Mais, sur le chemin du retour, elle m’a fait promettre quelque chose.

- Ah bon et quoi ? s’inquiéta Citrus

- Elle m’a demandé de ne plus nous aventurer seules dans l’océan. Je crois aussi que si elle n’avait pas été là, nous ne serions peut-être pas revenues entières. Car, en chemin, nous avons croisé l’araignée de mer avec ses grandes pattes coupantes. Alors moi je lui ai promis de ne pas recommencer et j’espère que pour toi ce sera la même chose.

- Oui, répondit Citrus, d’une petite voix.

Le lendemain matin, la tempête faisait encore rage au fond de l’océan et les volets en algues de la petite maison en coquille d’huitres claquaient bruyamment.
Citrus ouvrit un œil et se blottit au fond de son lit bien décidée cette fois-ci à rester bien au chaud.
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Image de RAC
RAC · il y a
Une éponge qui se recoiffe et s'enfonce dans son lit... Adorable !
Image de Sophie Océan
Sophie Océan · il y a
Merci!
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N.A D · il y a
Très belle histoire! J'ai adorée.
Image de Sophie Océan
Sophie Océan · il y a
Merci à vous!
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Gabriel Meunier · il y a
vraiment chouette, vif, imaginatif...! Merci ! Je vais faire lire à mes petits enfants
Image de Sophie Océan
Sophie Océan · il y a
Merci pour ces compliments. J'espère que vos petits-enfants apprécierions. Bon dimanche

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