La détentrice du sabre noir

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Sabre en main, regard assombri par la nostalgie, devant une terre mourante qui s’étale à des kilomètres à la ronde. Venue se battre depuis l’autre bout du monde, pour ne retrouver qu’un paysage mort. Le combat est terminé, elle n’a rien pu y faire. Des années d’attente, des jours de désespoir et de persistance. Tout ce travail qui tombait à l’eau.

La pluie giclait ses habits d’acier, qui avait perdu toute luisance, et à l’intérieur, son cœur, calme, montrait une fois de plus sa force grande et bienveillante. Avec le temps, elle a appris ce qu’était l’impuissance, elle embrasait ce sentiment dans sa totalité. La culpabilité s’abattait sur elle comme toujours, mais jamais elle n’y succombait. Elle était une guerrière, mais elle savait que les combats intérieurs n’étaient jamais gagnés par la résistance ni la lutte, mais bien par le détachement et l’acceptation.

Le temps d’une inspiration, elle regagnait de l’énergie, et le temps d’une expiration, la nostalgie se dissipait et son regard devenait vif à nouveau. Tout cela n’était pas nouveau, ce n’était pas le même sol, la senteur des arbres survivants était différente et le ciel avait pris une toute autre teinte, cependant, le scénario se répétait. Pourquoi n’y arrivait-elle pas? C’était comme une boucle sans fin qui s’agrandissait un peu à chaque fois. Elle ne faisait sans cesse du progrès mais au final, elle recommençait. On dit toujours que la seule constante de la vie est le changement, alors pourquoi cette loi semblait à présent si erronée ? Ces questions qui défilaient sans jamais s’arrêter de tourner en rond, questionnant elles-mêmes l’existence de leur existence, son être avait appris à les ignorer. Les voir défiler et puis s’en aller.

Un pas après l’autre, état d’équilibre en franchissant un sentier escarpé, le trouble ne la bougeait pas, elle savait maintenir son rythme avec perfection. Elle ne flanchait pas, elle cherchait. La déception ne savait plus comment s’y prendre, pour abattre la détentrice du sabre noir. Inconnue, qui ne connaissant personne, Inaperçue, qui ne voyait quiconque, Sans trace, qui n’avait pas de repère, c’était l’ange de la mort, et le diable de la vie...
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