la danse

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JCJR parce que ce sont mes initiales. Mon stylo court sur le papier,ayant parfois une vie propre et je ne sais pas toujours où il peut m'emmener...bonne lecture. Jean-Claude.  [+]

Il est des soirs d’été, où même les étoiles vous invitent à la musique, dans ces boîtes de nuit perdues dans les collines à la périphérie des villes. Ce n’est pas encore l’heure d’affluence et les salles se remplissent petit à petit. Surgie de nulle part, arrive Angélina. Elle est noire, elle est belle, elle le sait, elle a le port altier. Sa démarche chaloupée la promène jusqu’à la piste, où elle s’arrête un instant, respirant les lumières et humant la musique. Et son talon se lève, faisant glisser son pied sur le parquet et puis l’autre le suit d’avant en arrière, reprenant ce pas célèbre de Michael Jackson. Comme une introduction, ces petits mouvements la font se déplacer de manière fluide, tandis qu’un frisson parcourt sa colonne et fait vibrer sa tête. Les bras sont immobiles, attendant d’en savoir plus. La musique s’enhardit, elle parcourt les jambes, qui commencent à s’ouvrir et à se déplacer, l’une prenant appui sur l’autre. Les pieds frappent le sol, talons sur le parquet, trépidant au rythme des basses, qui s’insinuent jusqu’au bassin. Tout le bas du corps se met à vivre, invitant la musique à plus de témérité, retrouvant dans les gènes des rythmes ancestraux, des histoires de famille et de générations. Le ventre s’envahit de toutes ces sensations et les mains se réveillent, générant une ampleur, qui traverse le coude en atteignant l’épaule. Les bras se mettent à dialoguer, se répondant l’un l’autre en un mouvement gracieux. Et l’énergie circule des épaules au thorax, le faisant respirer dans le même tempo, du ventre jusqu’au cou, en une unique vibration, dont la tête s’empare, abandonnant le raisonnement au profit des émotions. Les lumières irisent ses boucles de cheveux, les boules à facettes envoient leurs éclairs bleus et les ultras violets ne laissent apparaître que son chemisier blanc et l’éclat d’un sourire aux lèvres entrouvertes. La musique est plus forte, accentuant les rythmes dévoués à ce corps, qui s’en est imprégné, tournant, virevoltant, prenant toute sa place pour laisser à la danse son espace vital. Les gens se sont poussés, regardant son évolution. Les notes la soutiennent, l’invitent à aller plus loin et elle leur répond. Les projecteurs s’allument, plaquant les ombres au sol, qui se réveillent alors et entrent dans la danse, initiant un ballet infernal, envoûtant, tournant avec ce corps dans cet unique esprit d’abandon, de révolte, aux sons des harmoniques. Les bras sont relevés et dans un dernier tour, se rejettent en arrière la tête et les cheveux bouclés, sur le fond d’un final de musique, en laissant éclater une gerbe de sensations... pour enfin retomber, grand écart sur le sol, le front sur le genou et les cheveux épars. Elle est épuisée mais heureuse. La musique est finie, la danse s’est arrêtée. Qui a entraîné l’autre, nul ne le sait. Il est des soirs d’été, où même les étoiles descendent sur la piste, inspirer les humains.
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