La dame blanche

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Je suis née avec un stylo entre les doigts pour tout bagage. Je veux partir de la même manière  [+]

Il était une fois...
Une dame blanche qui, disait-on, collectionnait les amants. Sans être d'une beauté fatale ni tout à fait jeune, elle ensorcelait tous ceux qui l'approchaient. A quoi était due sa réputation ? Comment appréhender son histoire ? Je vais tenter de démêler le vrai du faux.
Je l'ai bien connue, cette « dame blanche ». Elle était mariée à un homme fort justement apprécié. Leur couple était un modèle, l'idéal du bonheur sur terre. Un bonheur tout simple, pétri d'amour. Sa vie n'aurait rien eu d'extraordinaire si, un jour, elle n'avait pas tenu un stylo entre les doigts. C'est là, précisément, que tout dérapa.
Elle avait déjà basculé dans la seconde moitié de sa vie quand mûrit l'idée d'écrire un livre. Quoi de plus banal, me direz-vous ? Il y a, de nos jours, presque plus d'auteurs que de lecteurs. Pendant neuf mois, pas un de plus, elle entra en gestation. De son amour des mots, de ses étreintes passionnées avec divers lexiques, dictionnaires, elle enfanta. Un récit dit « psychologique » vit le jour au printemps 2008. Pour un premier enfant, l'accouchement ne fut pas douloureux. Certes, à cette époque, elle faisait ses premiers pas dans l'univers IMPITOYABLE de la littérature. Le chemin serait long et chaotique avant de connaître la consécration. Car notre dame blanche, secrète et réservée, cachait une âme de prédateur. Une ambition démesurée...
Six livres plus tard, sa renommée commençait à faire tache d'huile. Les petits salons confidentiels des débuts se déclinaient en affiches prestigieuses. On s'arrachait la dame blanche et ses écrits sulfureux. On croyait, en l'approchant, la connaître vraiment. Je ris ! C'était justement mal la connaître. Elle avait le talent incroyable de falsifier la vérité. Une imagination inouïe au service de sa plume. Écrire, c'était tromper le monde. Gruger ses lecteurs la rendait encore plus sympathique. Et c'est là que ma mission devient quasiment impossible. Donner vie à ses « aventures ».
Disons plutôt qu'elle n'eut aucun amant. Malgré les tentations parsemées tout au long de sa route, aucune n'aboutit jamais. Et je serais tenter de rajouter « tant mieux ! ». Pour n'en blesser aucun dans leur amour-propre, je les citerai par ordre alphabétique.
B – L'homme du sud se reconnaîtra sans peine, j'imagine. Il a pris la dame blanche sous son aile dès ses débuts. Il croyait en elle et ne fut jamais déçu. Et assura sa promotion dans un quart de la France méridionale. A force de lire entre les lignes, lui aussi s'y est brûlé. Il n'a pas su (ou pas voulu) démêler le vrai du faux. Il s'est englué dans ses ouvrages jusqu'à devenir jaloux du mari de notre auteur.
B. est condamné à vivre au rythme des mots, à la cadence infernale de ses histoires. B. est juste un admirateur, rien d'autre. Point à la ligne.
D – Lui, c'était différent. Il a côtoyé la dame blanche quotidiennement. Sans vraiment se rendre compte du rare privilège dont il a bénéficié. Elle, si. Au point qu'elle lui a même concocté une histoire. Une histoire véridique ? Une histoire imaginaire ? Je crois qu'elle-même ne le sait pas. Toujours est-il que leur brève rencontre tient de la géométrie. « Deux lignes parallèles ne se rejoignent jamais, mais se rapprochent en perspective ». Tout est dit. D. est juste un admirateur, rien d'autre. Point à la ligne.
F – Je devrais dire F. et F. Les deux F. Personnages curieux et si différents ! Deux auteurs plus ou moins renommés qui sont tombés sous le charme de la dame blanche. Elle les a croisés sans leur accorder la moindre attention. Obnubilée par sa soif de gloire. Adulée, puis haïe pour les nombreux prix qui tombaient dans son escarcelle. F. comme fugace, puisqu'elle a partagé quelques salons en leur compagnie. F. et F. sont juste deux admirateurs, rien d'autre. Point à la ligne.
G – Le seul qui ait su faire vaciller la dame blanche. Mais pas comme vous le pensez. G. a été le frère, l'ami (le vrai), le confident. Un peu comme si nos deux auteurs se confrontaient à travers un miroir. Voilà notre dame blanche transformée en admiratrice. Subjuguée par les mots ciselés du philosophe. Par les envolées lyriques du poète, par les phrases surgies de nulle part de l'écrivain. Encore un homme du sud... mais de l'autre côté de la France. G. est juste un admirateur, rien d'autre. Point final.
J'aurais pu allonger la liste (Ch., G. M. etc). Mais, peut-être, ne m'auriez-vous pas crue ? Pensant que j'exagérais. Point du tout. Bien sûr, il y en a eu d'autres, toujours des hommes. Parce que les femmes... Ah ! Les femmes, c'est un affaire de jalousie. Eh oui ! Envieuses de ses succès littéraires, de ses prix, de ses « soi-disant » conquêtes. Prêtes à la descendre de son piédestal, à la moindre occasion.
Mais, la dame blanche veillait. Elle paraissait si fragile, innocente à première vue. En réalité, c'était un roc. Sur lequel les quolibets, les médisances, les critiques dégringolaient dans un puits sans fond. Et puis, la force du roc, c'était P. Celui-là, à lui seul, détient la clé de toute la carrière de la dame blanche. Il est son alpha et son oméga. Son agent littéraire ? Non. Son double ? Pas mal. Mais encore... Son mari ? Oui, l'homme de sa vie. Celui qui riait des « pseudo » aventures de sa moitié.
Moi, je l'ai bien connue. Libre à vous, si vous possédez une once d'imagination. Si vous croyez que B., D., F., G.et les autres sont des amants de passage. Des amants de papier, voyons, il n'y a rien de sérieux dans ce délire d’écrivain.
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