La coupe de France

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Toute ma vie a été bercée par la littérature, la poésie, et le théâtre. J'ai pris la plume très tôt, et bien que légère elle donna du poids à mes mots, qui devinrent des récits, des  [+]

Un beau matin, je me suis rendu chez France, ma coiffeuse.

— Bonjour madame !
— Bonjour monsieur !
— Pouvez-vous me prendre tout de suite, pendant qu'il n'y a personne?
— Pardon ?
— Il n'y a personne, alors j'aimerai bien me les faire couper !
— Ah ! oui. Allez-y, asseyez-vous, je vous en prie !
— Merci ! C'est à n'y rien comprendre ! Plus ils poussent, plus ils frisent. Et que dire de la raie au milieu que je dois enduire de gel !
— Si vous mettez du gel sur la raie, vous ne voyez pas d'inconvénient à ce que je vous fasse un shampooing aux œufs ? Après, je pourrais couper tout ce qui dépasse.
— Faites donc, je vous en prie ! Surtout que depuis un moment ma coupe me les casse!
— Oh ! Ce n'est rien, il n'y a pas de quoi se faire des cheveux !
— Oui, pourtant il n'y a pas de quoi les couper en quatre. C'est bizarre, mais c'est toujours ceux qui n'en ont pas qui parle de s'en faire.
— Je sais ! Il y en a qui méritent des coups de boule.
— Ouais, c'est ceux qui n'ont pas de bol avec la coupe !
— Au fait, avez-vous vu le match, hier soir?
— Si je l'ai vu ? Et comment ! Pour la coupe on n'a pas eu de bol ! Et pourtant, tous les joueurs viennent se les faire couper chez moi ! Ils me disent en plaisantant : comme ça, au moins, on aura la coupe de France ! Ils sont drôles !
— Mais vous coupez les cheveux à tout le monde !
— Absolument, la coupe de France c'est la coupe du monde !
— Cette sacrée coupe nous est tout de même passée sous le nez !
— Pas avec moi, je ne coupe pas les moustaches, il faut voir un barbier pour ça !
— Non, je veux dire que c'est à cause de l'arbitre ! Il m'a barbé ! Heureusement que j'ai vu le match à la télé, je n'ai pas pu entrer au stade ! Il y avait une queue de deux kilomètres de long, ça me fout les boules ! Avec une queue pareille, il y a forcément du monde dehors !
— Moi non plus, je n'ai pas pu y aller, je n'ai pas eu de cul, Je suis restée dehors, j'étais devant la queue, alors j'ai dû couper court, j'ai maté la télé ! Baissez la tête, je vais vous passer la tondeuse!
— Faites vite, je ne supporte pas son contact sur ma peau, ça me chatouille!
— j'essaierai d'être brève !
— J'espère, sinon vous n'y couperez pas !
— Pardon ?
— Je plaisante !
— Chauve qui peut !
— Plaît-il ?
— Moi aussi je plaisante ! Et voilà ! Et pour couper court à toute plaisanterie, on fignole aux ciseaux.
— Ah, ben ça a l'air bien mieux. Ma coupe a failli me rendre fou.
— Justement, le ciseau freine!
— Ha! ha! ha! Vous alors, vous en avez de bonnes !
— Les deux font la paire ! N'empêche, qu'une fois, je plaisantais au sujet d'un chauve, j'ai failli commettre une boulette ! J'ai cru qu'on allait se battre et que l'un de nous finirait au tapis.
— C'est certainement celui qui l'avait lisse comme une boule de billard !
— Certainement. Question boule, chez lui on ne risquait pas de trouver des noeuds !
— Tenez, hier, j'ai fait une partie de billard. J'ai gagné en deux heures contre un ami. Je lui ai mis un de ces coups de canne dans les boules, il y en avait pour tous les trous ! Même le triangle y est passé !
— Vous exagérez... peut-être... un tout petit peu ?
— Non, non, ça c'est vraiment passé comme ça !
— Et voilà, comment trouvez-vous votre nouvelle tête ?
— Nouvelle! Et pour moi, une nouvelle vie commence... grâce à la coupe de France ! Pour une histoire de cheveux, c'est une belle chute !



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