La Cabane

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"L'hirondelle ne réclame pas sa liberté, elle prend son envol et puis c'est tout."  [+]

Image de 2020
Image de 11-14 ans

Lucas claqua la porte derrière lui avec rage. Sa sœur avait fouillé dans sa chambre. Encore. Il n’en pouvait plus. D’elle, de sa famille, de tous. Il avait besoin de prendre l’air. Coup de chance pour lui, sa maison était située à l’orée d’une forêt.
Il y pénétra avec colère. Écartait avec brusquerie le feuillage qui lui barrait le passage. Criait aux oiseaux de se taire. Et aperçut une cabane. Elle semblait avoir mille ans. Le bois pourrissait et tombait en ruine. Lucas s’en approcha, doucement, sur la pointe des pieds, comme s’il avait peur de déranger quelque habitant. Il poussa la porte ; personne. Le jeune homme se détendit et commença son inspection.
Au milieu de la pièce se tenait une table avec un pied manquant, et deux chaises en mauvais état. Des toiles d’araignées se suspendaient un peu partout dans la cabane et les meubles étaient recouverts de plusieurs couches de poussière. Dans l’angle droit, un escalier branlant faisait face au temps qui défilait.
Après un rapide tour au rez-de-chaussée, Lucas se dirigea vers l’escalier centenaire. Il hésita avant d’y monter.
« Si les marches ne sont pas assez solides, je tombe et je m’étale par terre... et si je me blesse, personne ne me trouvera. A moins d’un coup de chance incroyable, bien sûr ! »
Il en était encore à ses réflexions quand un bruit se fit entendre. Un bruit sourd, étouffé. Suivi de quelques « chut ! » insistants. Lucas entendit des pas, des pas de souris, feutrés, comme si les personnes qui se trouvaient là-haut ne voulaient pas se faire entendre. Raté.
Cela décida Lucas à monter. Cela l’intriguait ; lorsqu’il était entré dans la bicoque, celle-ci était vide... Elle était maintenant habitée par Lucas et... deux inconnus pas très discrets !
Une fois arrivé en haut, Lucas s’arrêta net. Deux hommes, plutôt petits, poilus, se disputaient en parlant avec un fort accent ; ils n’avaient pas encore aperçu Lucas qui les regardait, bras croisés, amusé. Il toussota pour signaler sa présence. L’un des hommes se retourna et se figea. Il se mit à parler vite à son compagnon.
Après un dernier regard pour Lucas, les deux individus se précipitèrent dans une autre pièce, aussitôt poursuivis par le jeune homme.
Il entra dans la pièce, mais personne ne s’y trouvait : ils avaient disparu. S’étaient volatilisés. Il fouilla partout. Sous les meubles, dans les recoins... Nulle trace d’eux.
Puis alors que Lucas allait partir, dépité et bredouille, un éclat de lumière se fit. Lucas ferma les yeux, ébloui. Quand il les rouvrit, une sorte de spirale bleue, suspendue dans les airs, lui faisait face. Il était fasciné. Il se rapprocha de l’apparition, hypnotisé, tendit la main, effleura sa surface... et se fit happer par celle-ci.
Il était secoué dans tous les sens et avait la tête qui tournait. Jusqu’à toucher terre. Il se releva, sonné, et observa l’endroit où il était arrivé. Des gens se pressaient, rouspétaient... exactement comme dans le monde de Lucas. A une exception près : ils ne marchaient pas. Ils volaient. A seulement quelques centimètres du sol, mais ils volaient quand même.
Un homme s’approcha de Lucas et lui tendit la main. Il la prit et se releva. L’homme le mena à travers rues et ruelles, pour arriver devant une grande maison. Ils entrèrent. Une dame fit son apparition. Lucas l’aima de suite. Puis la porte d’entrée se ferma dans un bruit sourd. Le jeune homme se retourna avec sursaut et regarda la femme et l’homme. Ceux-ci lui souriaient d’un air moqueur. Et Lucas comprit. Il comprit qu’il ne verrait plus jamais sa famille et les siens...

Les journaux parlèrent longtemps de cette disparition quelque peu magique. Des policiers avaient fait une enquête. Avec des chiens, ils remontèrent la piste de Lucas jusqu’à la cabane. Mais à partir de là... plus rien.
Ils arrêtèrent les recherches, ne pouvant plus rien faire.

Lucas avait disparu... à jamais.

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