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La boulange

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Chato Garcia

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Dans cette histoire, je vis dans la rue. Une décision que j’ai prise. Je voulais fuir et me protéger de toutes les influences le conditionne ment et le formatage de l’esprit. Je vis dans cet autre pays Que je connais le moins.
Mes cheveux blancs dégringolent sur mes épaules; et une barbe abondante cascade jusqu’à ma poitrine. Je louche comme un damné, ce qui fait que certaines personnes, pas très honnêtes, ne peuvent soutenir mon regard sans se retourner au bout d’un instant, pour découvrir ce qu’éventuellement je pourrais voir derrière eux.
J’ai oublié mon nom, certains passants m’appellent Abraham!
Ce matin j’ai très faim et j’essais d’ouvrir plusieurs portes de maison
Devant lesquels je passe. Celle d’un vieux bâtiment qui devait jadis être une boulangerie, s’ouvre très facilement; sur la vitrine est encore écrit « la boulange » ce qui je suppose devait être le nom du magasin.
J’entre l’ambiance poussiéreuse du local me semble accueillante, Après un tour d’horizon succinct je découvre dans un coin un morceau de pain rassis, je m’en empare et mors goulument dedans. Une petite voix d’enfant m’interpelle du bout de la pièce «  Non! Grand père c’est le pain des petits chiens reposez-le je vais vous donner autre chose à manger »

Après m’avoir offert une pêche et un morceau de viennoiserie dont je me sustente rapidement, Elle me prend par la main pour me présenter trois chiots noirs d’environ 3 mois.

Elle me dit que je dois être un ami de sa grande sœur dont c’est l’anniversaire demain et me demande si je ne pourrais pas lui donner une idée sur le cadeau qu’elle pourrait lui faire. Je réponds par la négative et non je ne connais pas sa grande sœur. La fillette d’environ 10 ans ne semble pas surprise pour autant et me demande si je viendrais tout de même à l’anniversaire.
Je ne sais que répondre, elle n’insiste pas et me parle des chiots à qui elle ne veut pas donné de nom pour ne pas les influencer, ne pas les asservir, les distinguer ,les différencier, les reconnaitre, ou avoir une préférence envers l’un d’eux ce qui aurait pour conséquence d’instaurer une inégalité entre eux.

Elle sait que sa sœur aura un mini bikini en cadeau pour l’inciter à se baigner avec plutôt que dénudée et se faire embarquée par les flics. Enfin elle le mettra si elle le veut bien. Elle explique que ce qui la gêne c’est de se retrouver seule quand sa sœur est en préventive pour excès de liberté. « Mais dit-elle maintenant j’ai les chiens »

Le temps passe vite en compagnie de cette fillette très prolixe;
Elle m’apprend que la porte d’entrée n’est jamais fermée et si je veux dormir ici il suffit de la pousser. Depuis 15 jours je vivais dans une petite tente où seul lit de camps tenir. J’envisage de ramener le tout ici et m’y installer.
Quand je reviens avec mon matériel elle me reçoit avec un grand sourire et me demande de m’asseoir à table et me sert un grand plat d’haricots secs à la sauce tomate, un petit pain et quelques feuilles de salade. Alors que je mange elle m’observe, amusée.
Puis rentre une jeune femme noire, très, très noire, la fillette, blonde m’apprend qu’il s’agit de sa grande sœur et me présente, l’autre sourit sans poser de questions. Je décide de ne pas en poser non plus. Tous les trois nous dinons en conversant des petites choses quotidiennes.
La grande sœur roule une cigarette où elle a ajouté un peu d’herbe et me passe le joint, tout deux nous le fumons doucement.
J’ai l’impression que mon crâne et son contenu gagne en expansion, se satisfaisant de ma grande liberté.

Puis chacun va se coucher, la fillette dans une chambre au premier la grande dans une pièce derrière le four à pain; moi j’établis mon camps prés des chiens qui viennent tous les trois dormir sur mon ventre.
Le lendemain matin aux aurore un groupe bicarré multicolore
Et de tous les âges envahit la boutique me sert du café, m’appelle grand père et pousse mon lit de camps dans un recoin prés de la réserve de bois. Puis aidé de la fillette se mettent mette à décorer l’espace de guirlande en papier collé à la farine mouillée d’eau. A midi tout est resplendissant et gai, des victuailles sortent d’on ne sait où et des liquides alcoolisés servent à les accompagné.
La grande sœur apparait vêtue de son bikini sous les applaudissements et les sifflets admiratifs de la gente masculine.
Qui sommes nous? Qui avons-nous été? On s’en fout, personne ne pose la question. Le passé n’existe plus et le présent passe tellement rapidement que l’on n’a pas vraiment le temps de s’y arrêter. Nous vivons dans un espace temps qui est sans définition, nous vivons c’est déjà super comme ça.
L’alcool aidant, l’ambiance est imprégnée d’inspiration intelligente ce que les chanteur de flamenco appellent le « Duende » Certains récitent des poèmes de leur composition d’autres chantent; personnellement je reste coi, admiratif de tout ce processus et l’ensemble de l’assemblée m’est reconnaissant d’être ce que je suis. (Un grand père venu d’ailleurs, en contemplation passive.
Des femmes se dénudent et se mettent à danser, je reste passif, complètement démuni de testostérone et de virilité, ma libido est à peine excitée, je m’en contente en spectateur extasié.
Tôt le matin tout le monde met la main à la pâte pour ranger et après nous avoir serrés tendrement dans les bras, mes deux petites et moi le groupe s’en va.
La petite me dit « c’était vraiment une belle fête hein! Grand père »
Je pense que je vais vivre dans cette boulangerie un moment, peut-être même que j’essaierai de faire du pain
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Fred Panassac · il y a
Est-ce l'atmosphère d'extrême liberté des sixties et seventies qui vient vivifier cette histoire peu conventionnelle ? Ce sacré grand-père n'en est pas à sa première aventure dirait-on ;-))
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Didier Poussin · il y a
Un endroit marginal
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Hortense Remington · il y a
Quelle belle histoire !
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Kokoro · il y a
Très très beau!! Un texte qui fait du bien.
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