La boîte à désirs

il y a
2 min
24
lectures
8
Qualifié

J'aime lire, j'aime écrire ! Et voilà :)  [+]

Image de 2021
Image de Très très court
Chaque fois que l'envie m'en prenait, que je trouvais la vie difficile, je partais me réfugier tout au fond du jardin dans les fourrés où personne n'irait me chercher et je sortais aussi délicatement que possible ma boîte à désirs. Elle m'avait été offerte par ma marraine, qui, comme chacun le sait, sont souvent de très gentilles fées. Mais chut ! C'est un secret ! Je n'étais pourtant plus une enfant mais j'avais choisi de la croire. C'était une « jolie » histoire, elle me rappelait celles que l'on trouvait dans les livres d'il était une fois. Ma marraine me l'avait donnée, peu de temps avant de mourir. Une jolie boîte en marqueterie, couleur acajou, guère plus grande qu'un coffret à bijoux. Elle disposait d'un verrou muni d'une minuscule clef pour l'ouvrir. Elle était décorée de motifs au trait noir représentant successivement une étoile, une lune, un soleil et des nuages. J'appris qu'elle-même l'avait reçue de sa marraine. La tradition voulait que chaque filleule lègue à son tour, lorsque le moment était venu, la boîte à une nouvelle filleule, condition indispensable pour que son pouvoir magique ne cesse pas d'agir. Je regardais ma chère marraine avec de grands yeux où l'on pouvait voir se dessiner de gigantesques points d'interrogation. Mais je n'avais pas fini d'être étonnée de ce qu'elle allait me raconter.
«  Ecoute bien ce que je vais te dire. Ne pose pas de question. Cette boîte est une boîte à désirs. Chaque fois que tu exprimeras un désir, quand tu ouvriras cette boîte, tu le verras, il attendra patiemment que tu l'évoques pour qu'il prenne son envol et qu'il se réalise. Attention, les désirs bassement matériels ne sont pas honorés. Ne le sont que ceux qui ont pour but une noble cause. Le simple désir de posséder quelque chose ou quelqu'un ne fonctionnera pas. »
Ce fut un merveilleux cadeau que je reçus sans en comprendre vraiment la portée. Mais je compris rapidement quel bonheur c'était de l'utiliser. Dans les moments de doute, de tristesse, de mal de vivre, je la prenais dans mes mains. Je déverrouillais le couvercle, je contemplais mes désirs non encore assouvis. J'en choisissais un, selon mon humeur et alors la magie opérait.
La réalisation de ce désir jusqu'alors au stade de possibilité se retrouvait propulser à l'extérieur. C'était comme si des milliers de pièces d'un puzzle inachevé se mettaient alors en place et je savourais chaque instant. Chaque désir possédait son propre scénario et sa mise en scène personnelle dans laquelle je jouais le rôle principal. Le mot FIN marquait le retour à la vie réelle mais je rapportais toujours avec moi de beaux et tendres souvenirs que je m'empressais de ranger « au chaud » dans une autre boîte toute aussi belle, « ma boîte à souvenirs ».
8

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,