La bibliothécaire commère

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Bienvenue au pays des mots et des histoires ✨✨✨✨✨✨✨✨✨✨  [+]

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Je suis debout devant le rayon « livres historiques » de la bibliothèque communale de mon lieu de villégiature. Je cherche un ouvrage généraliste pour combler mes lacunes, lorsque malgré moi, je surprends la conversation téléphonique de la bibliothécaire.
« — Y a encore Msieu Henri assis au quatrième rang, tu sais celui qui a fait deux ans de prison pour avoir braqué le Franprix. Deux ans pour quinze euros, tu penses ça ne marche plus les épiceries de campagne ! ».
Trois jours plus tard, je décide de m’intéresser à la littérature classique, je m’avance vers le rayon et la même scène se reproduit, la bibliothécaire au téléphone. Sa voix est si aiguë et si forte qu’on l’entendrait à vingt mètres !
« — Y a encore Mam Lucienne, elle est assise les yeux dans le vide. Elle culpabilise, tu penses, emmener son mari amnésique dans les bois pour s’en débarrasser, quelle sournoise ! Et y a même pas de S.P.A., si quelqu’un l’a retrouvé, j’sais pas ce qu’ils en ont fait, il ne devait pas avoir de collier... ».
Une semaine plus tard, après avoir dévoré le Lagarde et Michard XVIIIème, je me dirige vers le rayon. Je jette un coup d’œil à la bibliothécaire, elle tape, silencieuse, sur le clavier de son ordinateur. Dans la salle une seule personne, une jeune femme, debout devant le rayon des Zola. Dès que je m’approche de l’étagère pour saisir mon Lagarde et Michard XIXème, la bibliothécaire saisit le combiné de son téléphone :
« — Y a encore Mameselle Jeanne, tu sais, celle qui séquestre sa mère. Elle a tellement honte de son illettrisme qu’elle a entrepris de lui lire l’intégralité de l’œuvre de Zola, dix heures chaque jour ! ».
Cette fois ma curiosité est trop grande. Alors que je tends mes deux Lagarde et Michard, j’engage la conversation :
— Vous connaissez tous les gens qui fréquentent votre bibliothèque.
— Absolument pas.
— Alors de qui parliez-vous au téléphone ?
— Ah, le téléphone... Vous savez, être bibliothécaire dans une commune de cent vingt six habitants, ce n’est pas facile tous les jours, je m’ennuie beaucoup et les gens parlent peu. J’ai donc décidé d’inventer moi-même la vie de chacun de ceux qui entrent, ça m’occupe un peu.
— Mais au téléphone à qui racontez-vous tout cela ?
— A moi-même !
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Barzoï · il y a
c'est mignon tout plein
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Cristel D · il y a
que ne faut-il pas faire pour se changer les idées ! une bonne chute.
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Bertrand Pigeon · il y a
des faux commérages pour vraie bibliothécaire
un court astucieux
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Murielle Laurent · il y a
c'est bien gentil Bertrand
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Bertrand Pigeon · il y a
coucouune nouvelle BD en compet"plop plop"http://short-edition.com/oeuvre/strips/plop-plop à bientôt^^
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Nathalie Bernard · il y a
C'était donc vous Mam'zelle Jeanne !!! Un vote pour cette histoire courte et loufoque !
Si ça vous dit, j'ai un ttc en finale, autre genre ...

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Murielle Laurent · il y a
Merci de l'aide !
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Chris Toffans · il y a
Amusant. Mais cela ne risque-t-il pas un jour de se retourner contre elle ?
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Murielle Laurent · il y a
C'est bien possible! Tant pis pour elle... merci
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Ernest Fourachault · il y a
Les commérages de votre bibliothécaire m'ont faits sourire... +1
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Murielle Laurent · il y a
c'est très gentil, merci !