La ballade des pierres oubliées

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J'ai toujours aimé écrire et depuis que je suis en âge de coucher sur le papier ce qui me passe par la tête je n'ai cessé de le faire. Pour moi c'est comme respirer si je n'écris pas je ne vis  [+]

La porte du cimetière grinça. Des pierres tombales s’élevaient du sol comme une muraille infranchissable. La nature avait repris ses droits. Des libellules voletaient à travers les stèles de marbre et de granit, leurs ailes irisées renvoyaient la lumière de cet après-midi d’été. Même le vent passait dans un souffle silencieux, respectueux de tous ces morts. La course du temps avait laissée son empreinte sur les photos figées ; êtres captifs à jamais de cet instantané, le regard étonné d’être toujours les mêmes 100 ans après. Comme un funambule je traversais l’allée surprise par la quiétude des lieux. Mon âme vagabondait à travers ce jardin de pierre, comme une plume, si légère alors que mon corps semblait si lourd. Assise sur un banc je regardais autour de moi, un souvenir me revint : le bruit de la corde à sauter qui frappe le sol en cadence ; ma sœur et moi sautant sur les futures tombes de ma grand-mère et de ma grand-tante, nos rires innocents rebondissant sur les stèles. Nos chuchotements et fous rires ponctuaient nos parties de cache –cache dans le cimetière. Nous n’avions pas conscience du lieu, nos yeux ne voyaient que les incroyables cachettes, les jolies fleurs, le fait que les gens y venaient rarement. Le jardin de ma grande tante le jouxtait tous ces avantages lui donnaient beaucoup d’attrait. Moments joyeux dans ce lieu de tristesse. En fait je n’ai pris conscience de ce qu’il était vraiment qu’à la mort de mon grand-père. La tristesse et le désespoir se sont abattues sur moi et m’ont fait passer de mon statut d’enfant à celui d’adulte prématurément. Je n’ai jamais avoué que c’est là que j’ai perdu mon innocence...
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