L'ingratitude

il y a
1 min
32
lectures
5

Je suis venu à l'écriture très (très) tard, grâce à un forum sur le web, où j'ai rencontré des amis m'ayant encouragé à continuer à déconner. Je ne savais pas que c'était là mon univers  [+]

Et voila !!!

Cruelle ingratitude des foules...
Ce soir là, comme à l'accoutumée, vers 19 heures, je suis sur le point K, je viens de relever les distances, et de classer le tableau. Je vais attaquer le Synop, lorsque Ding ! ding ! des amis arrivent inopinément dire un petit bonsoir. Ce qui mérite un apéro, allez, disons deux, et aprés avoir parlé de tout et de rien, ils nous quittent vers 20h45. Je me précipite sur mon micro, en imaginant l'inquiétude dans les chaumières, le point K qui n'est pas à l'heure, sans prévenir, mais que se passe-t'il ? J'imagine l'angoisse qui envahit le topic, et les coeurs serrés qui se demandent quelle catastrophe vient encore de s'abattre sur la France déjà si éprouvée.

Vite, vite, les rassurer, Kero est toujours là, bon pied, bon oeil, n'ayez pas peur...
J'ouvre le topic, persuadé d'y trouver le reflet de cette inquiétude lancinante qui étreint les poitrines oppressées...mais, que constatent mes yeux ébahis et attristés ? Une indifférence complète, un soir comme un autre, juste une question de Tatave négligemment posée...

Du coup, je suis allé manger un morceau, régler deux ou trois problèmes, je m'aperçois avec une petite pointe de tristesse que le point K ne manque à personne... mais quelle est donc cette effroyable prétention qui me faisait croire que je distrayais des pauvres marins virtuels accablés par les longues heures de veille ? Quelle est cette extraordinaire vanité qui m'obligeait, tous les soirs, par n'importe quel temps et quel que soit mon épuisement, à sortir ces chiffres inutiles que certains venaient négligemment consulter comme on regarde un bulletin déjà obsolète ?

Ah ! La leçon est dure mais profitable. C'est dans les coups durs qu'on mesure ses propres impérities et il faut que notre orgueil incommensurable soit enfin confronté à la réalité, et qu'on ouvre enfin les yeux sur l'inanité de nos efforts et la fragilité de la renommée qu'on imagine volontiers impérissable.

Merci mes amis de me renvoyer au néant que je n'aurais jamais dû quitter, et c'est avec humilité que je retrouve enfin la véritable dimension d'un tableau riquiqui à peine coloré, et manquant de clarté.

Je retourne de ce pas m'allonger sur le grabat humide et glacé, sur lequel je vais méditer sur la gloire éphémère.
5

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,