L’ennui

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Quelques sentiments ardents d’intranquillité  [+]

L’ennui, est-ce cette impression d’avoir envie d’on ne sait quoi, d’une chose que notre conscience ne veut pas nommer ? N’est-ce pas simplement l’expression la plus banale de la solitude ? L’ennui n’est pas absence d’occupation, car il y a toujours quelque chose que nous faisons, même s’il s’agit de se rendre compte que l’on s’ennuie ; cette pensée nous occupe l’esprit et amplifie le sentiment d’ennui.
Pourtant, l’évitement de l’ennui se fait surtout par le maintien à tout prix d’une activité, de préférence permettant de ne pas penser à soi, d’oublier sa propre existence.
L’ennui, ce serait en fait le nom que l’on donnerait à ce sentiment que fait naître notre incapacité à agir pour suivre l’appel de cet instinct chez l’humain qui le commande de se rapprocher d’autrui, c’est à dire de sociabiliser.
Pourtant, on peut vivre, ou imaginer, un ennui à deux ; on peut aussi dire d’une personne qu’elle nous ennuie. Je dirais que, dans les deux cas, c’est parce que l’on nie la présence, la réalité, de l’autre, sans quoi sa présence même serait source d’intérêt, certainement pas d’ennui. Ne pas savoir quoi faire, ce n’est pas de l’ennui, c’est seulement du désœuvrement. Je pense finalement que c’est plus souvent du désœuvrement, du sentiment qu’il fait naître, que les gens ont peur, plutôt que de l’ennui.
Et moi, qui croyais ne pas souffrir de l’ennui, je découvre que c’est effectivement du désœuvrement que je ne souffre pas, même si je peux le connaître, et que l’ennui ne m’est finalement pas si étranger si je le vois comme cette forme d’expression de la solitude dont l’objet du manque reste abstrait, presque inconcevable.
On peut croire que, pour combler ce manque, il suffirait de trouver, ou plutôt de découvrir, une activité qui nous semble à portée, que l’on sent proche, et qui pourtant nous reste inaccessible car étrangère, inconnue. C’est ce qui nous rend l’ennui si présent à notre esprit : le fait d’avoir l’impression de n’être pas loin de s’en sortir et pourtant de ne pas savoir comment faire pour cela. Ce que mon intuition me dicte aujourd’hui, c’est que ce n’est pas une activité que l’on cherche lorsque l’on connaît l’ennui, mais la présence de quelqu’un qui nous soit agréable mais que l’on ne sait pas trouver.
Autrement dit, ce qu’est mon ennui, si je dois accepter en ressentir, prend l’aspect d’une forme de solitude.
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