L’ECHELLE DE JACOB

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Né en 1951 à Annecy, Alphonse Dumoulin épuise immédiatement ses parents en braillant jour et nuit. L'age et l'extinction de voix guettant, il se résout aujourd'hui à écrire plutôt qu'à  [+]

Il était une fois en Drôme tricastine, Joliette, un joli brin de fille qui, à presque trente ans, vivait encore chez ses parents. Ces derniers désespéraient de la marier car l’accorte demoiselle culminait à plus de deux mètres. Pieds nus en plus. Vous vous rendez compte ?

Malheureusement pour elle, comme vous le savez, les provençaux sont généralement de taille modeste. Et tous les célibataires du coin se morfondaient de ne pouvoir l’assaillir. En un seul mot.

Ils en avaient même fait une chanson qui mettait en fureur ses parents, Madame et Monsieur Capucin, par ailleurs fort honorablement connus du voisinage.

Oyez plutôt le refrain :
« Jolietteu... j’aim’rai bien te faire ta fêteu... mais je suis trop petit... pour grimper sur ton lit »
Plutôt corsé, en effet !

Or donc, le jour de son trentième anniversaire surgit dans le village un sémillant jeune homme, prénommé Jacob. Qu’il était beau dans son haut de chausse rose bonbon et sa culotte de soie multicolore. Juliette en manqua choir.

Hélas, le jouvenceau était également très petit. Quasiment nabot même. Mais ramoneur. De Haute Savoie. Donc nanti d’une échelle. Qui fit merveille. Comme quoi... enfin, bref.

Devenue Madame Montaigu (ça ne s’invente pas), Juliette donna naissance à de grands et beaux enfants. L’aîné, Rocco, succéda à son père, inventa l’échelle télescopique et fit fortune.

L’un de ses arrières petit fils, Otis, conçut le premier ascenseur à bord duquel il séduisit la fille d’un célèbre ingénieur français. Que les gazettes surnommèrent « la grande Eiffel ». Allez savoir pourquoi.
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