Kaikai

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KAIKAI
Dans l'avion
Dictaphone

1er août - Piste 1
L'embarquement a été laborieux, à cause de la neige qui paralyse Paris. Et les zadistes qui manifestent devant la Préfecture des Deux-Sèvres, où j'avais rendez-vous avec Delphine avant de rejoindre la capitale. La neige en aout, j'avais assez alerté l'opinion publique, le réchauffement de la planète.
J'ai confié mes dossiers à Darmanin, un homme de terrain.

Piste 2
Atterrissage brutal, le commandant a dû prendre de front un vent polaire chargé de neige.
Arrivée hôtel, 15h, il fait nuit.
Bon contact avec mon guide Kaikai, il s'appelle Jules, c'est un pseudonyme.

2 août - Piste 3
Mon homologue islandais a mis un hélico à ma disposition. Nouvelle génération d'hélico à énergie bio-végétale. Calme, luxe et volupté. Il faut que j'en parle à Hidalgo.
Direction le camp de base. Je connais le camp, j'y étais en décembre dernier pour un repérage. Et je connais bien les Kaikai. Jules est un Kaikai. Sacré loustic.

3 août - Piste 4
Je retrouve Jules au Casino, c'est comme cela qu'on appelle le camp de base. Il n'a pas changé, il a encore perdu des dents, quand il sourit, ses gencives toutes roses, on dirait une méduse, sa bouche. Une méduse qui aurait mangé trop de crevettes.
23H - Dîner offert par le SS, service secret de la base, quelques gradés muets.
C'est copieux, végétal, bio. Ca vient de France, depuis les cuisines de Marc Veyrat. Soupe de lentilles vertes, flan de courgettes rétrécies, soja, haricots blancs façon mogettes, sorbet citron de Monaco, menthe, réglisse, coucougnacs flambées au rhum. Donner la recette à mon collègue ignare de la FNSEA, lui expliquer que l'élevage n'a plus d'avenir.

4 août - Piste 5
6H. Il fait nuit, c'est l'aube à Paris.
Les Kaikai sont invités au camp à boire le thé. Ce sont les éclaireurs du Général Mangedoigt. Jules les précède, et pour nous remercier, il nous apporte un collier de dents. C'est l'habitude chez les Kaikai, d'enfiler ses dents sur un fil de pêche, et de l'offrir à OP, dieu des glaces. C'est le rite du Pilou-Pilou. Les Kaikai arrachent leurs dents pour OP, les français s'arrachent bien les cheveux, pour un oui, pour un non.

5 août - Piste 6
Midi à Brest. Jules sait que je repars en fin de journée. Il fait ce pourquoi je suis venu, me remettre l'enfant, à l'abri des regards. L'aide de camp du général a prévu les couches, deux biberons, un porte-bébé, une tétine, des lingettes sans alcool, un bavoir en papier recyclé. je suis un peu ému quand même. Un bébé Kaikai, à mon âge!
Les conséquences, oui je sais. La suite logique d'une belle rencontre avec la Kaikai de service au Casino, à Noël dernier.
Mais comment résister au charme troublant d'un sourire sans dents...

Fin de piste.
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