Kagaël et la cité des bienheureux

il y a
3 min
16
lectures
1

Venez vous divertir ! Embarquez dans un univers influencé par la mystérieuse Bretagne et les mythiques arts martiaux ! Pour découvrir mes livres c'est ici : http://amzn.to/2ChtFAx Et là  [+]

Image de Été 2018
L’éclairage nocturne avait été désactivé, pour cause, les deux lunes brillaient d’une intensité rare. Les quelques réflecteurs astucieusement positionnés réfléchissaient la lumière dans les très rares angles des rues harmonieuses de Hesonia.

Hesonia, la ville parfaite, la ville du bonheur ou encore la ville des bienheureux. Autant de qualificatifs explicites au sujet de la qualité de vie des lieux. Ici il n’y avait aucun déchet, les emballages n’existaient plus que dans les musées, en vitrine pour démontrer l’évolution des peuples depuis la révolution de l’ère du Verseau. L’individualisme avait pris fin et l’humanité avait compris, à nouveau, que l’union faisait la force et la pérennité des peuples. Pourtant certains individus avaient encore l’irrésistible envie de briller au-dessus des autres. Kagaël était l’un d’entre eux, depuis longtemps il avait le sentiment de ne pas trouver sa place dans cette société. Il avait la sensation que tout était trop lisse et que la société actuelle ne donnait pas la possibilité aux meilleurs individus de s’épanouir pleinement. Kagaël avait donc pris sa décision, il commettrait l’impensable ce soir, sur la place centrale, là où tous se réuniraient pour admirer les deux lunes.

La cité était une immense ellipse, ainsi il n’y avait aucun carrefour. Pourtant des canaux aériens permettaient à n’importe quel individu de sortir et de naviguer dans la cité à l’aide des ondes antigravitaire. Bien que déconseillé, Kagaël l’utilisa cette nuit-là. Les deux lunes amplifiaient les ondes au-delà de ce qui était habituellement recommandé. Mais Kagaël s’en moquait car ce soir était pour lui celui de la sortie de l’ombre. Son arme achetée au marché noire lors de son dernier voyage galactique était chargée. Les nouvelles technologies en matière d’armes, trop négligées ici, tant les armes étaient perçues comme inutiles et appartenant au passé, avaient suffisamment évolué pour la rendre indécelable par les capteurs de l’Entente Galactique.
Néanmoins, ces idées n’étaient pas partagées par le jeune homme et il avait bien l’intention de prouver ce soir que la cité des bienheureux allait pleurer toutes ses larmes endormies.

Le canal aérien arriva à destination. À l’approche la place centrale, la bulle gravitationnelle s’illumina pour sortir du couloir dix-neuf. Elle lévita un court instant, laissant Kagaël admirer cette place sans aucun angle. Une ode à la nature, tout était inspiré de la nature, le grand arbre central encerclé par quelques menhirs à usage tellurique et d’autres arbres extrêmement bien entretenus était le symbole de la cité. Les citoyens affluaient autour de la place sacrée sans se bousculer et en se respectant les uns les autres. La bulle atterrit sur la plateforme prévue à cet effet, Kagaël sentit ses pulsations s’accélérer et aima cette sensation, il vérifia une dernière fois son arme et, en descendant de la plateforme il scruta la place pour décider de la direction dans laquelle il allait commencer à faire feu.

Un étrange vieillard posa alors la main sur son bras, le regard plein de bonté, sans aucune crainte, alors qu’il semblait pourtant avoir reconnu l’arme. Le jeune homme voulut d’abord ce dégagé violemment de ce geste inhabituel dans cette communauté. Personne ne touchait un autre individu sans y avoir été convié. Mais il sentit soudain une étrange chaleur le parcourir, une chaleur très agréable. Il vit en quelques secondes tous les bons moments de sa vie. La bienveillance de ses proches, l’apprentissage ludique auprès des enseignants libre à qui il rendait visite quand il le voulait. Il se vit, lui, l’enfant assoiffé de connaissances et toujours impatient de découvrir l’histoire de la galaxie. Ces visions arrivèrent jusqu’à l’instant présent et bascula dans le futur. Il se regarda alors tirant sur la foule, il vit dans un instant très court chacune de ses trente et une victimes ainsi que leurs proches en larmes. Il reconnut même parmi eux certains de ses amis. Puis il vit son procès au sénat. Deux mots contradictoires pouvaient le synthétiser, respect et tristesse. Le respect envers lui malgré cet acte terrible ne parvenait pas à cacher une profonde tristesse. Il vit ensuite la chute de l’harmonie et le début d’une dictature du contrôle et de l’oppression du peuple. Son acte avait réveillé et donné les arguments à quelques individus intéressés par le pouvoir, une minorité certes, mais capable du pire. Il ressentit un profond regret alors qu’il n’avait encore rien fait.

Le vieillard enleva alors sa main et la lui tendit. Kagaël lui donna alors son arme. Il n’avait plus du tout envie de commettre cet acte, mais de profiter de la fête et de l’harmonie si fragile de cette extraordinaire cité. Il venait d’avoir affaire à un policier, une sorte de chaman, capable de se connecter à l’univers et chargé de maintenir le bien-être pour tous. Ces agents de la paix et de l’harmonie œuvraient sans jamais faire appel à la violence et, pour cela, l’univers pouvait être généreux avec eux. Ces policiers pacifiques étudiaient sans relâche le lien de l’homme entre la terre et les cieux.

Kagaël vécut heureux et libre le reste de sa vie. Il vécut bien plus épanoui en ayant connaissance de la chance qui lui avait été offerte. Cette soirée aurait pu être un cauchemar, mais elle fût, pour lui, le déclic qui lui permit de se rééquilibrer. Le jeune homme redevint curieux, comme dans son enfance, et entreprit d’étudier les sciences telluriques, l’astrologie et la connaissance de soi, la trinité sacrée des agents de l’harmonie.

1

Un petit mot pour l'auteur ? 1 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Marsile Rincedalle
Marsile Rincedalle · il y a
Dans notre monde actuel, Kagaël aurait fait feu et je me serais trouvé probablement à ses côtés avec un gros calibre. Belle lecture.