Jusqu'ici

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400 caractères c'est peu pour parler de soi. Ou peut-être trop qui sait ? D'autant plus qu'on ne se connait pas soi-même c'est bien connu. Je pourrais dire pourquoi j'écris bien sûr. Quoique là  [+]

Image de Eté 2016
Jusqu’ici tout va bien, comme on dit lorsque l'on s’est jeté de son balcon avant de s’écraser quelques secondes plus tard sur le sol. Mais dans le cas présent, croyez-moi ou non mais ce n’est pas un parallèle, une image, une métaphore ou une allégorie illustrant une quelconque descente aux enfers. Non, la descente aux enfers, je viens de la vivre... avant. Et c’est la raison pour laquelle au moment où je vous parle, là, je descends mes douze étages sans ascenseur. Mais alors vraiment sans ascenseur ! Défenestration comme on dit. Ou plutôt « débalconisation ». Pourquoi un tel geste ? Comment voulez-vous que je vous l’explique, là, tout de suite vous comprendrez très bien que je n’ai pas le temps d’écrire un roman. Même très court... Bon allez, en gros puisque vous insistez... La principale raison... ah oui parce qu’il y en a plusieurs, vous savez c’est un peu comme un avion qui se crashe (tiens y’a une certaine analogie avec ma situation actuelle)... Alors la première de ces raisons, c’est... ah merde je suis déjà descendu à hauteur du huitième étage ? Bah oui, je vois madame Fuentes qui fait ses vitres ! Ah la gueule qu’elle tire en me voyant passer à deux-cent-cinquante kilomètres heure. Oui c’est à un peu près ma vitesse, là. Et j’ai même l’impression qu’elle augmente ! Mais pourquoi je bouge les bras dans tous les sens, là ?! Sois cool, mec, on t’a pas poussé, non ?
Oui... tout ça pour ça. C’était bien parti pourtant, ma vie. Né dans un milieu plutôt favorisé, choyé par mes deux parents, j’ai grandi dans une famille qui n’a même pas eu besoin d’être recomposée comme c’est souvent la mode en ce moment. Reste que... oh non, j’arrive au sixième... et dire que je ne me suis même pas posé la question d’une possible vie après la mort ! Bon, dans une petite minute, j’en saurais certainement plus... excusez-moi, je digresse mais j’ai lu que quelque soit son état d’esprit au moment de sauter – c'est-à-dire d’en finir avec la vie, et même si on est très motivé dans ce sens – eh bien pendant la chute, on regrette son geste. Et l’on regrette tellement qu’il parait que contrairement à ce que l’on pense, on ne meurt pas en s’écrasant sur le sol, mais avant, d’une crise cardiaque, tellement c’est impressionnant. C’est vrai que ça vaut toutes les montagnes russes du monde... Tiens un pigeon ! Pour lui aussi ça doit lui faire drôle de voir un humain essayer de l’imiter. Pour une fois, ça ne sera pas l’un de ses congénères écrabouillé sur le sol. Salut mon pote ! Ah mais j’y crois pas, il vient de me chier dessus ! Bon, je vais bientôt quitter ce monde, le sol se rapproche à vitesse grand V. Voyons, pour qui sera ma dernière pensée ? Pour Emilie bien sûr. Mon bout de chou aux fossettes ravageuses. Dieu fasse que de là-haut, je pourrais la voir grandir, devenir belle, joyeuse en espérant qu’elle saura pardonner à ce père qui aura tout raté sauf elle. Peut-être que de mon petit nuage (O.K, je suis peut-être un peu optimiste sur ma destination finale), je pourrais la protéger, lui éviter les écueils, comme dans certains films américains... Bon ben, j’ai bien peur de devoir vous laisser, chers lecteurs. Soyez heureux et... ah !!! Mais qui m’a foutu ce lampadaire ! Ah j’avais pas prévu ça ! « Hein ? Oui, madame, ça va ! ». Tu parles, je me suis au moins brisé deux côtes ! « Non non, pas la peine d’appeler les pompiers, je vais descendre en me laissant glisser ! ». Quel réflexe j’ai eu ! « Oui c’est ça, continuez à promener votre chien, vous en faites pas pour moi... Comment je suis arrivé là ? Ce serait trop long de vous expliquer... Comment ? Sinon il fait beau aujourd’hui ? Ah oui... c’est vrai, vous avez raison... » Il fait très beau aujourd’hui...

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