Journal d'une Robinsonne

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Finaliste
Jury
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Jour 1
La première semaine de ma colonie de vacances s’achevait, une virée en kayak de mer était prévue, avec pique-nique. J’en étais la responsable et chargeai donc mon kayak de vivres. Nous partions de Nan Digo, et allions à Callebassier. Quelques heures après notre départ, de violentes bourrasques se levèrent, les courants devinrent plus forts, la brume s’épaissit et je ne voyais pas à plus de deux mètres. J’entendais les cris de mes camarades qui s’éloignaient de plus en plus. Fatiguée de résister à la mer, je me laissai porter et m’endormis profondément. Lorsque je repris connaissance, j’étais sur une île, qui, à première vue ne montrait aucun signe de vie.
Péniblement je me lève, et, à ma grande surprise, n’ai mal nulle part. La première chose que je vois est une vaste plage de sable blanc délimitée par une grande forêt d’arbres exotiques, il y a aussi une caverne, et je décide de monter au-dessus. Une fois là-haut, j’aperçois un lagon d’eau claire et un séquoia mesurant au moins soixante mètres. Mais je réalise la triste vérité : cette terre est encerclée d’eau et sûrement à des kilomètres d’Haïti. Pire encore, je suis seule... !

« Ha Ha Ha, Seule, c’est ce que tu crois ! »

Jour 2
Après une nuit agitée, peuplée de cauchemars, je décide de construire une cabane car, qui sait, peut-être y a-t-il des bêtes féroces, voire autre chose !
Mais avant cela, je prends des forces en mangeant une banane (je rappelle que j’étais responsable du pique-nique, il me restait donc quelques vivres et de l’eau !). Après mûre réflexion, je décide de construire ma future habitation en hauteur, dans un arbre comme ça je pourrai voir toute l’île. Je me dirige donc vers la berge. Là, je remarque que poussent des bambous : le matériau parfait pour son étanchéité ! Après en avoir coupé quelques uns, je ramasse des planches sèches qui jonchent le sable, sans trop réfléchir ; dans mes souvenirs il ne me semblait pas les avoir vues ! D’où peuvent-elles bien venir ?
C’est à midi, lorsque le soleil est au zénith que je débute la construction du plancher. Ensuite j’assemble les bambous de façon à former un tipi. Contente de mon travail, je pars dans la forêt chercher du bois pour faire du feu... je ne songe pas une seconde à ce qui pourrait m’arriver ! Je suis encore insouciante ! Soudain, une odeur de feu de bois, non... de grillade, parvient à mon nez. Intriguée, je suis cette piste. Lorsque j’arrive à l’endroit où un feu brûle, je ne vois personne, mais entends une branche craquer derrière moi. Mon sang ne fait qu’un tour. Effrayée, je me retourne et crois distinguer une silhouette. Je sursaute, mais ma curiosité et ma faim l’emportent, je me dirige vers le feu de bois où un volatile est en train de griller ! Je le prends avec précaution en évitant de me brûler et le dévore à belles dents !
En me couchant je commence à m’interroger ! Suis-je vraiment seule ?

« Ah ça oui, ma chère petite ! Tu ne m’as même pas remercié pour les planches ! Heureusement que j’ai l’habitude d’arpenter les plages après une tempête ! »

Jour 3
Le lendemain, je m’éveille la bouche pâteuse ! J’ai soif ! Je me dirige vers mes réserves de nourriture et d’eau. Rien, il ne me reste rien, à part ma gourde trouée ! Regardant autour de moi, paniquée, je remarque des empreintes de sabots, un sanglier ? La piste est encore fraîche ; j’arrive devant une source d’eau, où l’animal se désaltère. Je comprends que c’est de l’eau douce ! Ayant peur de me faire repérer j’attends un moment. Quand il est parti, je me précipite et goûte prudemment l’eau, car on ne sait jamais ! Oui, elle est potable ! Mais il me faudra trouver un système pour la collecter. J’en bois donc abondamment. Cependant j’ai faim ! Malheureusement aucun gâteau ni aucune brioche que j’achète habituellement à la boulangerie... Je dois cueillir des fruits ! Je lève la tête et... oh ! Des mangues ! Mais comment faire pour en attraper ?
Tout à coup je reçois quelque chose sur la tête ; je regarde à mes pieds : une mangue bien juteuse vient de tomber, comme par hasard ! Je la ramasse ; mes interrogations se succèdent : aurais-je un ange gardien ? Les heures passent, il fait noir à présent. Je rentre m’abriter, mais me rends compte que je ne peux pas me brosser les dents ! Oh que ma salle de bain me manque, avec sa douche et son eau chaude ! Ange gardien, ne pourrais-tu m’en fournir une ?

« Ange gardien n’est peut-être pas le bon mot ! Tu dépasses les bornes ! Je veux bien t’aider mais tu dois apprendre à te débrouiller. La vie sauvage, ça a du bon ! Encore faut-il que tu la pratiques ! »

Jour 4
Un matin, en allant me laver à l’eau de la source, j’aperçois mon reflet et pousse un cri : mes cheveux sont tout emmêlés et ont blondi au soleil ! Une ombre passe, je sens quelque chose me frôler, oh ce n’est sans doute qu’un nuage poussé par la brise de mer...
Autrefois j’aurais été sûrement effrayée et bouleversée par l’état de ma chevelure, mais aujourd’hui je préfère en rire ; je n’ai plus la frivolité d’avant. D’autant plus que je constate que je suis bronzée. Je remarque que mon corps s’est affiné, mes bras et jambes sont musclés grâce à la cueillette des fruits dans les arbres, l’escalade des rochers et la natation. Plus de souci pour m’habiller. Adieu le jean, bonjour le short ! En revanche, je n’ai pas oublié le chapeau contre les insolations ! C’est seulement ce que je crains !
Je n’ai à présent plus peur des insectes, ni des souris... A la rigueur, seul un requin pourrait me faire frémir, ou cette drôle de présence que je sens parfois ! Je me sens frustrée, moi qui suis si bavarde, j’aimerais bien parler, pourquoi pas avec... cet être...

« Tu ne m’entends pas ? Oh, suis-je bête ! Il est vrai que la communication verbale est impossible entre nous ! »

Jour 5
Les jours passent et je me sens de plus en plus seule, malgré cet esprit que je sens parfois.
Comment faire pour quitter cette île paradisiaque qui me retient prisonnière ? C’est alors qu’un cormoran passe en planant au-dessus de moi. On dirait qu’il m’envoie un message... Il me vient une idée : construire un deltaplane. Je dessine un croquis sur le sable humide de la plage. Je pars donc à la recherche de matériaux : bambous, feuilles de palmier, lianes... Puis je débute la mise en œuvre :
→ un : assembler les bambous avec les lianes de façon à former le cadre.
→ deux : recouvrir la structure de longues et épaisses feuilles de palmier.
→ trois : se fabriquer un casque avec une noix de coco ! Ce n’est pas très efficace, ni seyant, mais au moins, en cas de chute cela amortira le choc !
→ quatre : trouver un tremplin suffisamment haut pour s’élancer !
Je regarde autour de moi : un coup de vent me fait frémir, j’entends les arbres s’agiter, je me retourne et retrouve le séquoia que j’avais oublié ! Je me rappelle mon arrivée et cet arbre haut d’au moins soixante mètres !
Maintenant que je sais grimper aux arbres et que je n’ai plus le vertige, pas de problème, mais il me reste tellement de choses à apprendre sur la vie sauvage...
Quelques minutes passent et je débute l’ascension du géant. Grimper avec le deltaplane devient vite compliqué et fatigant !
L’engin m’échappe, il plane jusqu’au sol ! Le découragement m’envahit, alors il me semble entendre une voix : « Remets ton voyage à demain ! »
Suivant le conseil, je m’endors au pied de l’arbre. Le lendemain matin, Oh ! Surprise, je lève la tête et constate que la machine arrimée au sommet est prête à partir.
Sans réfléchir je grimpe, j’embarque et je m’envole vers Haïti. Je jette un dernier coup d’œil vers l’île, en me demandant si je ne vais pas enfin voir en chair et en os mon ange gardien.
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