Jour d'été...

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Et là, une furieuse envie d’écrire, après quelques ploufs dans la piscine et la lecture d’AUĐUR Ava Ólafsdόttir «Miss Islande» qui parle d’une jeune fille qui porte un nom de volcan et qui passe tout son temps libre à écrire.
Après avoir embrassé le paysage de mon regard panoramique. Les Corbières. Des montagnes qui s’étendent de ci de là. Derrière, je vois l’au-delà. Je sens ce vent sur mon maillot mouillé et lorsque je vais au soleil, la chaleur mord ma peau. Ces 4 éléments existent où que nous allions : l’eau, la terre, l’air et le feu.
Dans le village, je me suis hissée bien au-dessus des toits de tuiles usées et de couleurs allant du rouge brique au blanc cassé, sale, sali par les intempéries.
Et puis ce petit bonheur dans ce village est surtout de marcher dans le petit cours d’eau qui coule et court le long de la rue principale. Du haut de ce village, sur des sentiers où ne passent qu’un âne, un cheval, une moto ou des vélos, je vois des bulles au loin, des bulles comme des tentes gonflées, rondes et circulaires et d’un autre côté, la mairie et la place du village où des enfants discutent joyeusement comme des adultes, avec tout le sérieux de l’amusement, de l’ironie et l’autodérision dus à leur jeune âge, pas encore corrompus par un futur dont la graine angoissante aurait pu être semée par des adultes bien-pensants.
Je marche pieds-nus dans cette herbe parfois drue, parfois douce de l’arrosage décidée par l’humain qui souhaite maîtriser la nature tout en affirmant le contraire.
Cette prairie que je visite a des arbres, des oliviers, des cyprès, des herbes folles ordonnées, et des buissons de verts divers et des lauriers roses foisonnants de couleurs et de senteurs.
Mon poignet, peu à peu, retrouve sa souplesse pour aider le stylo à courir sur le papier blanc, pour que les lettres, les mots, les phrases et les histoires s’enchaînent, telles de petits ruisseaux qui forment des fleuves et des rivières, inondant les cœurs et apportent au lecteur de nouvelles émotions oubliées.
Ainsi, grâce aux récits, récits de vie, récits imaginés, contes et autres fariboles, les consciences s’ouvrent et s’effarent de ce qui apparaît sous ces nombreuses couches qu’ils ont accumulées au long des années et des siècles.
Passé cet effarement et cette surprise, ils se regardent, ces humains. Ils se touchent, ils bougent pour s’assurer qu’ils sont vivants. Et là, ils se rendent compte qu’ils vivaient comme des morts. Devant eux l’enfant, rieur et insouciant.
Cet enfant qu’ils ont oublié, si pressés de grandir, de faire comme les grands. De faire la guerre comme, de faire la cuisine comme, de travailler comme, de faire de l’argent comme. Et ce rêve, cette illusion qui était leur réalité, vole en éclat.
L’enfant rieur se place à côté d’eux, montre du doigt l’horizon et se moque de l’adulte qui a oublié qui il est. "Tout est simple" dit l’enfant. "Tu m’as laissé au bord du chemin, prends-moi dans tes bras"
L’humain adulte prend l’humain enfant dans ses bras, le serre contre son cœur.
Chaque adulte en fait autant. Un immense halo de chaleur et de lumière les entoure. La chaleur est douce et la lumière idéale.
Ce sont ces cœurs unis à nouveau.
Les enfants et les adultes ne font plus qu’un.
Chaque humain examine un à un chaque partie de son corps comme s’il la découvrait pour la première fois.
- Ces doigts sont à moi ? s’étonne l’un d’eux, comme ils sont beaux !
- Et cet orteil différent des autres, comme il est original, dit l’autre.
« Ma bouche et mes lèvres sont si pulpeuses », pense celui qui passe son index dessus.
- Est-ce ma voix si mélodieuse que j’entends ?
Et celui-là se met à chanter, doucement d’abord, comme surpris, puis enhardi, il vocalise tellement que tous se tournent vers lui et l’applaudissent.
Ayant retrouvé leur cœur d’enfant, les adultes se trouvent d’abord désemparés. Ils voudraient un mode d’emploi, une recette, des guides.
Autour d’eux, il n’y a que des adultes au cœur d’enfant retrouvé.
C’est alors que le silence se fait, un de ces silences qu’ils redoutaient tant avant leur transformation, un silence à combler absolument par une parole, une action, un mouvement, un son, un geste.
Non, ce silence, si bref soit-il, est une révélation. Il ouvre un peu plus de place dans leur cœur d’enfant retrouvé. Ils s’émerveillent de ce qu’ils y trouvent, comme s’ils ouvraient un coffre de vieux jouets oubliés et précieusement remisés pour un jour comme celui-ci.
Cette clairvoyance nouvelle leur fait comprendre combien cette vie est simple à vivre, que la mort peut aussi être vivante, que c’est la joie qui rend vivant, même inanimé.
- Comment ne pas y avoir songé ? se disent-ils.
- Qu’est-ce qui a bien pu se passer ?
- Je suis sûr... commence l’un d’eux, avant de s’arrêter et de poser son index sur son nez. Non, bien sûr, se reprend-il. Comment être sûr ? La vie est impermanente et même si la destinée ou le destin existent, selon certaines croyances, peut-être est-ce tout simplement le chemin que nous empruntons qui importe ?
Nous arrêter parfois et juste observer, juste ressentir combien je suis à la bonne place, au bon endroit, avec les bonnes personnes, de celles qui me font grandir.
Et à cet instant, un nouvel éclair de lucidité se fait dans les cœurs des humains qui ont retrouvé leur cœur d’enfant.
- Et si, en grandissant, nous contribuions à ce que le monde grandisse ?
Cette nouvelle perspective les met en joie et forts de cette nouvelle connaissance qui peut s’appeler un éveil, ils trouvent mille et une idées pour l’expansion, l’évolution et l’éveil des consciences.
Aller chercher si loin ce qui est là depuis le début, c’est tellement absurde ! Ils en rient. Comme les enfants qu’ils sont à nouveau, ils se poussent du coude en pouffant, se roulent dans l’herbe et contemplent l’horizon.
L’inconstance les surprend comme un vol d’étourneaux et ce plaisir retrouvé arrache les cravates et les soutien-gorge et ils se prennent à faire une ronde.
Libérés de soucis existants.
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