Josepha

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Je suis né à Alger en 1964, j'y ai passé un an, puis j'ai grandi à Manosque, Pertuis, Marseille et Veynes. Un professeur, Monsieur Sarraire m’a marqué en dessin à Veynes. J'ai rejoint le  [+]

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Elle est la fille du sultan. Elle a été adoptée, sa famille juive disparue. Elle grandit comme une glycine, et entoure le palais. Tous les regards convergent : elle danse, et le mouvement de ses bras montre le ciel. Elle est musclée, brûlée par le soleil de Perse. Elle foule les jardins comme une nageuse, avec souplesse, les hanches légèrement décalées. De son corsage naissent des orchidées, les plus rares, les plus précieuses. Pourtant Josepha ignore l'amour. Elle est aimée : ça lui suffit.

Son père a organisé un concours, où le fils de roi le plus vaillant emportera sa fille. Josepha participe au concours, de son propre chef : elle défie Arkin, prince du royaume chaldéen. Au cimeterre, elle est experte, mais lui balaye sa jambe droite et la déséquilibre. Avant de tomber, Josepha lance son filet, puis tire : Arkin cède. Tous les deux sont au sol. Elle le regarde, amusée, lui faire une clef. Huilée, elle se dégage promptement. Arkin comprend, mais trop tard, qu'il n'est pas l'élu, ses deux épaules au sol.

Arrive un boiteux, fils de la reine de Candace. Elle soupire : quel piètre combattant ! Il salue, et se met face à elle. Elle le regarde, dépitée. « Père, pourquoi ne me donnes-tu pas un adversaire à ma mesure ? » pense-t-elle. Gali la regarde aussi, goguenard. Il sait qu'elle regarde sa jambe morte. Lui regarde son corps splendide, sans ciller. Puis il s'avance, et accroche ses épaules, dans des mains de fer. Elle gémit sous la douleur, se ressaisit et frappe la jambe morte. Il rit, esquive, et la fauche dans un mouvement de bras verrouillé. Surprise, elle se retrouve au sol. L'homme plonge sur elle, sans lui laisser une chance de rouler sur le côté. Épaules bloquées, elle a perdu.

Qui est-il ? se demande-t-elle. D'où tient-il cette force ? — Je suis fils de la reine de Candace, et toi, du sultan. Et que tu ne sais pas, c'est la raison qui m'a poussé à venir. Arkin m'a parlé de toi. Ta beauté est encore plus grande que ce qu'on m'en disait. J'ai volontairement mutilé ma jambe dans le marais, j'ai cherché le crocodile comme on ferre le poisson. Je savais que tu me vaincrais, valide.
Décontenancée, Josepha le regarde
— Pourquoi te mutiler pour moi ?
— Si tu ne sais pas la réponse, je ne peux rien t'apprendre de moi-même, lui dit Gali.

Josepha comprend instantanément que cet homme l'aime, et a donné sa jambe pour pouvoir le lui prouver. Elle frémit, prend la main de Gali, et la pose contre son cœur.

— Je ne savais pas ce qu'était aimer. Tu me l'as appris. Tu es digne d'être mon mari.

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